‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 41 sur 171 · LES REVENUS DE L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

LES REVENUS DE L'AGRICULTURE

SonumB. — 2oS. Les revenus de l'agriculture (151). — 259. Résumé des super* ûcies (1S3). — 360. La valeur de la production agricole (155).

258. Ijm MveaM de l'mirri««l«n'«- — Les revenus ou produits de l'agriculture comprennent tous les produits, quels qu'ils soient, que les hommes obtiennent par la culture de la terre et par l'exploitation de ses richesses végétales et animales. Nous avons fait connaître ceux qui ont une importance notable; nous n'en avons pas donné une énumération complète qui eût été trop longue; nous ne saurions en exprimer avec précision la valeur totale parce qu'en faisant l'addition, on serait exposé, d'une part, à commettre des oublis, d'autre part, à faire des doubles emplois en plaçant en ligne de compte des produits qui sont une condition nécessaire et en quelque sorte la matière première pour la création d'autres produits. C'est ainsi que le foin est un revenu de l'agriculture lorsque le cultivateur l'exporte pour le vendre hors de son domaine et qu'il est un élément de production lorsqu'il sert sur place à la nourriture du bétail.

]1 y a plusieurs manières d'envisager les revenus agricoles et la valeur de la production.

La première est celle du revenu brut ou produit bruty lequel comprend la totalité des produits obtenus. Ce revenu brut peut être exprimé en nature; dans ce cas, il se présente sous forme d*une énumération d'objets dans laquelle il convient de faire entrer tous les produits, même ceux qui sont consommés dans la ferme comme moyens de production ; mais cette méthode ne comporte pas de totalisation, puisqu'elle se compose de quantités de nature diverse. Le revenu brut peut être exprimé en valeur; dans ce cas, il donne lieu à un total représentant le revenu agricole brut, mais il ne doit pas contenir les produits employés comme moyens de production, lesquels feraient double emploi dans l'addition.

Le revenu agricole est obtenu par le travail de l'homme mettant des capitaux en œuvre. Les capitaux sont de deux espèces : la (erre qui produit et le capital proprement dit à l'aide duquell'homme la fait produire en la fécondant et en l'exploitant. La terre est un immeuble : la quantité en est absolument déterminée. Le capital est un immeuble quand il consiste en bâtiments ou en améliorations foncières, et un meuble par nature dans les autres cas, bien que le législateur ait rendu « immeuble par destination » une partie du mobilier agricole. Immeuble ou meuble, le capital proprement dit se distingue de la terre en ce qu'il peut s'accroître presque indéfiniment, comme il peut périr. La valeur foncière de la terre et du capital qui s*y trouve immobilisé dépend de la valeur du revenu; car, sauf quelques exceptions, les jardins de plaisance par exemple, la terre ne vaut guère qu'en proportion du revenu qu'elle procure, et ce revenu augmente avec la quantité de capital qu'on applîcflie h la production.

La seconde manière d'envisager la valeur de la production est celle du revenu net. On entend par revenu net l'excédent du revenu brut sur les frais de production, c'est-à-dire la portion des produits d'une exploitation agricole qui reste au cultivateur après le payement des dépenses de tout genre qui ont été nécessaires pour obtenir ces produits. S'il s'agit d'un particulier, il est certain que « produit brut » et « revenu net » sont deux choses distinctes, car il peut arriver que deux cultivateurs, ayant obtenu la même valeur de produit brut, aient dépensé plus Tun que l'autre pour le produire. On se borne quelquefois à dire « revenu » au lieu de « revenu net » et à opposer ainsi le produit brut et le revenu. Les dépenses d'entretien du cultivateur sont d'ordinaire

l'agriculture.

comprises dans le revenu, tandis que par revenu net nous préférons, quant à nous, entendre l'excédent après prélèvement de tous les frais, même de ceux qu'a nécessités l'entretien du travailleur et de sa famille, à l'exclusion toutefois des dépenses de luxe. De quelque manière qu'on l'entende, il est beaucoup plus difficile encore de calculer le revenu que de le définir.

Superûcie du territoire agricole.

(En milliers d*hecttfes.)

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