‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 52 sur 171 · ES · texte numérisé non relu

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était alors un objet de luxe; aujourd'hui l'usage de la chandelle est très rare. De la graisse on extrait aujourd'hui certains acides

(acide stéarique, etc.), dont on fait à peu près toutes les bougies, excepté celles qui sont destinées aux églises. Paris avec sa banlieue [Ivry, CHchy, Gentilly, Aubervilliers, Al fort y Monireuil et surtout Saini-Benis) est encore le centre principal de cette fabrication, n faut citer aussi Lyon, Montpellier^ Marseille, Lille, k Mans et Nantes. Landemeau (Finistère), Dôle et Casteljaloux (Lot-et-Garonne) font des bougies de cire. En 1885, la production des bougies stéariques était évaluée par la statistique générale de France k 418,500 quintaux valant 72 millions et demi (56 seulement en 1875) dont 15,6 pour le Rhône, 12,6 pour la Seine, 43,5 pour les Bour ckes-du'Bhéne, 6 pour la Somme, 3,7 pour le Pas-de-Calais, 3,4 pour VHérault (3 pour le Nordl) 2,3 pour la Côted'Or, 1,5 h 1 pour le Finistère, Indre-et-Loire, le Gard, la Seine-Inférieure.

Lliuile ou la graisse, combinée avec un alcali, soude ou potasse, forme le «avon, dur ou mou. LaProTence, possédant l'huile d*olive, donne les meilleurs savons, connus sous le nom de savon de Harseille, et fabriqués dans cette ville, à Draguignan et dans le Bas- Languedoc. Les ports. Comme Nantes, le Havre, qui reçoivent, ainsi que Marseille, des graines oléagineuses, arachide, sésame, etc., ont aussi d'importantes savonneries. Les grandes manufactures de tissus, comme Lille, Amiens, Rouen, Elbeuf, Saint -Quentin, Reims^ ZyoR, consommant beaucoup de savon, ont d'importants établissements de ce genre. A Paris et dans sa banlieue, Neuilly, Aubervilliers, Pantin, la Chapelle, Saint-Ouen, Saint-Denis, etc., est concentrée la fabrication des savons de toilette. En 1885, la production du savon s'élevait, d'après la statistique du ministère du commerce, k 1,761,000 quintaux valant 106 millions de francs, dont 47 pour les Bouckes-du-Rkône, 18 pour la Seine, 9,2 pour le Nord, 6,7 pour le Rhône et 7 pour la Seine-Inférieure, de 3 à 1 pour la Vaucluse^ le Var, le Pas-de- Calais, ïHéiuult, les Alpes-if art-times, la Loire-Inférieure. Cette industrie est à peu près stationnaire depuis une dizaine d'années.

Les industries des matières grasses s'approvisionnant en partie à l'étranger, l'importation des matières premières qu'elles emploient peut donner une idée de l'importance de leur production. En 1885, cette importation s'élevait k 36 millions de francs pour les Buifs, à 5 pour les graisses, k 29 pour les huiles d'ilive, à 25 pour les huiles de graines grasses, k 131 pour les graines oléagineuses ; la valeur de l'importation totale était de 230 millions environ (en 1853, elle n'était que de 43). Le progrès est dû principalement à l'importation des suifs et surtout des graines oléagineuses (fig. 170,

171 et 17â), et, comme la valeur de ces marchandises a baissé, le progrès en quantité est plus considérable qu*en valeur : c'est ainsi que l'importation des graines oléagineuses a passé de 50,000 tonnes en 1853 à 410,000 en 1885 ; la consommation est devenue 8 fois plus forte et la valeur au plus 7 fois.

. 289. itfM wmmx et l«s c«lr». -» Pour être employée dans Tindustrie, la peau des animaux doit subir de nombreuses et longues préparations. L'industrie française se procure les peaux, soit par Tabatage des animaux^ qui donne des cuirs « verts », c'est-à-dire des peaux fraîches ; soit par Timportation d'Angleterre, d'Allemagne, d'Amérique, etc., qui donne principalements des cuirs «c salés », c'est-à-dire des peaux qu'on a salées pour prévenir la putréfaction. On convertit ces peaux en véritable cuir, dit cuir tanné, par le tannage, c'est-à-dire en les laissant s'imprégner pendant plusieurs mois de tannin, ce qui les durdt et les rend imputrescibles. Les cuirs pour semelles sont des cuirs tannés et simplement battus au marteau. Mais la plupart du temps le cuir doit recevoir une autre main-d'œuvre, qui en fait du cuir corroyé pour la chaussure et la sellerie, du cuir mégissé pour la ganterie, du cuir chamoisé, du cuir verni, etc.

Les tanneries; mégisseries, etc., qui sont des industries en progrès, tendent à se concentrer dans de grandes fabriques. Elles se trouvent surtout là où l'on consomme la viande, où Ton élève les bestiaux (voir livre vi, section 3*) et où l'on importe des peaux: à Givet, qui donne beaucoup de cuirs forts, à Lille ^ Valeneiennes; à Amiens, à Paris où l'on fabrique des cuirs de toute espèce; à Jtouen^ au Havre; à Nantes^ à Bordeaux, grâce surtout à l'importation; dans l'ouest, à Gisors^ Évreux, Saint-Saens (Seine-Inférieure), àPont-Audemer, Avranchesei Villedieu'leS'Poéles{}iaxiCht), •à Rennes^ dans le Finistère, à Fours, CkâteaurenauU (Indre-et-Loire), •Montargis, Meung (Loiret), à Niort, à Issoudun qui fournit principalement des peaux chamoisées ; dans diverses localités du Berri dans l'est, à Baucourt (Haute-Loire), en Bourgogne, à Lyon, à Annonayetà Grenoble qui donnent des peaux pour la ganterie; dans le midi, à Marseille, à Brignoles, à Aniane (Hérault), à Montpellier^ à Millau, un des centres les plus importants de la tannerie et de la corroierie, à Graulhet (Tarn), à Saint-Antoine (Tarn-ct- Garonne), dans le Périgord. Les cuirs vernis sont fabriqués principalement dans le département de la Seine.

Strasbourg, que nous avons perdu, fabrique beaucoup de cuirs forts.

Le progrès de Timportatioa des peaux brutes et pelleteries qui était, en 1886, de 75,000 tonnes valant 200 millions, peut donner une idée du développement des industries du cuir (fig. 173).

LdcaotUchotic et la gutta-percha, qui, grâce à la c< vulcanisation », c'est-à-dire à leur combinaison avec le soufre, se prêtent à tant d usages diflerents, sont travaillés surtout à Paris; en seconde ligne dans les usines de Clermont, de Bezons (Seine-et-Oise), de Langlée (Loire), etc.

La coile^ qui comprend diverses espèces, colle de pâte, colle de poisson, colle forte, rentre dans la même catégorie que les cuirs, puisque la colle forte, la plus employée, provient de débris d'animaux. La meilleure est la colle de Flandre; Givet^ Rouen, Paris fournissent aussi de la colle estimée.

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