‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 51 sur 171 · LES INDUSTRIES PRÉPARATOIRES · texte numérisé non relu

LES INDUSTRIES PRÉPARATOIRES

SomuiRB. — 278. Les induetries mécaniques et les industries chimiques (223). — 379. Les moteurs (22o). —280. Les machines agricoles (228). — 281. Les machines de filature et de tissage (229). — 282. Les machines-outils (229). — 283. La chaudronnerie (230). — 284. La quincaillerie (230). — 285. Les armes (231). — 286. L'alcool et les esprits (231). — 287. Les produits chimiques (23?). — 288. Les matières grasses (233). — 289. Les peaux et les cuirs (238).

â78. Iém Indostrles méc»Bl^aes et les Indastrles cklnti^ves.

— Les industries préparatoires sont beaucoup moins enchaînées au sol quejes industries métallurgiques. Elles peuvent, à leur gré,

se placer dan$ U voUinage de leur matière première ou dans le voisinage de leur clientèle^ et elles obéissent tantôt à Tune, tantôt à Tautre de ces deux attractions. Nous les avons divisées en industries mécaniques fournissant à l'homme ses machines, ses outils, ses armes et ustensiles divers, et en îndusttHes chimiques, fournissant les acides, les réactifs de tout genre, les alcools, les matières premières préparées.

Machines à vapeur depuis 1840

Y compris les locomotives et les bateaux à vapeur.

(D'après la Statistique de l'industrie minérale et la Situation économique et

commerciale de la France),

AMNiBS.

NOMBnB de

MACOlHBt.

NOMBRE de

CHKT.-TAriCa.

ANXÉBS.

NOMBRE de

MACHIMBS.

NOMBRE

CHIT.-TArBCK. '

(1) Les éralaatioDS de la force en chevaux-vapeur avant 1876 et à partir du !•' janvier

Principales industries qui emploient la vapeur.

ISSS.

NOMDRE de

MACHIMBS.

D'tTABUt-

NOMBRI

de

MAGHMn.

de cnT.-VArsoi.

Mines et carrières

Usines métallurtrioues.

Aericulture

IndtiAtrîpfl AlimpntAÎrpfl

Industries chimiques et tanneries. . .

Tissus et vêtements

Papeteries. — Mobilier et objets

d'habitation. — Instruments

Bâtiments et entreprises de travaux.

Services publics de l'État

Total

279. IiM mmUuTu. — Les deux principales forces motrices que l'homme emploie, indépendamment de sa propre force musculaire et de celle des bétes de somme, sont celles que fournissent la chute deTeau et l'expansion de la vapeur d'eau. Il les utilise, Tune par le moyen des moteurs hydrauliques^ roues ou turbines ; l'autre par le moyen des machines à vapeur; machines fixes, construites dans le système vertical ou dans le système horizontal, scellées à demeure dans la fabrique; machines locomobiles, d'une puissance en général moindre, mais montées sur des roues et pouvant être transportées partout où l'on a besoin de force.

Machines i vapeur en 1886

Non compris celles des chemins de fer et des bateaux à vapeur.

(D'après la Statistique de l'industrie minA*ale,]

DÉPARTEMENTS

TfOMBRB de

«ACHIKIS.

Âio

Aisne

AlUer

Alpes (Basses-).

Alpes (Hautes-) Alpes-Haritim.

Ardèche

Ardennes

Ariëge

Aube

Aude

AvejTon

Bouches-d-Rh.

CalTados

CanUl

Charente

Charente-Iaf. .

Cher

Corrèze

Corse

Côle-d'Or

Côtes-du-Nord

Creuse

I>ordogne

Doiibs

Drôme

Eure

Eure-et-Loir Finistère. . . .

zn

DâPARTBHCn'S.

Gard

Garonne (Htc-).

Gers

Gironde

Hérault

lUe-et-Vilaine..

Indre

Indre-et-Loire- Isère

Jura

Landes

Loir-et-Cher. . .

Loire

Loire (Haute-)..

Loire-lnfér

Loiret

Lot

Lot-et-Garonne.

Lozère

Maine-et-Loire.

Manche

Marne

Marne (Haute-j

Mayenne

Meurthe-et-M.

Meuse

Morbihan

Nièvre

Nord

NOMBRE de

MACB19B8.

DÂPARTEUENTS.

NOMBRE

de

MACaiRU.

Oise

Orne

Pas-de-Calais.

Puy-de-Dôme Pyrénées (B**"-) Pyrénées (Hi«»-) Pyrén.-Onent. .

Rhin (Ht)Belfort

Rhône

Saône (Haute-).

Saône- et- Loire.

Sarthe

Savoie

Savoie (Haute-)

Seine

Seine- In fér. . . .

Seine-et-Marne.

Seine-et-Oise. .

Sèvres (Deux-).

Somme

Tara

Tarn-et-Garon.

Var

Vaucluse

Vendée

Vienne

Vienne (Haute-)

Vosges

Yonne

Total

Force en chevaux- vapeur.

Dans tous les grands centres manufacturiers, ou près de ces grands centres, il existe des usines pour la fabrication des moteurs mécaniques, parce que ces usines y trouvent une clientèle assurée.

Pour les moteurs hydrauliques, on peut citer Paris et sa banlieue, où tous les genres d'industries sont réunis, Chartres et Senlis (Oise), Fssonnes (Seine-et-Oise), qui alimentent principalement les moulins à farine de ces riches contrées agricoles; dans le midi. Castres, Toulouse. En Alsace» Mulhouse fournissait des roues hydrauliques aux fabriques mues par les cours d'eau des Vosges.

Pour les moteurs à vapeur, on peut citer Paris, qui vient encore en première ligne, et, autour de Paris, Saint-Denis, Saint-Ouen et Pantin; puis Rouen, le Havre, Anzin, Amiens, An^as, Lille et FiveS'Lille, Saint-Quentin, au nord-ouest et au nord; le Creuset, Lyon et Oullins, Châtillon-sur-Seine et Commentry, Firminy, Saint- Etienne, Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Marseille au centre et au Bud-est ; Nantes et Bordeaux à Touest : ce sont les grandes villes d'industrie. Dans ce nombre, la France comptait avant 1870 Graffenstaden et Mulhouse.

La vapeur étant devenue Tàme de la grande industrie, on peut juger du nombre et de la puissance des machines dans une contrée, comme de la houille et du fer, pour mesurer son énergie manufacturière. La France ne possédait, en 1820, que 65 machines à vapeur; en 1840, que 2,873; elle en possède, en 1886, pliu de 68,300 (Qg. 167).

Les départements qui emploient la plus grande force motrice de ce genre (sans compter les locomotives et les bateaux à vapeur) et qui, par conséquent, occupent les premiers rangs dans la grande industrie sont (voir la lig. 168 et les tableaux des pages 223 et 224).

l"" Le groupe du nord, comprenant tous les départements au i nord de la Seine et de la Marne jusqu'à la Meuse, à Texception > toutefois de Seine-et-Marne où domine l'agriculture, à savoir : I Nord, qui occupe de beaucoup le premier rang (105,000 chevauxvapeur en 1886), Seine, Pas-de-Calais, Seine-Inférieure, en première ligne : puis Eure, Seine-et-Oise, Oise, Somme, Aisne, Ardennes et Marne.

2* Le groupe de test, dont nous avons perdu les plus riches départements, la Moselle et le Haut-Rhin, mais où Meurthe-et-Moselle et les Vosges ont une grande importance.

3** Le groupe de la Saône et de la Loire, avec les départements de la Loire, de Saône-et-Loire, du Rhône, de V Allier et de Isl Nièvre.

feS7

4** Le groupe des Bouches-du-Rhdne, comprenant les départeMenIs du Gard et des Bouckes-du-Jtkdne.

5» Le département de la Loire-Inférieure.

Les industries qui en emploient le plus sont les filatures, les

usines à fer, les exploitations de combustible minéral, les fabriques et raffineries de sucre.

Si aux machines fixes (au nombre de 52,471 en 1886) on joint les locomotives machines destinées au transport (9,114), les autres appareils des chemins de fer et tramways (1860), les machines des bateaux à vapeur {i ,994 appareils moteurs et 2,869 machines accessoires), on trouve un total de plus de 68,300 machines. Toutes

Fig. 168. ~ Carte de la force des machlDes à vapeur fixes.

ces machines, dont le nombre augmente d'année en année malgré la crise actuelle (1888), représentent environ 4,600,000 chevauxvapeur, c'est-à-dire produisante peu près le travail même que 96 millions (V hommes tournant des manivelles. C'est autant de peine qui est épargnée aux hommes et dont la nature fait en quelque sorte les frais.

Dans le calcul de cette force motrice il faudrait faire figurer les roues^hydrauliques employées par les moulins et les usines là où il y a des cours d'eau non navigables, les moulins à vent, qui existent dans les campagnes où les cours d'eau font défaut, les moteurs à gaz y les moteurs électriques et les moteurs à air comprimé qui sont employés surtout à Paris.

280. lies macblneii ayrleolM. — Nous avons dit (§ 188) comment l'agriculture tend à remplacer les simples outils à la main par de grandes machines traînées par des chevaux ou mues par

la vapeur. On fabrique ces machines à Paris et dans les pays de grande culture, à Arras, Amiens^ Saint-Quentin et en diverses autres localités du Pas-de-Calais y de la Somme et de YAisne, à lÀaneourt (Oise), Vemon (Eure) ; Meaux, Dourdan (Seine-et-Oise), ProuinSy Montereau (Seine-et-Marne), Orléans pour la Brie et la Beauce; à Nancy pour la Lorraine ; à Tours, Saumur, Nantes, pour la région de la Basse-Loire ; à Redon (lUe-et-Vilaine) ; à Bourges, Châteauroux, Vierzon, Vichy pour une partie du centre de la France; à TonnetTc, Ch^ay, Dijon pour la Bourgogne; à Lyon; h Carcassonne, h Vic-Fézenzac (Gers) pour le midi.

À cette fabrication s'ajoute celle des herses, rouleaux, charrues, etc., qui sont confectionnés dans un très grand nombre de villages par les charrons ou par de petits fabricants.

^i. I^es inmebiBes 4e fllature et de tirnsm^. — Parmi les travaux industriels, la filature et le tissage sont de ceux dont la mécanique s'est le plus complètement emparée. Aussi la fahncation des machines de filature et de tissage occupe-t-elle un certain nombre d'usines : à Paris d'cibord ; puis à Rouen, le Havre, Saint- Quentin, Troyes pour le coton; à Lille, Maubei^.e, pour le lin; à Roubaix, Elbeuf, Louviers, Sedan, Réthel, Reims, Lure, pour la laine ; à Calais (Pas-de-Calais) pour le tulle ; à Troyes pour la bonneterie ; à Nancy pour la broderie ; h Lyon, Grenoble, Saint- Ckamond (Loire), Sainl-Hippolyte (Gard) pour la soie ; à Nîmes pour la bonneterie ; à Marseille, Nantes pour la fabrication des filets. Les y\%. 169. — Marteau-pUon.

machines pour l'impression des

élofTes s& font à Paris, à Rouen, L'Alsace {Mulhouse, Thann, Guebwiller) nous fournisssdt beaucoup de machines pour la filature, le tissage et l'impression.

Les m(ur^ii7.< s à cotictrè, qui sont maintenant répandues dans les petits comme dans les grands ateliers, sont fabriquées à Lyon et à Pans. 282. ijee maehlBet-ootUs. — Après les industries textiles, ce sont les industries des métaux qui emploient le plus d'outils mécaniques, machines à percer, à tarauder, à raboter, tours, etc. Le plus puissant de ces engins est le marteau-pilon, qui, aux marteaux des for-

gérons et aux martinets, a substitué un mécanisme aussi simple, aussi facile à manier que puissant dans ses effets : un homme le fait agir sans avoir d'autre peine que de manœuvrer le levier de distribution de la vapeur; il dirige si bien un énorme marteau, pesant iOO tonnes, qu'il peut à son gré forger des pièces d'acier de plus de 30 tonnes ou casser une noisette sans l'écraser (fig. 169).

L'industrie du bois est aussi armée aujourd'hui de puissantes machines-outils.

On les fabrique, pour le bois à Paris, à Fécamp^ au Satire, où les constructions maritimes ont sollicité cette industrie; pour les métaux, à Paris, à Rouen, à Saint^Étienne, k Aive-de-Gier, au ChanUfon-Feugerolles (Loire), au Creusot, et en général dans les départements de la Seine, du Nord, de la Haute-Marne, du Loiret, du Cher etc., pour la céramique à Limoges.

Les départements de la Seine, du Doub$ et du Jura sont ceux qui produisent le plus de machines-outils pour r« article de Paris».

A ce groupe se rattachent les machines employées dans Texploitation des mines, que l'on fabrique dans les grands centres métallurgiques, tels que les départements du Nord, de Saône-et- Loire, de la Loire.

283. Ia eb»a4rommerle. — La chaudronnerie comprend : 1* la grosse chaudronnerie, qui produit une grande partie du mobilier industriel des fabriques, et qui est pratiquée dans les grandes usinei à fer et à cuivre et surtout à Paris, à Lille (sucreries, etc.)f ^ Saint'Chamond ; 2* là petite chaudronnerie, qui confectionne les objets de cuisine et de ménage en cuivre et qui est exercée principalement k Paris, k Lille, k Villedieurles-Poéles (Manche), à Issoire et à Aurillûc, k Beaucourt (territoire de Belfort), Guise (Aisne) où le « familistère », fondé en 1860 par M. Godin, fabrique principalement des ustensiles en fonte.

284. Ia ««Imealllerle. — Sous le nom de quincaillerie, on comprend un grand nombre de produits divers :

En premier lieu, les outils ordinaires : limes, rabots, scies, enclumes, étaux, etc., dont les lieux principaux de fabrication sont: Pains, le dép. des Ardennes, Maubeuge, quelques localités dans les Vosges; Valenligney, Pont^e-Hoide (Doubs), te Chambon-Feugerolles (Loire), Saini^Étienne.

En second lieu, plusieurs articles du bâtiment, tels que clous, vis, serrures, espagnolettes, etc., dont les lieux principaux de production sont; Valenciennes, Saint-Amand (Nord), Charleville et Neuzon {Ardennes), Laigle (Orne) qui a la spécialité des épingles

LUNOUSTRIS. 231

€t des aiguilles, Bugles (Eure), BenquièrBÈ^FrémUe-Esearbotm (1) et plusieurs autres communes du département de la Samme où cette industrie occupe un grand nombre de bras ; Ckdtillan-surSeine, YuUlafans (Doubs) ; Nevers^ le Chamban-FeugeroUes (Loire), Lyon^ Pamiers,

En troisième lieu, les articles de ménage et la batterie de cuisine qui se font en fer battu, en fonte ou en fer-blanc, et dont les principaux lieux de production sont Paris^ Randonnai (Orne), LillSj Fumay (Ardennes), Beanconrt (territoire de Belfort), GuUe (Aisne), Albert (Somme), Varigny (Haute-Saône), Neufchâteau (Vosges), Rouen.

Dans TAlsace et dans la partie de la Lorraine que nous avons perdues, cette industrie a une grande importance; A/oi!9Aeîm,Zomhoff^ Saveme, une des plus grandes fabriques de quincaillerie du continent.

A rexception de quelques grandes villes, comme Paris, Lyon, Toulouse, et de quelques lieux, comme Villedieu-les-Poéles (Manche), Chanu (Orne), Aurillac, Monxstrol (Haute-Loire), où ce genre d'industrie s'est perpétué par tradition, les fabriques de quincaillerie se sont installées dans lé voisinage des lieux qui produisent le fer.

283. lies mwmmm. — Les armes sont de véritables outils destinés soit à défendre Tbomme contre une agression, soit à lui procurer sa subsistance par la chasse. Elles se divisent : en armes blanches, dont on fait les lames à ChâtellerauU, fabrique de TÉtat, à Saint-Etienne, et que Ton monte le plus souvent à Paris; en armes à feu, comprenant elles-mêmes les armes de guerre, que fournissent les manufactures privées de Charleville, Maubeuge, Saint-É tienne, Chdtellerautt, les fabriques de TÉlat de Saint- Éiienne et de Tulle, les fonderies nationales de canons de Ruelle (Charente) et de Bourges^ etc. ; et en armes de luxe ; cette dernière fabrication se partage entre Paris et Saint-Étienne où cette industrie est pratiquée depuis l'origine des armes à feu. En Alsace, Mutzig et Klingenthal fabriquaient naguère pour la France des armes blanches et des armes à feu. Les bois de fusil viennent surtout de Y Auvergne et du Dauphiné.

Les cartouches se font dans les départements de la Seine ( Ftntennes, Meudon) et de Seine-et-Oise.

286. Ij*alcool et les esprlto. — La fabrication de Talcool et des esprits est au nombre des industries chimiques les plus imporporUntes (livre VI, §§ 232).

(1) La fondation d'une école professionnelle pour la petite serrurerie dans <%tte localité a été décrétée en novembre 1S88.

287. ijes wrmémiu chlaU««M. — Sous le nom de produits chimiques, on comprend un très grand nombre de substances diverses, acides ou sels : acide sulfurique, acide chlorhydrique, acide nitrique, ammoniaque, sulfate de soude, sulfate d'alumine, blanc de céruse, chlore, chlorure de chaux, alun, acide borique, etc. et de matières tinctoriales qu'on extrait du goudron de houille, de certains bois, etc., et qu'on obtient par des réactions chimiques dans des usines montées comme de vastes laboratoires scientifiques. Ces produits jouent en général dans l'industrie un r61e d'autant plus considérable que l'industrie est elle-même plus avancée, c'est-à-dire mieux instruite par la science à tirer parti de ces agents naturels ou artificiels.

Nous avons essayé de donner une mesure approximative pour la comparaison des forces productives de Tindustrie à diverses époques par la houille, par le fer, par les machines à vapeur qu*elle emploie. On pourrait citer aussi comme terme de comparaison VcLcide sulfurique qu'elle consomme; car c'est lui qui sert de réactif pour produire la plupart des autres acides et des sels, pour nettoyer les métaux et épurer un grand nombre de matières grasses ou sucrées. Or, en 1830, la France consommait par an environ 14 milliers de tonnes d'acide sulfurique ; elle en emploie aujourd'hui probablement plus de SOO; en outre, ce qui est un signe non moins favorable du progrès industriel, le prix du kilogr. a considérablement diminué. La région de Lille peut être citée comme exemple; vers 1789, elle fabriquait environ 45,000 kil. d'acide sulfurique à 20 sous le kilogramme et, en 1888, 45 à 50,000 tonnes du même acide au prix de 5 à 6 centimes le kilogramme.

On préparait naguère l'acide sulfurique avec du soufre natif, importé principalement de Sicile. On le prépare aujourd'hui avec les pyrites de fer, extraites en France ou importées de Portugal, d'Espagne et de Norvège. On fait griller dans des fours ces pyrites qui dégagent de l'acide sulfureux ; on fait pénétrer cet acide sulfureux, avec de la vapeur d'eau, de l'air atmosphérique et de l'acide azotique, dans de vastes chambres de plomb ; l'acide sulfurique s'y forme par une des plus ingénieuses réactions dont la science ait doté l'industrie. Un des principaux usages de l'acide sulfurique consiste à transformer le sel marin en sulfate de soude.

Longtemps on a obtenu le carbonate de soude par le procédé Leblanc; depuis 1867, on l'obtient surtout à Taide de l'ammoniaque et du bicarbonate d'ammoniaque agissant sur une solution concentrée de chlorure de sodium qui fournit un produit très pur et à très

bon marché (de 1878 à 1888, ce procédé a fait baisser de 60 èi 14 francs le prix du quintal de soude). La fabrication se fait à TarangeTille-Dombasle, à Nancy et à Marseille; elle a permis à la France, qui Importait naguère de la soude, d'en exporter une quantité considérable (23,000 tonnes environ).

C'est dans la région industrielle du nord et du nord-ouest qu*on trouve le plus de fabriques de produits chimiques : à Paris, qui, entre autres fabriques, comprend dans son enceinte, depuis 1860, celle de Javel {Vaugirard)^ et, autour de Paris, à Ivry, Clichy, Aubervillieri, Saint-Ouen^ Saint-Denis, Argenteuil, Nanterre; h lille, qui en possède plusieurs dans ses murs ou dans sa banlieue, entre autres, celles de Loos et de la Madeleine; h Aniche (Nord), à Arras, h Amiens^ h Chauny, dont Cif-ey (Meurthe-et-Moselle) est une dépendance pour la fabrication des produits chimiques, à Tours, à Rouen. On en trouve aussi au Havre, parce que les matières premières exotiques arrivent dans les grands ports. Sur les bords de la mer, la présence de la soude et de Tiode dans les varechs adonné naissance aux fabriques de Cherbourg, d^Avranckes, du Conquei (Finistère), etc.

Dans Test et dans le sud, il existe des fabriques du même genre à Dijon, à Dôle, à Tournus (Saône-et-Loire), à Pouilly-sur-Saône (Côle-d'Or), à Lyon, où la fabrication des soieries a donné un grand développement à l'industrie de la teinture et dans la banlieue de Lyon, Fleurieu où est la fabrique du bleu Guimet, Neuville, etc. ; à Annon'iy, à Alais, à HarseUle et dans Vîle de la Camargue, h Montpellier, h Bordeaux et à Floirac son annexe, etc. La préparation de la garance à Avignon est une industrie ruinée (v. § 216), quoiqu'on y travaille encore des garances venues du Bas-Danube.

Au nord-est, nous avons perdu les importantes fabriques de Dieuze et de Bouxwiller.

288. IiM matières grmMëen. — Il y a diverses espèces d'huiles, destinées à des usages distincts ; les unes sont propres et TalimentaUon, comme l'huile d'olive, l'huile de noix, l'huile d'œillette (voii § 215); d'autres à l'éclairage, comme l'huile de colza, d'autres à la saponification et à divers usages industriels, comme l'huile coDMnune d'olive, l'huile de palme, l'huile siccative de lin. On fabrique de Thuile d'olive, sous le nom d'huile d'Aix, à Salon, h l^ice, dans le Boussillon, dans le Bas-Languedoc : cette région a presque le monopole de la culture de l'olivier. On fait de l'huile d'amandes douces dans toute la région du midi ; de Thuile de noix dans les Charenles et dans la Dordogne; de l'huile d'ceilleUe et de

l'huile de lin dans les départements du not^d; de Thuile de colza dans les environs de Caen, dans le pays de Caux^ les Beux'

SPC!

fy

i.li .

ir -

Vj

=çc:

sî'

' rf P/

~CS9i

Jj

e»c mOmOiAOïA-OiAOlMO

5^t;re« [Niort, etc.) et la Vendée [Fontenay-le-Comte, etc.) ; de l'huile de navette dans les mêmes départements et dans la Bourgogne et la Franche-Comté^ etc.; de l'huile de chènevis dans la Lorraine^ etc.;

(1) Pour le sens du mot Commerce spécial qui se trouve sur ce tableau et sur ]ee suivants, voir liv. VIII, 3« section.

de Thuile d*arachide et de sésame à Marseille^ à Bordeaux^ et de

l'hailede résine dans la région des Landes^ à Saint-Ouen (Seine), etc.

Les graisses provenant de la dépouille des animaux sont four-

nies par les grandes villes qui consomment beaucoup de viande, comme Paris, et par les localités de la banlieue voisines de Tabattoir de la Villetle {Pantin^ AubervilUers, Saint-Denis), et elles y sont préparées.

Le suif sert à faire la chandelle, qui, il y a bien moins d'un siècle, éclairait presque exclusivement nos demeures ; la bougie de cire

— fj-.

Page 1