‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 59 sur 171 · II. — n · texte numérisé non relu

II. — n

Les Romains connaissaient les tissus de coton ; les Arabes introduisirent le cotonnier en Europe. On employait en France, au xvii* siècle, le coton surtout pour fabriquer des mèches de chandelles;

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cependant, en 1698, on comptait en Provence une centaine de métiers à tisser cette matière. Au commencement du xviii** siècle, on fabriqua et Rouen des siamoises qui eurent un grand succès et qui commencèrent la réputation des rouenneries ; puis, M"** de Pom-

padour mit les toiles peintes à la mode et bientôt la suppression de la Compagnie des Indes (1769) assura la vogue aux fabriques françaises. L'invention de la filature, puis du tissage mécanique leur donna, à l'exemple de l'Angleterre et à partir de la Restauration, un essor rapide.

Vers 1830, la France importait déjà 34 millions de kilogrammes de coton brut par an. En 1869, cette importation, qui avait faibli pendant la guerre de sécession aux États-Unis (1861-65), s'élevait à 125 millions. La perte d'Alsace-Lorraine la lit tomber au-dessous de 90; elle se releva promptement à 157 en 1876. Mais, depuis cette époque, l'industrie cotonnière a souffert et son développement a été intermittent; l'importation n'a été, en 1886, que de 136 millions, sur lesquels la fabrique française en employait environ 110; elle en a, d'après la Commission des valeurs de douane, employé 120 en 1886 (voir fig. 177).

Le nombre des broches de filature était de 1 million 1/2 en 1837, de 7 en 1869, de près de 5 en 1873, après la perte d'Alsace-Lorraine, de 5,038,000 (dont 4,807,000 en activité) en 1885. A cette dernière date, on comptait 70,000 métiers mécaniques et 33,000 métiers à la main (en 1873, 62,500 métiers mécaniques et 83,000 métiers à la main) et un millier d'établissements occupant 109,000 ouvriers.

Avec le coton, on fait des étoffes de qualités très diverses, parmi lesquelles dominent les articles à bon marché. Ces articles sont au nombre de ceux dont la baisse a été, depuis un demi-siècle, la plus forte, grâce au perfectionnement de l'outillage (1). Les calicots écrus ou blancs valaient, d'après les estimations douanières, 15 francs en 1827, 5 fr. 33 en 1872 et 3 francs le mètre en 1886. Aussi les 600 millions qu'on peut hypothétiquement attribuer à la valeur de la production cotonnière en France (2) (en y comprenant les tissus mélangés dans lesquels le coton domine) représentent-ils probablement près de cinq fois la quantité de marchandises qu'on aurait pu se procurer avec la même somme il y a un demi-siècle.

(1) On a calculé qu*un tisseraDd à la main faisait autrefois environ 40 mètres de calicot par jour et qu'aujourd*hui un très bon ouvrier conduisant 6 métiers peut en faire jusqu'à 1,500 mètres.

(2) Les cartes des industries textiles, dressées d'après nos recherches et celles de membres des Chambres syndicales, d'après les comptes rendus des expositions et la statistique officielle du ministère de l'agriculture et du commerce, doouent une idée approximative de la valeur de la production dans les principaux groupes . 11 est impossible de fixer un chiffre précis. Dans les cartes de notre (jrand Atlas, nous avons essayé de mesurer avec un peu plus d'exactitude, par un autre procédé, le rapport des valeurs dans chaque groupe.

Depuis que la France a perdu TAlsace, elle importe plus de fils et tissus de coton qu'elle n'en exporte (fîg. 178).

L'industrie cotonnière, étant la plus récente des industries textiles, s'est établie en général dans des régions où Ton fabriquait déjà d'autres tissus : aussi l'existence d'une population de tisserands est-elle sa principale raison d'être géographique. Comme la filature et le tissage sont aujourd'hui presque exclusivement mécaniques, elle n'est exercée que dans des manufactures d'une certaine importance et l'industrie forme en général des groupes d'une certaine densité, quoiqu'il y ait des manufactures isolées.

Il y a six groupes de production cotonnière (voir fîg. 179).

Fîg. 170. — Carte de l'industrie du coton.

l"" Le groupe de Test ou groupe des Vosges, auquel l'activité industrielle delà république de Mulhouse et la force motrice fournie par les petits cours d'eau ont donné naissance, comprenait naguère l'Alsace entière avec Mmsevaux, Cemay^ Tkann^ Wesserling^ Guebwiller^ Sainte-Marie-auX'MineSy Munster ^ etc., et surtout la grande ville de Mulhouse. Il est réduit aujourd'hui, pour la partie alsacienne, à Giromagnyy localité à laquelle, depuis 1871, il faut ajouter Belfort. Dans la partie lorraine qui nous est restée, des établissements existaient depuis longtemps; ils ont été considérablement augmentés depuis 1871 et sont situés dans les vallées occiden-

taies des Vosges et les villes voisines : Épinal, ttemiremont, Saint- Dié^ Comimont, le Val-d' Ajol^ Senones [Vosges); JHéricourt, Bonchamp et d'autres localités de la Haute-Saône; ils s'étendent jusque dans Tarrond. de Montbéliard (Douas). On y fabrique des fils fins, des fils à coudre, des calicots, des jaconas, etc.

Du même groupe dépendent Bar-le^Duc, qui fait le tissage à la main dans les articles courants, Nancy, qui fabrique beaucoup de broderie. On peut même y rattacher Troyes, qui fait les gros tissus croisés nommés « ûnettes » .

2^ Le groupe du Nord tissait le lin et la laine bien longtemps avant que Tusage du coton s'y répandît. Son marché principal est Saint-Quentin, qui se distingue surtout par ses mousselines unies et brochées, ses guipures, ses percales, ses piqués. Dans ce groupe se trouvent Amiens^ qui fabrique par an plus de 100,000 pièces de velours de coton ; Abbevilky Lille et ses environs, Roubaix et Tourcoing qui tissent peu de cotonnades pures, mais qui filent beaucoup de coton, soit pour leur énorme fabrication d'étoffes mélangées, soit pour la vente directe des fils à coudre ou des fils destinés à être manufacturés ailleurs ; Dunkerque^ qui fait des cotonnades fortes (i), les grandes filatures A' Auchy-lès-Uesdin (Pasde-Calais) et dJOurscamp (Oise).

S*" Le groupe de Normandie, le plus important aujourd'hui des groupes français, a pour centre Rouen, où le commerce maritime a, dès le xvui" siècle, naturalisé cette industrie en y important la matière première et où se trouvait une nombreuse et active population de tisserands. Rouen fabriquait, surtout avant 1870, les fils de gros numéros elles cotonnades qui exigent le plus impérieu* sèment les conditions de bon marché. Elle a recueilli, après 1870, une partie de l'héritage de l'Alsace. Toute la banlieue de Rouen, sur le bord des cours d'eau, s'adonne au même travail : Darnetal, Deville, Sotteville, Maromme, Barentin^ Monville^ etc. Les manufactures s'étendent sur les arrond. d'Yvelot^ de Dieppe, du Havre (Bolbec^ etc.). Le dép. de la Seine-Inférieure emploie à lui seul un tiers des ouvriers et près d'un tiers des broches de l'industrie cotonnière (2).

Dans le département de VEure sont : Badepont^ GisorSy Évreux, Pcnt'Audemer ; dans le Calvados: Orbec^ Falaise, Condé-sur-Noi-

(1) Le dép. du f^ord possédait 111,000 broches en 1818, 1,207,000 en 1873 et 1,206,000 en 1885.

(2) Des statistiques dressées à diverses époques permettent d'indiquer le progrès de l'industrie cotonnière dans la Seine-Inférieure par le nombre des broches : 98,000 en 1818, 1,000,000 en 1834, 1,500,000 en 1862, 1,409,000 en 1878, 1,055,000 en 1885 dont 1,590,000 en activité.

reau; dans VOrne: Fiers, renommé pour ses coutils de tout genre, et la Ferté-Macé, A ce groupe on peut rattacher la Mayenne {Laval, etc.), qui fait des articles communs, principalement pour rexportation aux Antilles, et les fabriques de Seine-et-Olse et d'Eure-et-Loir.

4® Cholet est le centre d*un groupe particulier dans lequel la pratique du tissage du lin a conduit à celui du coton, et qui s'étend jusqu'à Nantes et à la Vendée.

5® Le groupe du Lyonnais, où l'industrie cotonnière remonte au -xvi' siècle, a pour centre Tarare, ville connue depuis le xvui® siècle pour ses tarlatanes, ses gazes, ses belles mousselines et ses broderies ; remploi du métier Jacquart a beaucoup contribué à la fortune de ce groupe. Ville franche et TAizy (Rhône), surtout Roanne, dont le développement récent a été considérable, en sont pour ainsi dire les annexes et fabriquent des cotonnades communes, à raies et à carreaux.

A ce groupe on peut rattacher l'importante fabrication des grivats ou toiles de Vichy, tissées dans les campagnes de YAllier.

6** Toulouse est, dans la région du sud-ouest, une des rares villes possédant des filatures de coton, industrie ancienne et peu florissante.

Cette industrie existe aussi, faiblement développée, dans les dép. du Jura^ des Basses -Pyrénées, ainsi que dans celui des Bouchesdu'Rhône où elle date du xvn* siècle.

Entre tous ces groupes est situé Paris, le principal marché de France, où sont expédiés la plupart des produits de l'industrie cotonnière. Paris, dans ses murs ou dans les communes de sa banlieue, Clichy, Puteaux, etc., tissait et surtout blanchissait et apprêtait. Cette industrie s'est déplacée; Thaon, dans les Vosges, et Troyes absorbent aujourd'hui l'apprêt de presque toute la fabrication.

Peintes, soit à la main avec des planches enduites de couleur, comme on le pratique pour la gravure sur bois, soit à la mécanique à l'aide de cylindres gravés, les étoffes de coton sont dites quelquefois 0 indiennes », quelquefois aussi < perses», quand elles sont destinées à l'ameublement, plus ordinairement toiles peintes, Rouen, avec sa banlieue, a la spécialité des toiles peintes à bon marché : naguère Mulhouse et Paris avec sa banlieue [Clichy, Puteaux) avaient le monopole des toiles peintes de luxe, dites nouveautés, pour vêtement et pour ameublement. Aujourd'hui, la banlieue de Paris {Clichy, Puteaux et même Claye) concourent encore à cette production, qui s'est considérablement développée à Rouen, Épinal et Troyes

Saint'Qumtin, Tarare et Paris sont particulièrement renommés pour leurs apprêts.

299. liM tlMvs de chftMTre, «ellM et de Jvte. — Le chanvre et

le lin sont des fîbres textiles indigènes. Aussi, durant les siècles qui ont précédé le nôtre, le chanvre ou le lin et la laine servaient-ils seuls à vêtir la très grande majorité de la population françsdse ; le linge était alors plus rare qu'aujourd'hui. Nous en usons beaucoup plus, et, malgré la grande quantité de cotonnades que nous produisons, nos champs ne fournissent pas assez de lin et de chanvre pour notre consommation : il est vrai que cette culture est en déclin (§ 214). La raison géographique de l'industrie linière est la culture du lin et du chanvre. Lorsque chaque famille de paysans, pour ainsi dire, faisait elle-même sa toile, chaque maison devait récolter ses textiles dans son jardin. Les cotonnades et la manutention du lin et du chanvre en manufacture ont changé ces habitudes de la vieille France ; mais l'industrie est à peu près demeurée à la même place, en s'y concentrant. En 1789, on importait déjà du lin et du chanvre pour 6 à 8 millions de livres, et on estimait à une valeur de 200 millions la valeur totale de la production. Napoléon !•' favorisa l'industrie linière par haine du coton que les navires anglais importaient ; cependant la filature mécanique du lin, inventée par un Français et appliquée en Angleterre, ne se répandit en France que sous le règne de Louis-Philippe. En 1840, il n'y avait encore que 57,000 broches h filer ; en 1856, il y en avait 500,000; en 1869, 753,000; en 1873, 716,000; en 1885, 610,700. Le nombre des métiers mécaniques était de 600 en 1851, de 17,000 en 1873, de 17,800 en 1885; mais, entre 1873 et 1883, le nombre des métiers h bras était tombé de 60,000 à 22,800. Quoique ces chiffres, relevés par la statistique officielle, ne méritent qu'une médiocre confiance, ils attestent néanmoins, depuis une vingtaine d'années, un déclin de l'industrie linière. Parmi les causes de ce déclin, il faut citer, outre la concurrence redoutable du coton, la diminution de la marine à voiles qui employait beaucoup de toile. Cependant l'importation des matières premières, qui avait augmenté beaucoup, surtout pour le lin, de 1853 à 1870, a augmenté encore à travers les variations annuelles^, quoique dans une proportion bien moindre, depuis 1870 (voir fig. 180). En 1886, cette importation était de 109 milliers de tonnes (plus de 31 pour le jute, 15,5 pour le chanvre et 62,5 pour le lin), valant 78 millions (11 pour le jute, 13,5 pour le chanvre et 53,5 pour le lin).

Gomme valeur totale de la production de cette industrie, Ghaptal donnait 234 millions en 1818; Legentil, 434 en 1860; M. Block, 300 en 1874. Malgré la diminution considérable des prix, elle nous semble pouvoir être estimée à 500 millions au

moins (1). La valeur de Timporlation de fils et tissus h*a pas beaucoup varié depuis trente ans; l'exportation, que la crise cotonnière de 1860-1866, puis la reprise des affaires en 1872 avaient favorisée, a diminué de moitié depuis 1875 (voir ûg. 181).

Avec le chanvre et le lin on fait des cordages, du fil, de fortes toiles àvoîles, destoîles grossières d'emballage, du linge de corps, du linge de table, uni ou damassé, des tissus fins, comme la batiste, de la dentelle. Le lin est préféré pour les tissus délicats ; les étoupes ou résidus des lins et chanvres peignés sont employées pour les tissus communs.

On tisse aussi, dans les qualités inférieures, diverses fibres exotiques qui sont loin d'avoir les qualités du chanvre, le jute, le phormium; le china-grass vaut mieux que le lin pour certains emplois, mais l'usage s'en développe très lentement.

L'industrie linière est exercée surtout dans la région du nord et du nord-ouest, où la culture du lin et du chanvre est le plus répandue ; elle y forme cinq groupes (voir fig. 182).

1* Le groupe de Flandre doit ses fabriques à l'importance de la culture du lin; l'industrie de la toile y est très ancienne. Ce groupe a pour centre principal Lille, qui file et tisse dans presque tous les genres, fait du fil à coudre, de la toile de ménage, de la toile bleue, des articles à bon marché. Lille est entourée de fabriques très importantes: Armentiôres, Marqueitet Pérenchies, Rouhaix, Tourcoing, Hcdluin, Houplines, Comines, Bailleul, Merville. Dans le dép. du Nord, qui possède à lui seul les trois quarts des ouvriers et des machines de cette industrie, on trouve encore, mais avec un cachet particulier, Dunkerque^ qui fait les toiles à voiles, Valenciennes, Douai et Cambrai, qui fabriquent des toiles fines et des batistes pour la lingerie. Lille et Dunkerque sont, avec Amiens, les seules villes où la fabrication des tissus de jute ait quelque importance.

2" Le groupe de Picardie et à' Artois, qui est aussi très ancien, renferme Boulogne, où l'on file le lin, Hesdin et Frévent (Pas-de-Calais); Abbeville avec la filature de Pont-Reiny, Hallencourt et Airaines, DouUens, Amiens et la vallée de la Somme, qui font des tissus grossiers, toiles à sacs, toiles de jute, toiles pi-

(1) Ainsi, la Commission des valeurs de douane évaluait le kllog. de toile écnie à 6'r,60 en 1875 et à 3 francs en 1886; le kilog. de lin teille à lfr,36 et 0'r,99. La comparaison des deux courbes, quantité et valeurs du lin (fig. 180), depuis 1870 principalement, donne une idée de cette baisse des prix. En fixant à 3 francs le kilog. manufacturé (ce qui est peu), on trouve 555 millions pour 185 milliers de tonnes.

cardes ; Saint-Quentin^ renommé pour la fabrication du linge damassé ; Chauny (Aisne), connu pour ses treillis.

Le lin est la matière première la plus employée dans ces deux groupes. Les dép. qui possèdent le plus de broches sont le Nord

d*abord, puis la Somme et le Pas-de-Calais ; c'est celui du Nord qui compte le plus de métiers.

3"" Le groupe de Normandie et Maine, qui compte un grand

nombre de marchés fréquentés, dont le plus important est le Mans, fabrique de grosses toiles; dans presque toutes les campagnes delà Mayenne et de laSarthe, les deux départements de France qui, après ceux du nord, possèdent le plus de métiers à toile, on tisse des toiles qui sont vendues au Mans^ à Lavai et à Mayenne ; à Mamei^Sy Fresnay^ la Ferlé-Bernard (Sarthe), la Ferté-Macé (Orne), etc. Fécamp fabrique des toiles; le Havre, des cordages. Les marchés principaux de la Normandie sont : Saint Lô^ Lisieux, Aiençon, Fiers, Mortagne et Vimouliers (Orne), qui font de belles toiles pour draps et serviettes ;

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Fig. 1812. — Carte de rindustrie liDière.

Vire, où Ton tisse des coutils pour ameublement ; Bernay, renommé pour la qualité de son lin.

¥ Le groupe d'Anjou comprend Angers, Ckemillé et Cholet; cette dernière ville est le centre le plus important de la fabrication des mouchoirs.

S"" Le groupe de Bretagne (Finistère, etc.) fait surtout des toiles fortes qui alimentent les marchés de Rennes, Nantes, Saint- Mato, Dinan, Loudéac, Quintin (Côtes-du-Nord), Morlaix, Landerneau (Finistère) fournit des fils et des toiles.

Le chanvre est la matière première la plus employée dans ces deux derniers groupes.

On fait des cordages dans tous les grands ports. Les villes où cette industrie est le plus active sont: Angers, le Havre, Cherbourg, Brest, Bordeaux.

Hors de la région du nord et du nord-ouest, le tissage de la toile est encore pratiqué dans certaines campagnes pour la consommation des habitants, particulièrement dans les Cévennes, le Berri, le Nivernais, sans donner lieu à un commerce notable ; quelques régions cependant travaillent pour le commerce, telles que le Jura, les Vosges, où Saint-Dié et Géradmer fabriquent pour Paris ; le Béam ei Panissières (Loire), qui font du linge damassé; Tonneins (Lot-et-Garonne) et Bayonne qui produisent des cordages pour la marine de la Gascogne; Voiron (Isère) dont les toiles sont estimées, et en général le Graisivaudan où le chanvre abonde.

Paris avec sa banlieue, qui est le plus grand marché pour la vente des toiles, n*est pas un lieu important pour leur production.

300. liM lalBAf^s. — La laine est de toutes les fibres textiles celle qui se prête à la plus grande diversité de mains-d'œuvre et qui donne les tissus les plus variés. I^ matière première elle-même se classe en qualités très différentes, depuis la laine commune des moutons solognots jusqu'à la fine laine des mérinos : les unes n'étant bonnes qu'à garnir des matelas, les autres servant à tisser les étoffes fines. On la file de deux manières et on en fait, soit de la laine peignée, laquelle est composée de brins longs, rendus par l'action du peignage parallèles entre eux et lisses, soit de la laine cardée, qui est composée de brins courts, mêlés par l'action des cardes de manière à donner un ûl hérissé de poils, dont les aspérités enchevêtrées rendent le tissu plus compact. La première sert à faire les étoffes rases et les étoffes mélangées, comme le mérinos; la seconde, à faire les étoffes feutrées, comme le drap.

Dans la même catégorie rentrent les poils de chèvre dits mohair, les poils d'alpaca, etc., très fréquemment employés aujourd'hui.

On distingue aussi plusieurs genres de tissus de laine, dont les deux principaux sont les tissus ras, mérinos, popeline, serge, damas, tartan, velours d'Utrecht, etc., et les tissus feutrés ou draps, comprenant le droguet, étoffe grossière qui était le type le plus ordinaire de la fabrication aux siècles passés, le drap proprement dit, plus ou moins fin, le Casimir, le satin de laine, les étoffes à grands poils, etc. Les premiers sont simplement tissés comme le chanvre et le coton ; les seconds, après le tissage, doivent être foulés entre des cylindres et avec des matières savonneuses ou alcalines pour les dégraisser et en même temps pour les rétrécir en les pénétrant, puis

passés aux laineries à chardons qui font ressortir les poils, enfin tondus. Les flanelles forment un genre intermédiaire, fabriqué

avec des laines cardées et légèrement foulées. Les éio/fes mélangées sont le plus souvent tramées avec des fils de laine peignée sur

chaîne de coton. Les feutres sont des laines foulées sans avoir été tissées.

L'industrie des lainages a sa raison géographique dans Texistence des troupeaux de moutons (livre VI, § 246 et suivants). Autrefois la plupart des femmes filaient et tissaient la laine de leurs moutons ; dans les régions où la matière première abondait, le produit devenait un objet de commerce. Du temps des Romains, la fabrication du drap était déjà florissante à Rouen et à Auras, Au xiii" siècle, la première de ces deux villes importait des laines de Caslille et d'Ecosse et exportait ses draps au loin. Lille au nord et Montpellier au sud n'étaient pas moins prospères. Ces quatre villes étaient redevables de leur fortune aux moutons du pays de Caux, delà Flandre et du Larzac; quand ceux-ci ne leur suffirent plus, ils firent venir de loin le complément de leur matière première. Au xvii'^ siècle, la Flandre^ quoique ses fabriques eussent beaucoup perdu pendant les guerres, la Picardie ^ la Haute-Normandie {Rouen, Elbeuf^LouvierSy etc.), Reauvais^ \sLChampagn€{ReimSySedan^etc,), le Lyonnais j le Languedoc [Montpellier^ Nîmes, Lodève, etc.) avec le Gévaudan, le Berri étaient les régions qui fournissaient le plus de tissus de laine. En 1787, on estimait la production à 225 millions de livres (100 pour les draps, 100 pour les étoffes diverses, 25 pour la bonneterie). L'importation (20 millions de laines brutes et 4 de laines ouvrées) et l'exportation (4,5 de laines, 14 de draps 5,5 d'étoffes diverses) se balançaient à peu près.

L'industrie lainière, amoindrie, comme toutes les fabriques de tissus, pendant la Révolution, se releva sous l'Empire et devint, de 1815 à 1848, plus florissante que jamais. On évaluait la production à 400 ou 500 millions en 1824, et à 650 en i840; plus tard, en 1859, à 800 ou 900 millions. De grands changements s'étaient accomplis dans la fabrication. La mécanique, dont les premiers essais dataient du premier Empire, avait, vers la fin du second, presque entièrement remplacé le travail à la main dans le peignage, la filature et le tissage, et le métier Jacquart avait donné naissance à une grande variété de tissus autrefois inconnus. Le prix de la laine avait beaucoup baissé : celui de la laine indigène d'abord, de 1805 à 1848; depuis 1860, celui de la laine étrangère, et, par suite, celui, de la laine indigène, qui s'était un peu relevé, se sont abaissés d'une manière presque continue (à Texception des années 1870-1873) sous l'influence des grandes importations du Cap, de l'Australie et de la Plata : les 100 kilog. qui valaient 350 francs en 1860, sont tombés à 165 francs en 1885, avec une diminution de près de

53 p. 100 (1). Cette baisse a été favorable à la manufacture, qui s*est procuré ses approvisionnements à bon marché. Aussi l'importation, qui n'était que de 50 milliers de tonnes en 1860, s'est-elle élevée graduellement à 193 en 1886 : ce qui compense et au delà la diminution du nombre des moutons en France. En ajoutant la pro-

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Fig. 1S4. — Importation et exportation des fils et tissas de laine (1827-1886).

duction de laine indigène (53 milliers de tonnes) (2), qui forme aujourd'hui moins du quart de la consommation, et en retranchant l'exportation des laines en masse (19 milliers de tonnes), on trouve qu'il restait, en 1886, 227 milliers de tonnes pour alimenter les fabriques nationales (200 millions d'après la Commission des va-

(1) La baisBe des tissus a été beaucoup plus considérable. Le prix de la façon du mètre de mérinos (105 centimètres de largeur avec 10 croisures ou 52 duites au centimètre) était de 16 francs en 1808, de l'r,45 en 1879 et l'r.ie en 1886. Le mètre de mérinos, d'après la valeur estimée par la douane, valait 47 fr. le kilogr. en 1827, 25 fr. en 1860 et 10",^5 en 1886. La façon du kilog. de fil de laine valait 32 francs en 1808, 16 francs en 1826, 1^^,20 en 1886; le kilogramme de fil de laine valait W'.Zb en 1827, 11^^,92 en 1860 et 7'',80en 1886. Cependant le salaire des ouvriers s'était élevé de V^^bO en 1808 à 5 francs en 1886; l'emploi des machines a été lu cause principale de ce double changement.

(2) L'année 1886 a été relativement favorable; l'année 1883, la plus faible jusqu'ici, n'a donné que 35 millions. Cependant l'année 1860 avait donné (60 millions) plus que 1886.

leurs de douane ; aucun pays n'en consommait alors autant) : ce même total n'était que de 152 en 1874. La production totale de riudustrie lainière que Ton évaluait, peut-être avec quelque exagération, à 1,200 millions de francs en 1878 (dont 854 millions consommés en France et 346 environ exportés) peut être hypothéliquement portée h 1 milliard, y compris la valeur des tissus mélangés dans lesquels la laine domine), en 1886 la Commission des valeurs de douane ne donne que 800 millions), année où l'exportation totale a dépassé 500 millions (voir fig. 183 et i84).

Le nombre des broches actives indiqué par V Annuaire statistique publié par le ministère du commerce était de 3 millions en 1885, celui des métiers mécaniques actifs de 43,300 et celui des métiers à bras de 30,000; en 1847, on comptait (sans Paris) 1,257,000 broches et 38,500 métiers mécaniques.

On compte sept groupes de fabrication de lainages :

1® Le groupe du nord date de l'antiquité ; on connaît le vieil adage du moyen âge : « Toute Flandre est fondée sur draperie ».Il comprend plusieurs subdivisions très distinctes : dans le département du Nord, qui compte à lui seul aujourd'hui la moitié des broches (1,577000, broches actives) et des métiers de France, Roubaix, dont la fortune, très modeste au début, a commencé au xv* siècle malgré les protestations des tisserands de Lille, et Tourcoing qui font, surtout pour vêtements d'hommes et de femmes, des étoffes mélangées de coton, de laine et de soie désignées sous le nom de « nouveautés »; Cambrai, le Cateau qui appartient à la grande industrie, Fourmies et Sains travaillent la laine peignée et pratiquent avec succès le tissage du mérinos; dans Y Aisne, Saint- Quentin et Guise excellent dans les tissus légers; dans le Pas-de-Calais est Frévenl ; dans la Somme^ Amiens, dont les « maîtres sayeteurs » étaient renommés au moyen âge, fait les velours d'Utrecht, les popelines et les tissus de nouveauté; Abbeville était autrefois une de nos plus grandes fabriques de draps.

A ce groupe on peut rattacher l'établissement de Crèvecœur, la ville de Beauvais et Mouy (Oise), importante fabrique de draps d'ameublement. Dans ce groupe, à l'exception d'Abbeville et de Mouy, on ne travaille que la laine peignée.

2'' Le groupe de Normandie, concentré principalement dans la Seine- Inférieure et Y Eure, a pour principale fabrique Elbeuf , qui fait la draperie dans tous les genres, surtout la draperie de nouveauté; Louviers est l'émule d'Elbeuf, mais ces deux villes, surtout la seconde, ont beaucoup perdu depuis 1875. Lisieux, Caudebec (Seine- Inférieure) ont la spécialité des gros tissus drapés; Rouen, où le tis-

sage de la laine remonte à Tantiquité, possède celle des tissus mélangés; à Pont-Authon (Eure) se trouve une des plus grandes filatures de la région. Le Calvados, surtout Firc, file et tisse la laine ; Saint'Lô fabrique des droguets. Ce groupe, dans lequel le travail de la laine cardée domine, s'élend sur Seine-el-Oise.

d"" Le groape des Ardennes (dép. des Ardennes et de la Marne) a pour principaux centres Sedan Sivec Itéihel^ Mouzon, Château-Porcien (Ardennes), Reims avec presque toutes les communes de son arrond., Boult-sur-Suippe, Bazancourt^ Pont-Faverger, etc. Sedan,

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Fig. t85. — Carte de l'industrie lainière. (Indication sommaire de l'importance de l'industrie par département, d'après VAnnnaÀre ttatist'tque de la France) (I).

qui était réputé fournir les draps les plus beaux et les plus fins de France, ne conserve qu'avec peine une partie de son ancienne réputation. Reims, si^ge le plus important de la fabrication des flanelles et des tissus ras dans les genres les plus variés et surtout des mérinos, produit pour plus de 100 millions.

4** Dans le groupe de Test, nous ne conservons qu'une partie des fabriques de la Lorraine, Nancy surtout, qui fait de gros draps. Nous n'avons plus Bischwiller^ Sainte-Marié-aux-Mines ^ Guebwiller,

(1) Les renseignemeDts fournis au ministère du commerce paraissent incomplets pour certains départemenls et ne donnent qu'une idée approximative de la répartition de l'industrie lainière.

Mulhouse. Cependant l'industrie est active dans les Vosges et le Territoire de Bel fort.

5® Le groupe de Flsère, ayant pour centre Vienne, avec Romans et Dieulefit (Drôme), produit en grande quantité des draps à bon marché (souvent mélangés de coton) pour pantalons et paletots.

6^ Le groupe du Languedoc, où Findustrie des draps est très ancienne, comprend un grand nombre de fabriques, dont quelquesunes sont très importantes et dans lesquelles on fabrique, eti général, des draps à bon marché : dans le Gard, Nîmes, qui faisait autrefois beaucoup d'étoffes pour ameublement, de reps et tapis de table, et Sommières ; dans THérault, Lodève, qui fait des draps pour l'armée, Bédarieux, Saint- Pons; dans l'Aude, Carcassonne; dans le Taniy le plus important des dép. de ce groupe, Mazamet, une des plus actives fabriques du Midi, qui produit des draps de fantaisie et des étoffes à poiL Ccistres *qm fait des cuirs de laine, et Burlats; dans la Lozère, Mende, Langogne et toute la montagne qui fabriquent des serges.

On tisse aussi des draps dans VAriège et YAveyron où cette industrie est en progrès.

A ce groupe on peut rattacher Marseille^ qui, recevant les laines importées, les lave, les peigne et les distribue aux manufactures du Haut et du Bas-Languedoc.

7^ Le groupe de Centre^ ou plutôt les fabriques disséminées dans le centre de la France, comprend Limoges qui tisse des étoffes communes pour la consommation des campagnes, flanelles et droguets, Châteauroux^ Romorantin^ qui font des draps pour l'habillement des troupes. Tours, Orléans qui a conservé la spécialité des couvertures. Dans cette région, le Berri, particulièrement Bourges qui donna son nom aux « bourgeteurs », avait une importance qu'il a perdue.

Plus au nord. Se lies-sur- Cher (Loir-et-Cher), fabrique aussi pour l'armée.

Rappelons, en terminant, que cette industrie a ses trois premiers groupes dans les départements qui élèvent le plus de moutons : Aisne et Somme, Seine-Inférieure et Eure, Marne; le sixième groupe se trouve le long des cours d'eau situés au pied du Massif central, qui nourrit aussi une grande quantité démontons (§246).

Au centre de ces groupes est Paris, qui, dans ses murs ou dans sa banlieue, et principalement à Puteaux, teint, apprête lui-même et dirige en partie le tissage des autres groupes.

301. jLes ehfties. — Les châles peuvent être rangés dans la calé-

gorie des lainages, parce que la laine est la matière la plus employée à leur confection. Les plus beaux sont faits avec le cachemire, c'est-à-dire avec le duvet de certaines chèvres du Tibet; on fabrique aussi des châles de soie, et, dans les articles communs, on mélange le coton à la laine.

La production, qui employait naguère 3,000 métiers, avait une valeur d'environ 15 millions; mais la mode a changé et cette fabrication est presque nulle aujourd'hui. Les châles autres que le tartan et le crêpe de Chine constituent un tissu broché h Taide du métier Jacquart et du battant brocheur ou de la navette à la main.

Paris fait tous les genres et a le monopole des riches cachemires qu'il fait exécuter à PuteauXy à Saint^Denis^ en Picardie^ à Bohain (Aisne), etc. Le Nord {le Cateau, Cambrai),!' Aisne {Saint-Quentin) et Reims tissent les tartans. Lxjon fait les châles de qualité moyenne ; Nîmes fabrique encore en petite quantité des châles à bon marché dont les procédés de tissage se sont beaucoup améliorés depuis vingt ans.

302. lies tapis. — Aux lainages se rattachent aussi les tapis, qui dépendent de l'ameublement, mais que nous mentionnons ici ainsi que les tentures et autres étoffes qu'emploient les tapissiers, aûn que toutes les branches du lissage se trouvent réunies; les tapisseries sont destinées à servir de tenture et à être appendues aux murailles; les tapis, à être étendus sur le plancher. Les premières sont des tissus ras, dits de « haute lisse » quand ils sont, comme aux Gobelins, tissés sur des métiers perpendiculaires, et de « basse lisse » quand ils le sont sur des métiers horizontaux, comme on le pratique dans les autres fabriques. Les tapis sont parfois des tissus ras à chaîne de coton ou de lin et à trame de laine qu'on tisse sur des métiers simples, comme les serges ou les satins ordinaires. Le plus souvent les tapis, dits moquettes, sont des tissus du genre des velours. Sur un tissu de fond à chaîne et trame colon ou lin, des fils de chaîne supplémentaires en laine évoluent au-dessus du tissu en s'alla chant à chacune de ses duites, et garnissent ainsi le tissu de ce revêtement laineux, plus ou moins haut, tantôt bouclé, tantôt velouté, qui lui donne son caractère. Dans ce dernier cas, c'est en tranchant et en égalisant les évolutions émergentes de ces fils de garnissage, que l'on forme les pompons du velours. Si le dessin du tapis est à plusieurs couleurs, il faut toujours une ou plusieurs mécaniques Jacqnarl pour choisir, parmi les fils de garnissage celui qui est de la couleur voulue. Les merveilleux lapis des Gobelins, comme les tapis rudimentaires de Perse ou d'Orient, sont le résultat d'un gar-

nissage fait à la main (en même temps que l'on passe les duites en coton), avec la laine de couleur voulue pour chaque place ; ce garnissage est fait suivant le point dit sarrasinois, par lequel chaque pompon du velours est attaché par un nœud coulant aux fils du tissu de fond, ce qui donne à ces tapis leur grande solidité.

L'État possède deux grandes manufactures de tapisseries et de tapis, celle des Gobelins^ k Paris, et celle de Beauvaisy qui ne travaillent pas pour le commerce, mais qui lui fournissent ses plus beaux modéles-

AubiLsson et Felletin (Creuse) et les fiibriques de Beauvais travaillent pour le commerce dans les mêmes genres. Amiens et Abbeville font des tapis de pied; Nîmes, Roubaix, Lyon, Tours, des tapis de pied et de tenture ; Tourcoing, des moquettes.

303. liM soieries. — C*est principalement dans le bassin du Rhône quon élève le ver à soie; c'est aussi dans cette région quest concentrée, èi peu d'exceptions près, la fabrication des soieries, industrie textile qui produit, les tissus les plus élégants. Ces tissus, très divers, comprennent deux genres très distincts : l**les étoffes, à savoir : les étoff'es unies ou rayées, taffetas et autres, qui se fabriquent au métier simple, et qui sont le plus souvent aujourd'hui le produit du tissage mécanique; les étoffes façonnées^ c'est-à-dire présentant des dessins compliqués ou des couleurs variées, qui ne peuvent être exécutés qu'avec la mécanique Jacquart ; les foulcu'ds, foulards unis et foulards imprimés ; les gazes pour vêtement ou pour bluterie et les crêpes; les velours unis qui se fabriquent maintenant à la mécanique en deux pièces superposées, les velours épingles qui exigent le travail à la main par les fers, les velours mixtes qui, comme les magnifiques velours dits de Gènes, constituent une fabrication spéciale, très compliquée, ayant des traits de ressemblance avec celle des tapis dits moquettes; 2° les rubans, à savoir les rubans unis ou façonnés, les lacets et la passementerie. Les étoffes brochées d'or et d'argent pour les églises forment un sous-genre particulier.

Après le dévidage des cocons, la soie grège reçoit diverses préparations avant d'être livrée au tisserand. Elle est moulinée, c'està-dire doublée et tordue de manière à former soit la trame, fil qui sert à tramer, soit l'organsin, fil plus résistant qui sert à faire les chaînes. Elle est retordue pour faire du cordonnet, du fil à coudre, de la passementerie. Enfin elle est teinte. Les déchets du dévidage et de la filature forment la bourre de soie. L'industrie de la soie a eu pour centres, au xvi* siècle, Lyon et

TourSf parce que Télevage du ver à soie avait été importé en France pendant les guerres d'Italie et que le mûrier avait réussi dans la

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vallée du Rhône, et en Touraine où résidaient souvent les rois. <i U n'y a ville pour ce jourd'hui en chrétienté, écrivait Thibault

le Pleigney en 1541, où il se fasse tant de draperies de soie que en la dicte ville et faux bourgs de Tours. » Cette ville avait déjà beaucoup décliné au xvii* siècle, tandis que celle de Lyon, en faveur de laquelle les rois avaient presque exigé en monopole le commerce de la soie, avait prospéré et avait poussé des rameaux jusqu'à Saint'Chamond et Saint- Etienne^ où la corporation des rubaniers date de 1665. La fabrique lyonnaise se développa au xvni' siècle jusqu*au temps où la mode des toiles peintes fit une rude concurrence aux soieries et surtout aux grands ramages. Le

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