VALEUR
en milliers de francs.
en 100* taUUI.
en 1886 1,907,000 d'après le ministère de l'agriculture et 1,959,000 d après le ministère des finances.
La Bretagne, les autres régions voisines de la Manche et quelques départements du Massif central produisent très peu ou ne produisent pas de vin.
En 1790, Lavoisier estimait, en déclarant toutefois qu'on pouvait se tromper de moitié dans l'évaluation, la consommation du vin en France à 15 millions et demi d'hectolitres; mais la France, déjèi universellement renommée pour ses vins, en exportait beaucoup, et le même Lavoisier estime ailleurs la production à 25 ou 30 millions d*hectol.Sous le premier Empire, l'administration des contributions indirectes accusait une production de 28 millions d'hectol. en 1808 ; cette production était de 31 millions, à la fin de la Restauration (1829), de 45 millions en 1850. L'enquête de 1862 a calculé que l'accroissement des surfaces plantées en vignes avait été de 50 p. 100 de 1790 à 1862. L*oïdium,quiattaquaIa vigne vers 1850, fit tomber la récolte presque à 10 millions d'hectol. ; mais elle se releva promptement jusqu^à 50 millions en 1858, et, h travers les variations annuelles qui sont en général beaucoup plus considérables pour le vin que pour les produits des terres de labour, elle atteignit exceptionnellement 83 millions en 1875 (d'après les contributions indirectes) sur une superficie de 2,421 ,000 hectares (maximum : 2,446,000 hectares en 1874), quoique la France eût perdu avec i'Alsace-Lorraine 32,000 hectares de vignes.
A cette époque, le phylloxéra, dont l'apparition avait été signalée dès 1865 à Roquemaure (Gard), non loin d'Avignon, avait déjà fortement compromis les vignobles du Bas-Rhône, d'une partie du Bordelais et des Charentes. Il étendit ses ravages avec une telle intensité que, les intempéries aidant, la récolte de 1879 ne fut que de 25 millions d'hectolitres (d'après les contributions indirectes). La ce Nouvelle évaluation des revenus fonciers » constatait qu'en 1879, sur 2,320,500 hectares de vignes, 23,000 avaient été plantés à. nouveau en cépages américains ou français, que 338,000 étaient atteints du mal, quoique produisant encore, et que 232,000 ne produisaient plus rien. Le phylloxéra avait détruit 112,000 hectares de vignes dans YHérault, 96,000 dans le Gard, 69,000 dans les Charentes, 39,000 dans les Bouches- du-Rhône et autant dans Vaucluse. Ces évaluations sont probablement bien au-dessous de la réalité, car les statistiques du ministère de l'agriculture portent le désastre à 1 million d'hectares détruits et à 1 demi-million d'hectares gravement atteints.
Au lieu de 3,400 francs, prix moyen de Thectare de vigne, ces
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terres momentanément improductives n'étaient plus évaluées qu'à
i,080 francs: ce qui correspondait à la perte d'un capital d'environ 3 milliards. Depuis 1879, le phylloxéra a continué ses ravages, le mal s'est compliqué d'autres fléaux : le mildew et le black-rot ; en 1888, le fléau sévissait dans 60 départements, mais il a été combattu plus efficacement, car il y avait de 1879 h 1888, 166,000 hectares replantés en cépages américains, surtout dans le midi, et environ 100,000 hectares traité parla submersion ou par le sulfure de carbone et les sulfocarbonales . La récolte s'est relevée en 1888 à 30,120,000 hectolitres, d'après le ministère des finances, et à 35 d'après le ministère de l'agriculture, dont les données sont en général notablement supérieures à celles du ministère des finances (1) (voir les courbes des superficies plantées en vignes, des quantités récoltées et des quantités taxées par l'administration des contributions indirectes, du prix de l'hectol., de l'importation et de l'exportation, fig. 132).
Malgré les nombreuses plantations provoquées soit par les débouchés que facilitaient les chemins de fer, soit par les vides que faisait le phylloxéra, le nombre d'hectares plantés en vignes a, en définitive, médiocrement varié depuis 1830, entre i ,960,000 hectares en 1886 et 2,446,000 en 1874, d'après l'administration des contributions indirectes (voir la fig. i33 qui représente, d'après les renseignements du ministère de l'agriculture, la superficie des vignobles, le rendement et la valeur pour l'année i885, avec le rendement des parties replantées ou nouvellement plantées).
La production s'est concentrée davantage dans le midi et sur les coteaux de la Basse-Loire : des quinze départements dont la récolte a dépassé 500,000 hectolitres en 1888, cinq (Hérault, Aude, Gard, Pyrénées- Orientales, Bouckes-du-Rhône) appartiennent à la région méditerranéenne; trois (Gironde, Gers, Haute-Garonne) au bassin de la Garonne; quatre [Loire-Inférieure, Maine-et-Loire,
(1) Ainsi, pour l'année 1883, Tadministration des contributions indirectes donne 3,095,927 hectares et 36,029,000 heclol. ; le ministère de l'agriculture en donne 2,175,486 et 46,165,006. Les évaluations des contributions indirectes pourraient être considérées comme plus précises, puisqu'elles se lient à la perception d'un imp6t; mais les cnlUvateurs ont d'autant plus intérêt à dissimuler une partie de leur récolte. En 1883, 27,906,000 hectol. ont été atteints par l'impôt; 538,000 ont été convertis en alcool ou en vinaigre et l'administration évalue à 9,033,000 le nombre d'hectol. consommés par les récoltants (total 37,477,000), nombre qui ne correspond pas exactement au total de la production indiqué dans le même document {Situation économique de la France^ 1869, 1886). En 1886, Tadministration des contributions indirectes comptait 1,959,000 hectares plantés en vignes; en 1888, elle n'en comptait que 1,843,000, non parce qu'il y avait réellement diminution, mais elle ne comptait que les vignobles productifs.
Indre-et-Loire, Loir-et-Cher) à la Basse-Loire; deux à la Bourgogne (C(5/c-(f Or, Saône-etLoire); le Puy-de-Dôme, qui a récollé plus d*un million d'hectolitres en 1888, est le quinzième.
La récolte a varié; elle a surtout augmenté de 1854 à 1873. La quantité annuellement taxée, c'est-à-dire les vins qui, sortant de chez
Superficie cnser/icnecs
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Valeur
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Fig. 133. — Superficie et rendement des vignobles.
le producteur, sont entrés dans le commerce, a moins varié d*une année à Tautre, parce qu'on vend dans les mauvaises années une partie des produits récoltés dans les bonnes années et conservés en cave; elle est notablement inférieure aux quantités récoltées (1). La
(,1) H faut d'ailleurs tenir compte de la fraude et il y a lieu de penser que la quantité est taxée au-dessous de la réalité. En 1879, par exemple, TÉvoluation nouvelle faite par une autre direction générale du ministère des finances (contributions directes] a constaté qu'il y avait 2,320,500 hectares de vignes, tandis que les contributions indirectes n*én enregistraient que 2,241,000. De ces différences on peut conclure que les données sur la superficie des cultures et sur les récoltes sont loin d'avoir une précision rigoureuse. Celles qui sont recueillies par une seule administration, comme les emblavements, ne sont pas d'ailleurs plus précises, quoiqu'il n'y ait pas d'autres données à leur opposer. Néanmoins les unes et les autres fournissent une approximation suffisante pour apprécier l'importance relative des choses.
Mais, d'autre part, les quantités taxées ne représentent pas tout le débit des boissons; une partie des a mouillages », qui augmentent ces quantités, échappe au contrôle de Tadminislration.
différence est même plus grande qu'autrefois : ce qui ne parait pas 1res vraisemblable, quoique le paysan boive aujourd'hui plus de vin. En définitive, c'est le prix qui a le plus augmenté par suite soit du progrès général de la consommation, soit de la rareté du produit. Encore le prix marqué sur la courbe 3 de la fig. 132 n'est-il que le prix moyen du vin ordinaire chez le producteur (34 francs en 1882, 39 en 1883) : il a triplé depuis 1850. Le prix moyen de détail avec les impôts est de beaucoup supérieur (78 fr. en 1883), et le prix des vins fins, qui est au moins dix fois celui des vins courants, a subi un renchérissement plus considérable. Le prix du détail varie d'ailleurs beaucoup d'une région à l'autre : en 1887, il était de 0 fr. 40 à 0 fr. 48 dans le midi (Tani, Gard, Hérault^ Haute-Garonne ^ Tarnet-Garonne, Bouches-du-Rkône), tandis qu'il s'élevait à 1 fr. 50 en moyenne dans le nord-ouest [Côtes- du- Nord ^ Ille^t-Vilainey Man^ che, Calvados f Seine-Inférieure). L'accroissement delà valeur totale des produits de nos vignobles n'est pas la véritable mesure de comparaison de la richesse viticole de la France; ce sont surtout tes quantités récoltées combinées avec la qualité qui marqueraient le progrès.
Pour se faire une idée approximative de la consommation, il faut compter non seulement les hectolitres de la récolte, qui a été d'après les contributions indirectes^ de 36 millions en 1883, de 28.5 en 1885 (31.5 d'après le ministère de l'agriculture), mais aussi 2,254,000 de vin fabriqué avec des raisins secs ou avec des substances analogues et 1,713,000 obtenus en versant de l'eau sucrée sur les marcs (en 1885).
Il faut ajouter aussi l'excédent des importations sur les exportations. Longtemps la France a exporté beaucoup plus qu'elle n'importait. L'importation s'est subitement accrue depuis 1875, et depuis 1880 elle est beaucoup plus forte que l'exportation. VEspagne et, pour une moindre quantité, Vltalie, sont les pays qui nous vendent le plus de vin.
Importation Exportation
Moyenne annueUe
(en miniers d'hectol.)
Période 1S50-1 859 80 1768
En 1887, l'importation a été de 443 millions pour 12,271 ,000 hect. (commerce spécial), et l'exportation de 234 millions. L'importation des raisins secs a été de 98 millions de kil. valant 39 millions.
Production du vin par département.
(D'après les statistiques du ministère de Tagriculture.)
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