l««s «rbrcs IndastrleU dlTerti. — Parmi les arbres qui
servent à des emplois industriels, nous citons les plus importants : i® Le noyer^ qui craint à la fois la grande humidité et la grande sécheresse, vient bien au grand air sur les collines calcaires. 11 fournit un bois d*ébénisterie dont le prix varie suivant la mode, et qui est très employé aujourd'hui, et il donne un fruit qu*on mange, avant maturité, à Tétat de cerneau, et à maturité, à Tétat de noix, fraîche ou sèche ; ce fruit sert aussi à fabriquer de Thuile. On trouve partout des noyers, mais surtout dans le centre et Vest^ Corrèse, Lot^ Dordogne, Puy-de-Dômey Cher; il y en a beaucoup aussi dans le Chablais, la Drôme {Royannez et /Mots), VIsère, les Basses- Alpes. La récolte totale était estimée vaguement par la statistique & 1,590,000 quintaux en 1883 et à 919,000 en 1886. Elle Test, par la statistique décennale de 1882, à 858,000 hectol. de fruits (1), dont 329,000 ont servi à fabriquer 38,000 d'huile et 68,000 quintaux de tourteaux. On n'a aucun renseignement sur la valeur totale du bois de noyer consommé en France, laquelle est considérable.
2^ Volivier, dont le fruit est servi sur les tables et fournit la meilleure huile comestible, croit en général au milieu d'autres cultures qu'il abrite, tantôt taillé très court, tantôt s'élevanl en longues branches ; sous cette dernière forme il est moins productif. Il aime les terrains pierreux, secs, très perméables. Il exige une chaude température ; aussi le trouve-t-on seulement dans la région du siid et du sud-est; son pâle feuillage est un des traits caractéristiques des paysages de la Provence, du Bas-Languedoc et du Roussillon ; son fruit n'y mûrit plus au-dessus de l'altitude de 400 mètres. Il est l'objet d'une très importante culture dans les Pyrénées- Orientales, VAude, V Hérault, la Drôme, le Gard, Vaucluse, les Bouchesda-Rhône, le Var, les Alpes-Maritimes, la Corse (la Balagna). Marseille est un des centres les plus importants de ce commerce. La statistique de 1885 évaluait le nombre des hectares plantés en oliviers & 109,000 et la récolle en olives à 2,250,000 quintaux; celle de 1886 évaluait la récolte à 1,680,000 quintaux (2,146,000 hectol. de fruits et 128,000 d'huile avec 263,000 quintaux de tourteaux, provenant de 1 million d'hectol. de fruits, d'après la statistique décennale de 1882).
3* Le châtaignier, qui craint le froid et que, pour cette raison, on ne trouve pas en grande quantité au nord de la latitude de Paris vient dans les prairies et sur le bord des chemins plus encore que par massifs dans les forêts. Comme il se plait surtout dans les
(t) Nous faisons remarquer que ces deus éTaluations, faites Tune en poids et l'autre en volume, concordent mal. Il en est de même pour les olives.
terrains granitiques ou argilo-sableux, il est très répandu dans le Massif central, sur les bords de la Creuse, dans la Corrèze^ le Périgord, le Limousin, le Quercy, le Bouergue, la Haute- Auwrgne^ ainsi que dans le Géoaudan^ le Bas-Languedoc et le TiTarais {Ardècké) ; il est également cultivé dans la Corse, dans les région des Pyrénées, des Alpes et du bassin de la Basse-Loire, principalement dans la Bretagne et le Maine, Son bois est employé à faire des douves de tonneau, des échalas de vigne, etc. ; ses fruits, cuits dans Teau ou préparés en galette et en bouillie, constituent un aliment important dans les pays pauvres où il vient ; les plus beaux fruits, châtaignes ou marrons, surtout les marrons dits de Lyon et venant principalement du Vioarais et ceux de Luc venant de Provence, sont consommés dans les villes. On évaluait la production des châtaignes h 3,903,000 quintaux en 1885 et k 7,737.000 en 1886.
A"* La truffe est un produit végétal fort recherché ; elle croît tantôt à Tétat entièrement sauvage, tantôt par une sorte de culture consistant à planter des chênes. Nous la rattachons aux cultures arborescentes, parce qu'on la trouve toujours enfouie en terre dans les bois éclairés, au pied des chênes. Elle abonde surtout dans Vaucluse {Carpentras et Apt), dans le Lot [Cahors, etc.), les Basses-Alpes (Digne), la Dordogne (truiTes du Péngord) et la Drame, Le commerce de la truffe est évalué à 13 millions de francs.
5* Le mûrier blanc et le mûrier multicaule, dont la feuille nourrit le ver à soie et dont la culture est, par conséquent, liée à la production de la soie, sont plantés soit en lignes espacées de 4 â 10 mètres, soit en haies. Le mûrier craint le froid et l'humidité; il aime un soleil chaud et un air vif: aussi est- il une des cultures spéciales au Midi, et il se plaît surtout dans le bassin du Rhône. Les dép- de la Drame, de YArdèche, du Gard et de Vaucluse sont au premier rang pour cette culture. Elle a souffert de la maladie du ver à soie et a diminué. On évaluait (enquête de 1882) â 40,000 le nombre d'hectares plantés en mûriers (plantation en masse, sans compter les vergers) et la production â prés de 2 millions de quintaux de feuilles (2,130,000 en 1886).
236. I^es ewences forestières. — Les arbres que Ton cultive pour leur bois bordent d'ordinaire les chemins, séparent les champs, ou forment, sur des surfaces plus ou moins grandes, des massifs désignés sous le nom de bois et de forêts.
On distingue dans le commerce trois genres de bois, d'après leur densité et leur nature :
i"" Lés bois durs. Le chêne, le chêne rouvre et le chêne pédoncule ou chêne ordinaire, grands arbres qui couvrent près du tiers du sol forestier de la France, se trouvent dans tous les départements, principalement sous les climats tempérés et sur les terres suffisamment compactes et profondes ; le chêne pédoncule, qui se plaît dans les plaines humides, s'arrête généralement à une altitude inférieure à celle que supporte le chêne rouvre ; le chêne yeuse, de petite taille, mais d'un bois très dur, préfère les sols cal* caires et, dans le Midi, pousse principalement sur les bords de la Méditerranée et de la Charente; le chêne-liège peu important en France, qui aime les sols granitiques ou schisteux et la chaleur, se trouve sur les bords de ta Méditerranée {Corse, Basse-Provence, Bas^LanguedoCj Roussillon); le chêne occidental fournit aussi du liège et vient dans le voisinage du golfe de Gascogne {Basses- Pyrénées, Landes, Lot-et-Garonne); le chêne tauzin se rencontre surtout dans le bassin de la Garonne et dans ses bassins secondaires, ainsi que dans le bassin de la Loire jusqu'à l'est de Tours. Uortne champêtre, qu'on voit souvent ombrager nos routes et qui fournit, ainsi que le frêne et le charme, un excellent bois, se plaît dans le nord et le nord-est de la France; il craint les grandes hauteurs et le climat chaud du golfe de la Gironde et de la Méditerranée. Le hêtre ou fayart, grand arbre qui est, avec le chêne, le roi de nos forêts, couvre un cinquième du sol forestier; il est répandu presque partout, excepté sur les grandes hauteurs (au-dessus de 2000 mètres dans les Alpes), et sur une partie du rivage méditerranéen et du bassin inférieur de la Garonne ; le charme, plus petit et un peu plus frileux que le hêtre, est un excellent bois à brûler; il se plaît dans la zone tempérée et domine dans le nord-est de la France. Le châtaignier, dont nous avons déjà parlé et qui compte aussi au nombre des essences forestières, est plus rustique, quoiqu'il craigne les sommets battus des vents.
2^ Les bois blancs. Vaune, le peuplier, le tremble et le saule aiment les lieux frais et viennent au bord des routes tracées en vallon et des ruisseaux. Le bouleau, à la blanche écorce, aux feuilles ténues et tremblotantes, arbre rustique, vient volontiers dans tous les terrains, même les plus maigres et les plus froids.
3° Les bois résineux ou arbres verts, ainsi nommés parce que leurs feuilles, étroites et allongées en forme d'aiguilles^ ne tombant qu'au bout de plusieurs années, leur conservent une verdure perpétuelle. Le sapin pectine, grand arbre, dont le tronc est élancé, se plaît principalement sur les pentes nvontagneuses (entre 250 et
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2,200 mètres) des Vosges, du Jura, des Alpes, des Pyrénées et du Massif centrai V épicéa commun, grand arbre, se trouve dans les Alpes, le Jura et les Vosges; le mélèze, grand et bel arbre, plus rare, se rencontre cependant dans toute la région supérieure des Alpes; ces deux derniers viennent à des hauteurs que le sapin n'atteint pas. La famille des pins comprend le pin sylvestre, grand arbre, qui a été introduit dans presque toute la France, excepté le bassin de la Garonne, mais qui aime surtout les sols non calcaires et vient spontanément dans les Vosges, le Massif central et les Alpes ; le pin maritime, grand arbre qui craint les terrains calcaires et pousse spontanément en Corse, dans la Basse- Provence et dans le bassin de la Garonne, surtout dans les Landes; le pin d'Alep qui aime les sols calcaires et vient en Provence et dans les environs, surtout dans les Alpes calcaires; le pin laricio en Corse (1).
237. Les boU et foréu. — Les bois et forêts occupent, d'après renquétedei882, une superficie d'environ 9,455,000 hectares, soit près de 18 p. 100 du territoire de la France. Ils n'en occupaient que 8,804,000 d'après l'enquête de 1840 ; la surface boisée (que l'annexion de la Savoie et la perte d'Alsace-Lorraine ont modifiée) parait, quelles que soient les incertitudes sur cette matière, s'être étendue ; mais il est vraisemblable que les hautes futaies ont diminué. Un écrivain du XVi^ siècle évaluait la superficie boisée au sixième du territoire français; si son estimation est juste, la proportion n'a guère changé depuis deux siècles (voir le tableau des pages 25 et 26).
Les deux tableaux (page 113), empruntés à l'enquête décennale de 1882 (2), en font connaître la répartition probable. / Les bois sont inégalement répartis sur la surface de notre sol. Ils occupent à peu près le quart du territoire dans la région du nord-est qui comprend aujourd'hui la Lorraine, avec les Ardennes, la Franche-Comté, la Haute- et la Basse-Bourgogne et le Nivernais; dans le département des Vosges même, ils forment environ 35 p. 100 du territoire (fîg. 137).
(1) Sur 3,057,906 hectares de bois et forêts appartenant à l'État, aux départements, communes, sections de communes et aux établissements publics, qu'a enregistrés la « Statistique forestière » de 1878, 29 % gont plantés en chêne rouvre ou pédoncule, 19 en hêtre, 12 en charme, 7 en sapin, 4 1/3 en pin sylvestre, 4 en chêne yeuse, 3 en pin maritime, 3 eu épicéa, 3 en mélèze, etc.
('2) Il n'a été publié qu'une seule statistique complète des forêts, la « staUstique forestière » de 1878, rédigée par M. Mathieu, sous-directeur de TÉcole forestière de Nancy. L'auteur disait dans l'introduction : « Le domaine forestier de la France est d'une étendue de 9,185,310 hectares... Malgré l'importance d'un tel domaine, il n'existe point de statistique forestière proprement dite, même restreinte aux forêts soumises au régime forestier.
Il faut ajouter à celle liste les Landes au sud-ouest et le Var au sud-est, dont 55 et 42 cenlièmes du territoire sont boisés.
Les forêts appartiennent en partie à VÉtat, qui possède encore 1 million d'hectares, quoiqu'il ait aliéné à diverses reprises environ 332,000 hectares de 1814 à 1870, aux départements, communes et établissements publics qui en possèdent environ 2 millions, et aux particuliers qui possèdent probablement plus de 6 millions d'hectares (1). Depuis un demi-siècle (1826-1886), les particuliers ont obtenu l'autorisation de défricher 377,000 hectares de bois; mais ils ont boisé d'autres terrains, principalement dans les Landes et en Champagne, depuis la diminution du revenu des terres de labour.
Les forêts sont principalement situées sur les pentes des montagnes et sur les plateaux peu propres au labour et dans les plaines sablonneuses; dans ces terrains le bois est le produit le plus avantageux. Dans le bassin parisien particulièrement, elles forment une série de lignes presque continues qui rappellent les cercles concentriques de la géologie et de l'orographie; elles ont, par conséquent, des rapports intimes avec la constitution physique du sol.
Quoique les terrains au-dessous de 200 mètres d'altitude forment beaucoup plus des deux tiers de la France, on n'y trouve guère que le tiers des forêts (3,3 millions d'hectares, statistique de 1878); un peu moins du tiers (2,8 millions) se trouve sur les terrains de 200 à 500 mètres et l'autre tiers (3 millions) sur les terrains de plus de
(1) Les documents officiels ne sont pas parfaitement d'accord sur la superficie forestière. L'arrêté du ministre de ragricnlture, en date du 17 décembre 1884, sur l'organisation en 35 conservations forestières, donne 1,020,000 hectares pour rÉtat et 1,9*22,000 pour les communes et établissements publics. Une annexe au décret du 29 décembre 1888, insérée dans le Journal officiel du 9 janvier 1889, assigne 1,070,477 hectares aux forêts domaniales et 1.915,317 aux forêts appartenant aux départements ou aux communes, ou aux établissements publics. Ces nombres, quoiqu'officiels, ne concordent pas avec ceux de l'enquête décennale de 1882 (t. p. 113). On ne connaît qu'approximativement la superficie des bois des particuliers ; on sait que de 1826 à 1886, la contenance des bois dont le défrichement a été autorisé est de 377,329 hectares.
La contenance imposable des bois, d'après les travaux d'évaluation du ministère des finances de 1879-1881, était de 8,397,131 hectares; les propriétés de l'État n'y figurent pas. D'après l'enquête de 1862, l'étendue des forêls, sans le comté de Nice, la Savoie et la Corse, était de 9,035,000 hectares; d'après la statistique forestière de 1878, elle était de 9,185,000 hectares avec le comté <ie Nice, la Savoie et la Corse et sans l' Alsace-Lorraine. De ces 9,185,000 hec- Ures, 10,7 p. 100 appartenaient à l'État, 22,4 p. 100 aux départements et aux coounanes, 0,4 à des établissements publics et 66,5 p. 100 formaient la part des particaliers. D*après l'enquête de 1882, la superficie des bois et forêts était de 9,455,225 hectares.
Là FBANCK.
:500 mètres d'altitude, quoiqu'ils ne constituent qu'une très petite partie du territoire. G*est que les forêts conviennent aux régions •montagneuses, dont le sol se prête peu au labourage.
Le premier arc de cercle est formé par les Vosges, dont les ^ancs sont parés de nombreuses et belles forêts de sapins et de hêtres, telles que la forêt fŒdenwald à Test, la forêt de Dabo <1 1,000 hectares), celles de Mortagne^ d'Épinalk Touest, celles du Territoire de Bel fort; puis, derrière les Vosges, par la plaine d'Alsace, avec les forêts de Haguenau et de la Hart sur les sables d*aliuvion du Rhin ; il se continue, au sud, par les Faucilles et par
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Fig. 137. — Carte des forèU par départements.
le Jura, dont les forêts, composées surtout de mélèzes et de sapins, couvrent les pentes des hautes crêtes orientales ou bordent, cemme la forêt de Chaillux, la forêt de Chaux (11,000 hectares) et la forêt de la Serre, les pentes occidentales du massif.
Un second arc, plus courbé, est composé des forêts qui couvrent les plateaux triasiques de la Lon*aine, forêt de Haye et forêt de 4Jharmes à Test de la Moselle, forêt de la Reine entre la Moselle et la Meuse, forêt de Vaucouleurs à l'ouest delà Meuse, forêt de Clav'- A)aux et forêt de Châtillon entre TAube et la Seine ; il se continue jusqu'à la Loire par la forêt du Grand-Chailly et par la contrée, itoute semée de bois du Morvan et des collines du Nivernais avec
L'AGRICULTURE. iiT
Vermenton et Clamecy comme principaux centres du commerce desbois; au delà de la Loire, par l'a forêt de Fronçais (10,500 hectares) entre le bassin de l'Allier et du Cher, par les forêts de Châteauroux^ de Loches^ etc.
Un troisième arc de cercle, placé sur la limite des terrains jurassiques du bassin de la Seine, comprend : au nord, la forêt Mùrmalj la forêt de Bohain, la forêt de Nouvion, les bois de la Thié^ roche; à Test, la forêt des Ardenne$, la forêt de Bouet, la forêt i'Argonne en partie défrichée, la forêt de Tron^Fontaines et la forêt de Der qu'arrosent les affluents de la Marne, la forêt du Grand- Orient et la forêt d!Othe sur un dos de terrain tertiaire entre TAubeet l'Yonne, la forêt de Frétoy; au sud, la forêt de Bruadan, la forêt à'Amboisey etc. De 1851 à 1879 on a planté dans les dép. delà Marne et de VAube 48,000 hectares en bois.
Les Vosgesy la Haute-Saône^ la Haute-Marne, le Jura^ la Nièvrequi sont dans cette région, figurent au nombre des dép. les plus boisés de France.
Un quatrième arc de cercle, situé sur des terrains tertiaires et en» partie sur la limite qui les sépare de la craie, comprend la forêt de la montagne de Reims, la forêt de Fontainebleau (17,000 h.),, assise sur un sol de grès, la forêt d'Orléans (37,606 h.), la plus grande, mais non la plus belle de France; puis, à l'ouest, les forêts du Perche et du pays d'Ouche, forêt de Longny, forêt de Breteuil, forêt de Conches, forêt de Bellême, forêt de Vibraye et forêt de Perseigne (10,500 h.). Derrière celte ligne s'allongent vers l'ouest les forêts qui couronnent les collines de Normandie, forêt d'ÉcouveSy forêt de Govfferny forêt à'Andaine^ forêt de Mortain, etc., et celles qui couronnent les collines du Maine, telles que la forêt de Sillé. Les forêts sont peu nombreuses dans l'ouest, quoiqu'on y rencontre celles du Gavre, de Paimpont, etc. (fig. 137).
Au centre du bassin de la Seine, se trouvent plusieurs grandes forêts isolées, réservées jadis dans des terres sablonneuses, pour le plaisir des souverains : Compiègne (14,600 h.), Villers-Cotterets^ (11,500 h.). Chantilly, Rambouillet (13,000 h.), Sénart, Dreux,. Arques, Eu.
La Seine, dans son cours inférieur, enveloppe de ses replis plusieurs forêts venues sur un sol sablonneux, forêt de Saint-Ge^^main,. forêt de Rouvray, forêt deRoumare, forêt de Bretonne; au nord' de la Seine est la forêt de Lyons.
Hors de ces cercles et du bassin de la Seine, les grands massifs sont :
1* Ceux des Alpes, et surtout des Alpes du Dauphiné, où sont les
forêts de la Grande-Chartreuse, du Vercors, de la Di^ôme, etc. ; dans le sud, ceux des monts des Maures, avec les foréls de Borme, de Saint-Tropez, TEslérel, et autres forêts du Var. Le sud-est de la France est d'ailleurs peu boisé. La sécheresse des étés, la violence des pluies d^orage, la dent des troupeaux qui paissent ou qui passent, les défrichements des petits propriétaires y ont été préjudiciables aux forêts dans la région montagneuse.
T Ceux des Pyrénées, où sont les forêts de Fanges, de Quillan (11.000 hectares), d'iraty, de Souie et de Lannes, et les forêts du dép. de VAriège.
3"* Ceux des Landes, le dép. de France qui compte le plus d'hectares boisés (492,005, soit plus de la moitié du dép.), à cause des plantations de pins maritimes qui ont utilisé son soi (235,000 hectares plantés de 1851 à 1879) et dont on extrait la résine; ces forêts s'étendent également sur les landes de la Gironde (140,000 hectares depuis 1851). Les dunes de la côte des Landes faisaient des progrès menaçants. L'abbé Desbiey, de lacadémie de Bordeaux, proposa le premier (en 1774) de les fixer par des plantations. Brémontier, en 1786, réussit à arrêter le progrès des sables en élevant des remparts de palissades parallèles à la mer et en semant des graines de pin maritime derrière ce^ abris. Les dunes sont aujourd'hui en partie couvertes de forêts productives. Une des plus anciennes, qui existait bien avant Brémontier, est celle de la Teste-de-Buch, Sous le second Empire, la plaine des Landes, dont le sol imperméable et marécageux n'offrait que de très médiocres pâturages, s'est à son tour couverte de forêts ; les deux principales essences ont été le chéne-liège et surtout le pin qui, pendant la guerre de sécession en Amérique, ont donné de larges profits.
4* Ceux du Massif central qui sont plus disséminés, ancienne forêt de Mercoire, forêts d'Au6?'ac, de Grésigne, de Ramodens.
238. lie reboisement. — Sur les dunes et dans les montagnes, les sables nus et les terres incultes sont non seulement une perte, mais un danger : d'une part, les sables que le vent soulève gagnent toujours du terrain et envahissent les terres ; d'autre part, les montagnes privées de végétation ne retiennent plus les eaux de la pluie, et ces eaux, descendant tout à coup dans les vallées, deviennent une cause d'inondation. Les lois du 28 juillet et du 4 août 1860 sur le reboisement et celle de 1864 sur le gazonnement ont eu pour but de réagir contre les ravages que fait dans les montagnes soit l'homme en coupant les arbres, soit la nature elle-même en conti-
I*ÀGRICULTURE. 119
Duant Tœuvre de désagrégation des roches commencée depuis Torigine du monde. On estime à plus d'un million le nombre d'heclares à reboiser ou à gazonner; lis sont presque tous situés dans les Pyrénées^ dans les Cévennes, dans le Massif central et dans les Alpes. On a commencé ce travail difficile, et plus de 220,000 hectares (dont 99,000 compris dans les périmètres à reboiser) étaient reboisés ou gazonnés en 1885.
239. I^es prodvlts des forêts. — Les forêts sont aménagées en taillis, qu*on laisse pousser durant sept à dix ans pour les jeunes taillis, durant dix à vingt ans pour les moyens taillis et durant trente h quarante ans pour les hauts taillis; en futaies, futaie feuillue, c'est-à-dire composée d'arbres k feuilles caduques, futaie résineuse ou futaie mélangée, distinguées aussi en jeunes futaies, demi-futaies, hautes futaies et qu'on laisse croître de quarante ans à cent ans au plus; en futaies sur taillis, dans lesquelles on laisse au milieu du taillis des arbres de futaie, désignés, dans ce cas, sous le nom de bcdiveaux.
Le premier et le plus général emploi du bois (près de 80 p. 100) est le chauffage ; on consomme, en France, à l'état de bois à brûler ou k Tétat de charbon, environ 35 millions de stères; les forêts de France en fournissent plus de la moitié (environ 20 millions; 25 d'après la statistique de 1882) (i). On évalue vaguement à 12 millions de stères les autres emplois du bois. Le bois de chauffage est coupé en bûches dans la forêt; il est transporté en charrettes sur les terrains plats. Sur les pentes montagneuses et principalement dans les Vosges, on le lance dans des couloirs préparés à cet effet, et on le fait descendre dans une espèce de traîneau nommé « schlitt » jusqu'à la plaine. Près des cours d'eau flottables, les bûches, amoncelées et poinçonnées par le propriétaire, sont, à certaines époques de Tannée, jetées dans le courant qui les porte (flottage à bûches perdues) jusqu'au point où, la rivière devenant navigable, les bûches peuvent être réunies en train (flottage en trains): c'est ce qu'on nomme le flottage, pratiqué principalement dans le Morvan, qui approvisionne Paris. Les bûches de moindre diamètre, dont on veut faire du charbon, sont disposées, sur place, en meules régulières que l'on carbonise, c est-àdire qu'on brûle incomplètement et pour ainsi dire à l'étouffée. Les forêts fournissent des matériaux à la marine qui prend, à
(1) En 1835, rimportation des bois communs était de 35 millions de francs et l'exportation de 3 environ; en 1885, de 159 et de 36. L'exportation ne dépasse guère une trentaine de millions.
dei prix élevés, les plus beaux sujets pour la mâture des vaisseaux; elles fournissent des traverses aux chemins de fer; des poutres équarries à l'industrie du bâtiment ; des planches, sciées ordinairement à la mécanique auprès du torrent voisin, à la menuiserie et à l*ébénîslerie; des merrains, des échalas et autres bois fendus provenant surtout du chêne et du châtaignier, à la tonnellerie, au charronnage et à Tagricullure.
Les oseraies que Ton trouve dans les lieux humides, près des cours d'eau, particulièrement dans le dép. de V Aisne et dans la vallée de la Garonne, fournissent de l'osier à la vannerie, industrie que l'on pratique un peu partout, beaucoup dans le voisinage de Vervins et surtout à Vouiiers.
De la cendre du bois on tire la potasse, comme de la cendre des plantes marines on tire la soude, La France d'ailleurs en produit peu, quoiqu'on cite dans le commerce la potasse des Vosges^ la soude de Normandie et de Narbonne.
Parmi les produits des forêts, il faut encore noter le liège (environ 1 million de francs), écorce que tous les dix ans environ on enlève au chêne-liège des forêts de la Corse et de la Provence; Vécorce à tan et autres écorces (46 millions) qu'on tire de la plupart de nos essences forestières, principalement du chêne, et dont les résidus sont vendus comme mottes à brûler ; la résine (2 millions) que l'on extrait du pin maritime par incision, et qui fournit ellemême la térébenthine, la colophane, la poix ; la résine vient surtout des Landes (v. § 150 pour le revenu des forêts de TÉtat). La Statistique forestière a évalué à 235 millions de francs pour 1876 la valeur totale des produits forestiers; d'autres statistiques (voir l'art. Foi'éts dans le Bict. de Fadm. fin. de Block) ne donnent que 130 millions.
Ces produits ne suffisent pas à la consommation ; l'importation qui fournit, pense-t-on, environ le tiers de l'approvisionnement, y ajoutait une valeur de 234 millions de francs en 1883. La production du bois a certainement augmenté durant le xix* siècle; d'après le ministère des finances, le revenu net imposable des bois s'est élevé de 20 fr. 18 par hectare en 1851 à 22 fr. 50 en 1879 ; le revenu brut en 1882 était évalué approximativement à 35 francs par hectare.
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