LES INDUSTRIES EXTRACTIVES ET MÉTALLURGIQUES
Sommaire. — 362. Les carrières et les mines (170). — 2C3. Les granits et les schistes (171). — 264. Les marbres (172). — 265. Les pierres de taille (174).
— 266. La silice (176), — 267. Le plâtre et le ciment (178). — 268. L'argile (180). — 269. Les engrais minéraux (180). — 270. Le sel (181). — 271. Les eaux minérales et thermales (184).— 272. Les métaux (189). — 273. La houille et le fer (194). — 274. Les houillères et les combustibles minéraux (20i). — 275. Le minerai de fer (211). — 276. U fonte, le fer et Tacier (214).
— 277. Les hauts fourneaux et les forges (218).
262. Les carrières et les mine*. — C'est dans Ics entrailles de la terre que les industries extractives vont chercher les matériaux que d'autres industries leur demandent. Ces matières ne se rencontrent que sur quelques points du territoire; elles constituent une partie du sol même, et leur existence dépend entièrement de la constitution géologique. On ne peut les trouver qu'aux endroits où sont les couches de terrains qui les renferment : tantôt à la surface, tantôt dans les profondeurs, selon que les couches elles-mêmes sont récentes ou anciennes, et qu'elles ont été épargnées ou bouleversées par les révolutions géologiques. L'extraction et, par suite, la richesse produite en ce genre dépendent beaucoup aussi de l'activité et de l'intelligence des hommes.
La loi française distingue deux genres d'exploitation. Les ccu-^
Hères, d'où Ton extrait les matériaux de conslruclion et les substances terreuses de toute espèce, sont exploitées le plus souvent à ciel ouvert, quelquefois en galeries souterraines, mais situées à peu de profondeur; les minières, d*où ]*on tire la plus grande partie du minerai de fer et qui formaient autrefois une catégorie particulière, sont soumises aujourd'hui aux mêmes règlements que les carrières. On comptait, en 4886, environ 31,300 carrières, dont 4,200 carrières souterraines, et 107 minières de fer, dont 17 souerraines; le nombre des ouvriers employés dépassait 100,000.
Les mines, d'où Ton extrait les métaux et la houille, contiennent le minerai et le charbon disposés soit en amas, soit en couches, soit en filons, et ordinairement enfouis à de grandes profondeurs, parce qu'ils se trouvent, la plupart du temps, dans les terrains d'une formation très ancienne. Aussi Texploitation des mines exiget-elle de grands travaux d*art, tels que creusement de puits par lesquels on descend directement jusqu'au gisement, percement de nombreuses galeries souterraines qu'on est le plus souvent oblige d'élayer et au moyen desquelles les ouvriers, munis de leur lampe, exploitent les filons, avec la pioche, la poudre et la dynamite, en suivant la direction des couches.
Carrières et mines sont soumises, dans une mesure très différente, à la surveillance de l'administration publique. Les carrières à ciel ouvert ne diffèrent guère des autres propriétés privées ; les mines, au contraire, ne peuvent être exploitées qu'en vertu d'une concession de l'État, qui constitue une propriété soumise à certains règlements particuliers.
263. Ëjmm grmmHm ci !•• schistes. — Le granit, composé de feldspath auquel sont mêlés du quartz et un peu de mica, est une roche généralement très dure. 11 se trouve dans les terrains primaim, dont il constitue la majeure partie. Il est employé, sur place, pour les bâtiments ordinaires; au loin, pour les constructions qui demandent une grande solidité, dalles de trottoir, marches d'esfalier, jetées de port, etc.
On l'exploite surtout dans le Colentin, où les collines de Normandie renferment un granit gris à grain fin, fort recherché et exploité à Montjoie, k Saint-James, à Saint-Pierre sous le nom de granit de Vire ou de Saint-Sever, et où les falaises de Flamanville et de Diéieite fournissent des blocs de toute dimension ; dans les iles Ckausey qui ne se sont qu'une masse de granit et qui approvisionnent depuis longtemps Paris; sur divers points de la Bretagne (granit de Louvigné-ie-Désert dans I Ile-et-Vilaine, de Ldber et de
Kersauton dans le Finistère); dans le Limotmn. La position géographique d'une partie des carrières de granit rappelle quelque peu la configuration du Massif central de la France aux premières époques géologiques. On Texploite aussi dans les Alpes et dans les Vosges, qui fournissent de beaux granits de couleurs variées ; dans la Corse (granit rose d'Algajola).
Il faut citer le jaspe de Saint-Gervaîs (Haute-Savoie).
Les produits volcaniques, quoiqu*ayant une origine bien postérieure, doivent être rangés dans la même catégorie. On peut citer, entre autres, les basalies d'Aavergne et particulièrement la pierre de Volvic, le porphyre de GaUeria (Corse), d'Agay (Var) et d'^*pinal.
Dans le voisinage des terrains granitiques se trouvent certiûns schistes argileux, c'est-à-dire des argiles disposées en feuillets plus ou moins minces, de couleur grise ou noire, généralement très dures et que les acides altèrent peu. Ils fournissent Tardoise, qu'on emploie pour la couverture des maisons, le dallage et le ravalement de certaines constructions.
On l'exploite dans Maine-et-Loire, aux environs d'Angers et surtout près de Trélazé, dont les vastes carrières à ciel ouvert s'étendent sur une surface de près de 1000 hectares et jusqu'à une profondeur de 150 mètres, à Noyant (Maine-et-Loire), à Renaié (Mayenne), à Châteaulin, à Rimogne et hFumay (Ardennes), dans Vllle-et" Vilaine, dans les deux Savoie, dans les Pyrénées et dans le Cotentin,
Le mica, qui sert surtout à la bimbeloterie et à la fabrication de la poudre de bureau et des vitres, Vamiante, qui est employée dans les laboratoires à cause de son inaltérabilité, se trouvent dans les roches primitives de la Corse, des Alpes et des Pyrénéeft.
Dans les mêmes terrains, on rencontre le bitume ou asphalte, dont on se sert pour garnir les trottoirs, et certains schistes argileux dont on extrait de l'huile: les dépôts de ce genre proviennent d'éruptions volcaniques ou de formations analogues à celles de la houille. On en exploite surtout dans Saône-et- Loire (mines A* Igornay, de Ravelon, mines voisines d'Autun, etc.), dans l'AlHer {Buxière, etc.); à Anicke (Nord), à Pont-du- Château (Puy-de- Dôme), à Orthex, à Seyssel (Ain), dans le Var, le Gard, VArdècke. Lobsann, en Alsace, est un des principaux sièges de cette exploitation. La production en schiste, calcaire et sable bitumeux à été de 167,000 tonnes en 1886.