‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 26 sur 171 · IM U FRANCK · texte numérisé non relu

IM U FRANCK

L'eau-de-vie de marc est fabriquée principalement en Bourgogne, en Auvergne et dans le Rou$$illon; celle de cerises ou kirsch dans les Vosges et en Frameke-^^omU.

Au contraire, 27 dép. fournissaient plus de 1,000 hectoL d'alcools d'industrie. An premier rang est le Hord (717,858 hect.) dans lequel existaient plus de âO fabriques produisant en moyenne environ 20,000 hectol. chacune et distillant surtout le jus de betteraves et les farineux ; le Pas-de-Calaia, la Somme, Y Aime, la Seine^ Inférieure f Seine-ei-Oise, la Gironde comptaient pour plus de 90,000 bectol. chacun dans un total de 1,980,000. Les BouchesdU'Rhône et la Seine sont aussi au nombre des dép. qui produisent le plus d*alcool.

L'exportation a augmenté de 1830 à 1873 (197,000 hectol. d'alcool pur en moyenne, de 1830 à 1839, et 500,000 en 1873) ; elle a diminué depuis 1873 (290,000 hect. de 1883 à 1885]. L'importation, qui vient surtout d'Allemagne, a augmenté bien plus rapidement (5,000 hectol. dans la période 1830-1839, 47,000 en 1873 et 196,000 dans la période 188a-1885). L'exportation, liqueurs comprises, restait encore supérieure d'environ 100,000 hectolitres.

La plus grande partie des alcools est consommée directement en boissons et soumise au droit général de consommation (1,444,000 hectol. d'alcool pur en 1885 sur une production de 1,864,000 sans compter l'importation); une partie (115,000 hectol.) a été employée au vinage, c'est-à-dire à remonter le degré d'alcool des vins naturels; une moindre partie (49,000 hectol.) a été soumise à la « dénaturation » en vue d'un emploi industriel ou convertie (46,000 hectol.) en vinaigre ; le reste a été employé de diverses manières.

233. E.A coMsommatioM des boisaoBs. — En estimant, pour l'année 1885, la valeur du vin à 1,200 millions de francs (au taux de 40 fr. rheclol., prix moyen en 1885 du vin ordinaire), celle du cidre à 320 (au taux de 16 fr.), celle de la bière h la même somme (au taux de 40 fr.), celle de l'alcool de toute espèce à 88 (au taux de 47 fr.), on peut dire que la valeur totale des boissons chez les producteurs s'élève à 2 milliards environ.

Mais la dépense faite par les consommateurs qui, en les achetant, payent l'impôt et le bénéfice des intermédiaires, peut être évaluée presque au double (par exemple le prix moyen de Thectol. de vin étant de 40 fr. chez le producteur, est de 76 fr. au détail), soit environ à 4 milliards.

La consommation du vin en France a diminué depuis l'invasion du phylloxéra ; elle était (importation et exportation comprises) de

i05 lilres par tète en 1873 et de 96 seulement en 1885. Cette diminution a porté principalement sur les Charentes, la vallée de la Garonne et la fHillée du Rhôney régions qui ont été très fortement atteintes par le fléau. On en a toujours consommé très peu dans la région du nord'Ouesl; on en consomme peu dans les plaines du centre et dans les Alpes. La consommation ne dépasse (en 1885) la moyenne de 100 litres par tête que dans les régions de la Seine et Seine-et- Oisey de la Côteni'Or, de VAube et de la Marne^ du Lyonnais {Rhône et Loire)y de la Méditerranée [Alpes-Maritimes ^ Bouches-du-Rhône^ Gard^ Hérault^ Aude)^ de la Haute-Garonne et de la Gironde.

Le cidre est consommé (en 1885) surtout dans le nord-ouest de la FVance, de la Loire à la Manche et à Paris. On en fabrique aujourd'hui en Savoie et dans plusieurs dép. qui n*en faisaient guère usage avant le phylloxéra. Il n'y a cependant que la Normandie et Yllle-et-Vilaine où cette consommation dépasse 300 litres par tête.

La consommation de la bière est plus générale r elle a lieu dans les cafés de toutes les villes. Mais, comme boisson ordinaire, elle est confinée dans la région du nord et du nord-est ; ce n'est que dans les dép. du Nord^ du Pas-de-Calais et des Ardennes qu'elle s'élève à plus de 100 litres par tête.

La consommation de ralcool pur en boissons (c'est-à-dire Talcool soumis au droit général de consommation) a presque quadruplé dans l'espace de cinquante ans (435,000 hectolitres dans la période 1830-1839, 1,500,000, dans la période 1883-1885, d'après les données de l'administration des contributions indirectes). Ce million et demi d'hectolitres d'alcool pur représente une consommation moyenne de 4 litres par an et par tête, en France, correspondant pour le moins à une dizaine de litres d'eau-de-vie ou de liqueurs alcoolisées. Or, il est avéré, comme nous l'avons dit, que, depuis la suppression, en 1875, de l'exercice chez les bouilleurs de cru, la fraude a beaucoup augmenté et que, par conséquent, la consommation réelle dépasse notablement (d'un tiers d'après le rapporteur de l'enquête parlementaire en 1881) le chiffre enregistré par l'administration.

Cette consommation est très faible dans toute la région située au sud de la Loire, à l'exception de quelques villes ; elle a cependant augmenté sensiblement depuis 1870 dans le Midi. Elle n'est pas considérable en Lorraine, si ce n'est dans les régions de fabriques. Mais elle l'est dans la Bretagne^ surtout dans la région côtière qu'habitent les marins. Elle l'est encore plus dans toute la Normandie t surtout dans la Seine- Inférieure ^ qui est le dépar-

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tement de France le plus infecté par ralcooHsme (la consommation dépasse i3 litres d'alcool pur par habitant). Elle ne Test guère moins dans le reste du bassin de la Seine et dans Ja Somme. Dans les montagnes de la Savoie^ elle semble augmenter avec Taltitude.

Le nombre des débits de boissons, vin, cidre, bière, alcool, a augmenté rapidement depuis la loi du 17 juillet 1880 qui a permis Touverture des cafés et cabarets sans autorisation préalable da préfet ; le nombre était, sans compter Paris^ de 354,850 en 1879 et de 395,700 en 1885. Parts en possédait, en outre, 26,600 à cette dernière date ; la proportion pour la France entière était de 1 débit pour 90 habitants. Il est naturel que la région où Ton boit le plus soit celle qui ait le plus de débits. En effet, il y en a 1 par 46 habi^ tants dans le Nord^ et par 187 habitants dans le Gers,

234. lies fr«it«. — Les arbres qu'on cultive exclusivement ou principalement pour leurs fruits sont de divers genres : les uns produisent pour la table des fruits frais ou des fruits secs; les autres en fournissent à divers emplois industriels.

Parmi les fruits frais il faut citer, en première ligne, les pommes et les poires^ que cultivent beaucoup les dép. voisins de Paris^ ainsi que la Normandie [Calvados], la Bretagne {Côtes^du- Nord, etc.), le Perche, le Maine, VAnjou, la Limagne, le Poitou {Dfiort), le Berri [Saint-Martin d'Auxigny), et qui affluent sur le marché de Paris pour la consommation intérieure, dans les ports de Normandie et de Bretagne pour l'exportation ; les oranges, les citrons, les grenades, les cédrats des départements des Alpes-Ma* ritimes, de la Corse et du Var, lesquels cependant ne fournissent qu'une très petite partie de la consommation française ; les péch^, que donnent, en qualité supérieure, Montreuil et les autres environs de Paris, Chalon-sur-Saône, le Périgord et une grande partie du Midi (Bouckes-du-Rhône, Gard, etc.); les prunes qui viennent surtout de Lot-et-Garonne, de Tarn-et-Garonne , des Deux-Sèvres, de Seine-et-Oise, et dont la valeur parait dépasser 15 millions de francs; les abricots, qui viennent du Bourbonnais, de ï Auvergne, de VAgénois, du Lyonnais, de la Provence [vallée de Sauvebonne) ; les cerises des environs de Paris {Montmorency, etc.), des environs de Laon, de Château-Thierry et du littoral de la Manche; les fraises, et les groseilles des environs de Paris et les câpres du Midi.

Parmi les fruits secs, outre les raisins, U faut citer les poires et pommes tapées de Châtellerault et de Saumur, les pâtes d'abricots d'Auvergne, dont le commerce se fait h Clermont; les prunes d^Agen que fournissent les départements voisins de cette ville ; les prunes

l'agriculture.

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de Provence, qui viennent principalement des environs de Caslellane et de Brignoles; celles de Tours (j)runeaux), qui viennent des environs de Chinon; les figues marseillaises que Ton récolte dans la Provence et dans les Comtats; les amandes de Provence et du Bas* ùmguedocy les unes amères que Ton emploie dans Tindustrie, les autres douces que l'on vend fraîches ou sèches pour la table, production capricieuse, qui manque souvent, mais qui dans les bonnes années est une richesse pour le pays ; les noiseUes ou avelines doDt les plus renommées viennent aussi de la Provence et du Bas- Languedoc,

Production et valeur en iruits

(Eq 188t.)

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