‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 43 sur 171 · FER.M.\GB · texte numérisé non relu

FER.M.\GB

D^nil HICTAIII

1" classe de terres.

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do terres.

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Il y a eu pour toutes les catégories augmentation durant les trente premières années de la seconde moitié du xix® siècle.

M. Tisserand portait, pour Tannée 1882, la valeur du cheptel vivaDt (animaux de ferme) à. 5,775 millions, celle du matériel (instruments, machines, outils) à 1,395 millions, celle des semences à 537 millions et celle du fumier à 838 millions : soit en tout 8,545 millions pour le capital d'exploitation (ûg. 148). Ce même capital n'était estimé en 1852 qu'à 2,840 millions pour les ani- €t à 436 millions pour le fumier, soit en tout 3276 millions.

Il évaluait les charges principales de la culture, autrement dit les dépenses nécessaires pour la production agricole, h 10,836 mil-

prix du blé coïncidant avec l'élévation du prix de la main-d'œuvre et du taux des fermages, par les progrès du phylloxéra ; cette crise a déprécié la valeur d'un grand Dombre de propriétés foncières. On peut affirmer qu'en 1888 la propriété non bâtie ne représente pas un revenu net aussi fort qu'en 1879; mais on ne possède pas d'éléments suffisants pour substituer un chifiTrc, ayant uDe portée scientifique, au chiffre de 1879; il est probable que la diminution, considérable sur certains points, nulle sur d'autres, n'est pas, en somme, aussi grande que les plaintes pourraient le faire croire et que le revenu net, conune nous le disons plus loin reste au-dessus de ce qu'il était en 1851.

7<* Celle de 1884 qui a été faite par l'administration des contributions directes en Tue d'un contrôle et d'une révision sommaire de l'évaluation de la valeur vénale de la terre en 1879-1881. Les résultats par arrondissement, ont été publiés dans le BuUetin de statistique et de législation comparée^ n*» de décembre 1888.

lions; les principales étaient le salaire des travailleurs (4,150 millions), la V€deur estimée approximativement du travail des animaux (3,017 millions), le revenu foncier ou rente du sol qui se produit sous forme de revenu net du propriétaire-cultivateur ou de loyer payé par le métayer ou le fermier au propriétaire et qui s'élevait

MlUio^ts de francs.

Fig. 148. — Éralnation da capital d'exploitation agricole de la France.

Sar. cette figure, comme sur les deux figures suivantes, n<** 149 et 150, chaque millimètre carré représente 5 millions de francs. Par conséquent, chaque branche de 5 millimètres des rectangles (qui ont deux centimètres de hauteur) représente ftOO millions.

à 2,645 millions en 1882, tandis qu'elle n'était que de 1,824 millions en 1852 (fig. 149).

Il évaluait la production brute totale à 18,685 millions (11,502 millions pour la production végétale et 7,183 millions pour la production animale), ou environ 19 milliards (en comptant le cidre et la bière), à savoir :

1*» 5,375 millions pour les céréales (grains et pailles);

2** 1,150 millions pour les pommes de terre, les légumes et les cultures industrielles.

3^ 2,400 millions pour les fourrages annuels, prairies artiQcielles et prairies naturelles et pàlures ; 4' 1 milliard 1 /2 pour le vin, le cidre et la bière ; 5^ 1 ,100 millions pour les cultures maraîchères et arborescentes ; 6^ 330 millions pour les bois et forêts ;

Milliard^ dt Francs Fig. 149. ~ ÉTalaation des principales charges de la cnltare.

7^ 7,180 millions pour les animaux (en comptant leur travail et leur fumier pour 3,850), dont 1,634 pour les animaux de boucherie, 1,157 pour le lait, 131 pour les œufs, 188 pour la bassecour, 80 pour les chevaux, mulets ou ânes vendus, etc. (fig. 150).

Ces valeurs, calculées la plupart d'après les prix des marchés.

Millions de Francs

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Fig. 130. — Évaluation da rercna brut agricole.

L'AGRICULTURE. lei

sont généralement un peu trop fortes, les denrées consommées directement sur place par les producteurs valant généralement moins que les mêmes denrées vendues sur le marché.

Les produits de la pèche ne sont pas compris dans ces évaluations, ni ceux de la plupart des industries agricoles, telles que la fabrication de Talcool et de Thuile.

Du total de ces produits, il convient de retrancher d'abord, ainsi que Ta fait M. Tisserand, les semences, le fumier, la nourriture des animaux, etc., qui sont des éléments de production et non des produits et dont la valeur est portée pour 5,224 millions ; on trouve ainsi une production brute totale d'environ 13 milliards 1/2, chiffre qui parait supérieur à la réalité (1). li faut ensuite retrancher les principales charges de la culture, telles qu'impôts (2), loyer de la terre (2,645 millions), valeur du travail des animaux, qui font un total de 10,836 millions et les frais généraux et les charges accessoires que l'auteur p^irte à 1,470 millions. On trouve en définitive environ 1,156 milliuns de francs représentant le revenu net des cultivateurs. Si, h 1,156 millions, on ajoute la rente des propriétaires, qui monte à 2,645 millions pour le moins (3), on obtient une somme d'environ 3800 millions de revenu net, laquelle ne comprend pas même tout le bénéfice de l'exploitation agricole, parce qu'il faudrait encore ajouter les épargnes qui sont faites par les salariés sur les 4 milliards de leurs salaires et dont on ignore absolument le montant.

La statistique de la population (recensement de 1886} nous

(1) Des 13,4G1 millions donnés par la Statislique agricole, nous croyons devoir reUimcher les 3,017 millions r^eprésentaut le travail des animaux et portés daoa le chapitre des charges priocipaies de la culture ; ce travail est, comme les semences, etc., un élément de la production et^ non un produit, tandis que le salaire, qui est compté aussi dans les charges de Tagriculture, fait véritablement partie du produit brut, puisqu'il sert à entretenir les salariés. C'est pourquoi noua évaluons à une dizaine de milliards le produit brut de ragriculture française.

(2) L'enquête décennale de 1882 évalue les charges de l'agriculture provenant de nmpôtà 600 millions environ (238 pour l'impôt foncier, 59 pour les prestations, 309 pour les impôts indirects). M.Kerdall les évalue 707 millions 1/2 (2&1 1/2 pour l'impôt foncier de la propriété non bAtîe et 40 pour celui de la propriété bâtie, 27 pour les portes et fenêtres, 50 pour la contribution personnelle mobilière, 250 pour l'enregistrement et le timbre, 59 pour les prestations, etc.

(3) La Nouvelle évalucUion du revenu foncier des propriétés non bâties porte !e revenu net imposable à 2,C4.> millions de francs, dont 1,601 pour les terres labonrables et terrains de qualité supérieure, 483 pour les prés et herbages, )02pour les vigues, 189 pour les bois, 41 pour les landes, pàtis et pâtures; 30 pour les cultures diverses. Cette évaluation reste toujours notablement audenous du revenu réel; c'est cependant celle qu'a adoptée M. Tisserand comme étant la seule authentique pour la période actuelle.

LA rsANca. lî. — 11

apprend que 17,770,000 Français, formant presque la moitié de la population, vivent du travail agricole; que, sur ce total, 6,916,000 travaillent; que 10,782,000 composent les familles de ces travailleurs, y compris les domestiques employés au service personnel dont beaucoup servent en même temps à la culture. En 1881, il y avait environ 3,200,000 propriétaires-cultivateurs (1), cultivant seulement leur propre terre ou cultivant à la fois leur terre et la terre d*autrui (ce nombre ne représente pas la même catégorie de personnes que celui des 4,835,000 propriétaires ruraux, dont une partie ne cultive pas), environ un million de fermiers et métayers non-propriétaires et 2 millions de domestiques de ferme. Toute cette population vit du produit brut de Tagriculture et partage avec les propriétaires non-cultivateurs le bénéfice net de la production. Les statistiques que nous venons de citer ne fournissent que de simples indications de rapports qui ne sauraient prétendre à la précision. Il serait inexact d'additionner tous les éléments de la production agricole pour trouver le revenu brut total, à plus forte raison pour chercher le revenu net; en effet, comme nous Tavons déjà dit, plusieurs de ces produits, tels que les fourrages qui nourrissent les animaux, feraient double emploi. Quand on estime à un peu plus de 90 milliards de francs (91 milliards 1/2 d'après la Nouvelle évaluation du ministère des finances en 1879-1881) la valeur totale de la propriété foncière agricole^ et à un peu plus de 10 milliards le revenu brut, on fait une hypothèse qui nous semble encore aujourd'hui à peu près vraisemblable.

Il y a trente-sept ans, en 1852, lorsque le capital foncier agricole était évalué & 61 milliards, la valeur des animaux domestiques était portée pour 2,840 millions : elle l'était en 1882 pour 5,775. Le loyer de la terre Tétait en 1852 pour 1,824 millions : il figurait en 1882 pour 2,645. La production brute (défalcation faite des semenceF^ du fumier et de la nourriture des animaux) figurait en 1832 pour 8, 061 millions ; et, en 1 882, pour 1 3,461 . Le produit de la terre avait donc augmenté de moitié et la valeur des animaux domestiques avait doublé dans l'intervalle. Aussi la valeur vénale de la terre en France, qui, en moyenne, était de 1276 francs l'hectare en 1851, s'était-elle élevée à 1830 francs en 1880 (2) : l'accroissement avait

(1) Dans le recensement de 1S86, le groupement est différent; il n'est pat lût mention des propriétaires cultivant à la fois leur terre et la terre d'aulrui.

(t) La plus-value n*a pas été uniforme sur tout le territoire, M. Lecouleux {Cwtri itéconamie ruraU l, 199) reproduit des statistiqaes de 1967 et de 1877 qui donnent le taux moyen de fermage par hectare et par régions. La moyenue,

été de 43 p. 100. Quelque peu de précision qu'aient les éléments de ces calculs aux deux époques, Taecroissement général n^est pas douteux et ces nombres en fournissent une mesure approximative.

Mais, depuis 1882 et même depuis les mauvaises récoltes de 1876 à 1H79, il s'est produit un mouvement en sens contraire sous l'inflaence de diverses causes économiques; dans plusieurs régions de la France, principalement dans le bassin de la Seine, la valeur de la terre et la rente du sol ont baissé notablement, en même temps que le prix de certaines denrées ; néanmoins le taux des salaires, qui s'était élevé rapidement, a peu fléchi.

De 1880 à 1884, date à laquelle l'administration des contributions directes a fait procéder sommairement à une seconde évaluation afin de contrôler les résultats de 1879-1881, elle a constaté une diminution de 2.5 p. 100, la valeur de l'hectare étant tombée, de 1830 francs en 1880, à 1785 en 1884.

Ces évaluations de l'administration des finances ont été contestées et il est probable que, pour certains arrondissements, les résultats de détail sont en effet contestables. Toutefois l'ensemble offre une garantie dont aucune appréciation individuelle ne saurait approcher, et les résultats généraux sont l'expression la plus rapprochée de la réalité que nous possédions.

De 1850 k 1880, la valeur s'était accrue dans 325 arrondissements et n'avait diminué que dans 38. Parmi ces derniers figuraient ceux de Langres,Wa8Si/, Toul, Vesoul, Dôle, où la substitution du coke au charbon de bois avait amoindri le revenu forestier, ceux de Provins^ de Pantoise et du département de YEure qui avaient perdu, par suite de la construction des chemins de fer, une partie du privilège que la proximité leur assurait pour l'approvisioimement de Paris, ceux de Cognac et de Montpellier, ceux des dé* partements de la Drame et du Gard dont les vignobles avaient été atteints par le phylloxéra. L'accroissement avait été considérable dans Y Aude et les Pyt^nées-Orientales à cause des plantations de vignes, dans les Aandes à cause des plantations de pins, dans le Poù tou, le Maine et la Normandie k cause de l'élevage, dans la région du nord par suite dune culture plus intense, dans celle du centre et surtout dans l'Allier, le département le plus favorisé sous ce rap-

qoi était pour la France entière de 63 francs en 1867 et de 74 environ en 1877, «▼ait, de 1867 à 1877, augmenté, avec des proportions très diverses, dans 11 régions et baissé dans une (région du sud, 78 francs en 1867 et St en 1877, à cauM du phylloxéra) ; de 1872 & 1877, il y avait baisse dans quatre régions.

port, à cause de la diminution de la jachère et de ramélioration du bétail.

De 1880 à 1884 au contraire, il n'y a eu accroissement que dans 85 arrondissements, comme celui de Saint-Denis^ voisin de Paris (qui accuse une augmentation de 32 p. 100) et ceux du Gard dont les vignobles ont été reconstitués; il y a eu diminution dans â78 arrondissements et, quoique la période ne soit que de cinq années, cette diminution s'est élevée à 7 p. 100 dans la Marne^ à 10 dans Mettrihe^t-Moselle^ à 15 dans le Rhône et jusqu'à 21 dans ï Aisne.

La diminution, comme on le voit, n'a pas porté sur toute l'économie agricole de la France. Il ne convient pas de l'exagérer par des paroles qui risqueraient de la rendre plus douloureuse et, quoique le prix du blé (21 fr. 50 en 1882 et 16 fr. en 1887) et, depuis 1884, celui de la viande aient baissé et que le phylloxéra sévisse toujours, il est juste de reconnaître que la plus grande partie des avantages acquis par les cultivateurs dans la seconde moitié du xix^ siècle subsiste encore. C'est la rente du propriétaire qui parait avoir été le plus atteinte ; dans beaucoup de régions elle a baissé; dans quelques-uns la baisse a été de près de moitié en dix ans. Mais les salaires sont demeurés à un taux plus élevé que par le passé : les domestiques et surtout les servantes de ferme sont devenus rares et sont beaucoup plus payés qu'il y a trente ans. Des propriétaires, ne trouvant pas de fermiers à des conditions convenables, se sont décidés à cultiver eux-mêmes ; aussi le nombre des propriétaires-cultivateurs a-t-il sensiblement augmenté de 1862 à 1882. Les petits propriétaires-cultivateurs, n'ayant pas de rente à payer, parce qu'ils cultivent leur propre domaine, qu'ils font resque tout le travail avec les bras de la famille et qu'ils consomment la plus grande partie de leur récolte, ont moins que d'autres ressenti les effets de la baisse du blé ; ils sont peut-être les mieux organisés pour supporter la crise, après les grands agriculteui*8 qui, ayant un fort capital, peuvent accroîtra largement le rendement de leurs terres par les procédés de la culture intensive et continuer à faire des bénéQces.

11 est plus facile de préciser les régions où la richesse agricole est le plus développée que d'en apprécier la valeur en argent. L'enquête de 1862, évaluant le rendement moyen d'un hectare de t&^e labourable à 425 francs par an, montrait que toute la région du nord et du nord-ouest, de la Charpente à la Meuse (deux départements exceptés), était au-dessus de la moyenne; quant

au reste de la France^ celle moyenne n'était dépassée que dans f Alsace et la partie de la Lorraine aujourd'hui perdue, dans le voisinage de Lyon, dans Vaucluse et dans la vallée de la Garonne, Il en est encore à peu près de même aujourd'hui.

Par un procédé ingénieux quoique trop arbitraire, l'enquête de 1862 a additionné les diverses espèces d'animaux de ferme en donnant à chacune un coefficient proportionnel à sa valeur.

IFig. 151. — Carte par département^de la râleur rénale de l'hectare des terres de labour.

Elle a calculé que la moyenne générale de la France était de 42 unités d'animaux de ferme par kilomètre carré. Toute la France du nord-ouest et du nord^ de la Charente à la Flandre et de la Flandre au Bhin, est au-dessus de cette moyenne. Ailleurs, cette moyenne n'est dépassée que dans le Massif central, dans la plaine de la Saône et dans la région des Pyrénées occidentales.

En somme, dans la statistique agricole de 1882 comme dans celle de 1862, les parties les plus riches de la France, d'après l'évaluation officielle de la valeur vénale de la terre, sont :

i"* La région du nord et du nord-ouest, qui s'étend sur tout le nord-ouest, depuis le département deV Aisne jusqu'à ceux d'Indreet-Loire et de la Vendée, à l'exception seulement des trois départements dé la presqu'île bretonne ; dans cette région, les premiers

rangs appartiennent à la partie septentrionale, Nord (valeur moyenne de Thectare 3,945 francs en 1851 et 5,642 en 188â), Pasde-Calais (valeur moyenne de Thectare en 1882, 4,049 fr.). Somme (3,221 fr.), Seine-Inférieure (3,822 francs), Calyados (3,454francs), Manche (3,071 francs), six départements qui seuls, avec celui de la Seine, placé dans une situation tout exceptionnelle (187,000 francs) et celui du Rhdne (3,751 francs), atteignent une valeur moyenne supérieure à 3,000 francs pour l'hectare de terre.

2^ La région du centre, dans laquelle se trouvent le Puy-de-Dôme et V Allier, où la valeur de la propriété a augmenté de 40 p. 100 depuis 1851.

S"" La région de Lyon, qui comprend quatre départements {Rhône, Isère, Ain, Loire).

4'' La région de la Tallée de la Garonne [Lot-et-Garonne, Tarnet-Garonne, Haute-Garonne), qui se prolonge, grâce aux vignobles, jusque dans Y Aude.

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