li» claMlflcatloB et le groupemeat i^énéral des Indas
trics. — L'agriculture et accessoirement la chasse et la pèche fournissent, comme nous Tavons dit, presque toutes les substances alimentaires et la plus grande partie des matières premières; leurs produits appartiennent au règne organique et comprennent tout ce qui Tégète ou vit sur la terre et dans les eaux.
Les matières inorganiques, qui figurent au nombre des richesses du sol, ne sont pas du domaine de Tagriculture : Thomme ne les multiplie pas à son gré, il ne fait que les extraire. Cest pourquoi elles forment une catégorie particulière de richesses sous le nom d'indastries extractiTes.
L'homme travaille pour satisfaire ses besoins. Quand les substances alimentaires et les matières premières ont été mises à sa disposition par la pèche, la chasse et la culture ou par Textraction, elles ne peuvent pas encore, pour la plupart, être immédiatement
(1) Les données statistiques de Tindustrie, quoiqu'empruntées presque toutes à des publications oFficiclles, ne sont pour la plupart, comme celles de Tagricalture, que des approximations. Il est rare que la statistique obtienne sur les matiërps industrielles des renseignements tout à fait exacts, même dans les cas où la conDaissance de la production est nécessaire pour la perception de Timpôl, parce que la fraude dissimule une certaine quantité de produits. Les renseignements officiels diffèrent parfois entre eux lorsque le même objet est relevé par deux administrations différentes; la Statistique de l'industrie minéraie ne fournit pas toujours au minisire des travaux publics des résultats identiques à ceux que les préfets recueillent, avec moins de sûreté, pour les adresser au ministre du commerce et de Tindustrie. Il y a môme quelquefois des différences sensibles entre les publications du même ministère, par exemple entre la Situation économique de la France et VÀnnuaire statistique de la France, Quant aux noms des localités où chaque industrie est exercée, nous ne citona d*ordinaire que les plus importants.
consommées, c'est-à-dire utilisées pour la fin qu'il se propose. H faut les préparer, les tailler, diviser, décomposer, combiner, façonner de mille manières pour obtenir le produit déflnitir. Ces façons diverses et multiples constituent l'industrie proprement dite, qu'on nomme industrie manufacturière.
Les besoins & satisfaire sont ceux du corps et ceux de Yesprit, c'est-à-dire les besoins matéinels et les besoins itUellectueb; il faut nourrir^ vêtir, loger \e corps, et, dans certaines circonstances, transporter le corps et les produits du travail ; il faut moraliser, instruire, récréer Tesprit. Tous les besoins ne sont pas également développés chez tous les peuples et dans tous les temps. C'est par les premiers, indispensables à l'entretien de la vie, que les hommes commencent; à mesure que s'accroît leur richesse et que se perfectionne leur civilisation, les derniers prennent plus d'importance. De là, dans l'industrie manufacturière, cinq grandes catégories qui correspondent à ces cinq espèces de besoins et qui travaillent directement à les satisfaire : industries de F alimentation, industries du vêtement, industries du logement, indusltnes du transport, industries des besoins moraux et intellectuels.
Il faut observer toutefois que le besoin de nourriture trouve en partie sa satisfaction directe dans l'agriculture, qui fournit un grand nombre de produits, tels que fruits, légumes, viande, n'exigeant pour être consommés qu'une simple préparation culinaire.
Pour fabriquer les produits propres à la satisfaction des besoins personnels de l'homme, il faut souvent donner, ainsi que nous venons de le dire, aux matériaux une ou plusieurs façons préalables; il faut toujours employer des outils, presque toujours des machines et des agents chimiques. A mesure que l'industrie progresse, les outils et machines sont plus nombreux et plus compliqués et les agents chimiques jouent un rôle plus considérable, parce que Thomme acquiert plus de science et de puissance pour utilisera son profit les forces de la nature. D'où la catégorie particulière des industries manufacturières ayant pour but, non de pourvoir directement à la consommation en vue de satisfaire des besoins individuels, mais de faciliter la production; ce sont les industries préparatoires, qui se divisent en industnes mécaniques et en industries chimiques.
Cette classification n'est pas absolument rigoureuse ; aucune elassification de ce genre ne peut prétendre à une parfaite exactitude, parce qu*il y a des industries qui servent à plusieurs fins à
la fois et parce qu'il est impossible de fixer des limites infranchissables aux besoins de Thomme et aux modes de l'activité humaine. Néanmoins elle est utile pour aider l'esprit à se reconnaître dans l'immense champ de la production. Ce champ est celui de l'indnstrle, mot qui signifie, dans son acception la plus large, Yactivité humaine appliqtiée à produire des choses utiles. L'industrie ainsi définie comprend : l'industrie agricole, dont nous avons traité dans le livre Yl ; l'industrie manufacturière ou industrie proprement dite, à laquelle le présent livre est consacré ; l'industrie commerciale, qui sera l'objet du livre VIII.
Il est bon, pour les bien fixer dans la mémoire, de rassembler ces divisions sous forme de tableau.
CBASSB ET PACRB.
indittMe agricole ou aoricuLTUHB, produisant les substances aUmentaires et la plus grande partie des matières premières de rindustrie proprement dite.
I Industries exlraetives, foumissant presque exclusivement des matières premières.
IjTDcsTBiB proprement dite, foamissant des I ^ matières premières et/ ^ façonnant la matière ^ suiTant nos besoins. . .
' Industries prépara- .
toiret^ fabriquant | des produits destinés à faciliter la production et] la circulation...
Industries de con-] sommation fabriquant des produits destinés à la satisfaction directe des besoins | de l'homme
Industries mécaniques.
Industries chimiques.
Industries des travaux publics.
Industries de l'alimentation .
Industries du vêtement et de la toilette. .
Industries du logement et de ^ameublement.
Industries du matériel des transports.
Industries des besoins moraux et intellectuels.
Industrie commerciale ou coBUKRCB , procurant par échange et apportant, en temps et en lieu utiles, les produits de toute espèce.
Industries des transports.
Commei*ce de capitaux.
Commerce de produits.
L'homme n'exerce pas indifféremment toutes ces industries en tout lieu. Il choisit de préférence, ainsi que^ nous le constate* fons, soit les régions productrices des matières premières qu'il
doit employer, soit les localités où il peut se procurer facilement ces matières par le transport sur les routes et les chemins de fer, sur les cours d'eau ou sur la mer, soit celles où il trouve dans les meilleures conditions les ouvriers dont il a besoin, soit celles qui présentent les débouchés les plus avantageux pour les produits manufacturés : il appartient a la géographie économique de faire connaître ces localités et leur raison d*étre. Les régions industrielles sont donc en relation étroite avec Tagriculture (livre VI), et avec les carrières et les mines (qui font l'objet de la première section du présent livre) et, par conséquent, avec la géographie physique. Cependant elles ne sont pas invariablement déterminées; l'industrie plus que l'agriculture est sujette & des changements et dépend, plus encore qu'elle, des inventions, des capitaux, des voies de communication et de l'activité de la nation au sein de laquelle elle se développe.
1'*' aectioa.