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A 863 II

La production industrielle est inégalement répartie sur notre territoire. Les industries s'y groupent eu obéissant principalement à deux attractions de nature différente :

1« Les industries extractives sont nécessairement fixées par '* constitution géologique du sol; c*est pourquoi on trouve les exploitations de mines dans le voisinage des terrains primaires, VosgeSr Alpes, Pyrénées, et sur les flancs du Massif central; les exploita-

lions de minerais de fer, principalement dans les terrains jurassiques; les exploitations de carrières, dans divers terrains, selon la nature

des matériaux, surtout dans les ietrains jurassiques et tertiaires.

Les industries qui emploient des matières premières encombrantes

se fixent de préférence près des lieux qui produisent ces matières,

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Les haïUs fourneaux^ les forges^ les fabriques de poterie et de verrericy consommant une quantité considérable de combustible, obéissent & ce genre d'attraction et se trouvent pour la plupart dans le voisinage des houillères; pendant plus d*un demi-siècle, elles ont tendu à s*y concentrer de plus en plus ; mais, depuis quelques années, les perfectionnements de la fabrication ont amené un changement dans la situation des industries métallurgiques qui recherchent la proximité du minerai. Quelques établissements sont situés près des forêts. Certaines fabriques et manufactures 6e portent soit du c6té où le combustible est à bon marché, comme beaucoup d'industries dans la Flandre, soit du c6lé où existe la matière première, comme les tissages de lin, les fabriques de sucre dans la région du nord, les savonneries en Provence, les usines de cuivre dans certains ports, soit du côté où les cours d'eau fournissent la force motrice, comme dans les vallées de la Lorraine.

Ces diverses attractions peuvent être dites attractions naturelles.

2^ Les industries manufacturihes, dont les matières premières ne sont pas encombrantes, se portent souvent de préférence là où elles trouvent les plus faciles débouchés ; c'est pourquoi Paris, le plus grand foyer de la consommation française, réunit dans son enceinte ou dans sa banlieue tous les genres de production manufacturière.

Une industrie très importante suscite h. côté d'elle d'autres industries, parce qu'elle leur fournit un débouché ou parce qu'elle stimule le génie des habitants : c'est ainsi que Y Alsace fait des machines, tisse la soie, et que l'industrie du lin en Flandre a donné naissance à celle du coton.

Ces attractions peuvent être dites attractions sociales.

Selon Tinlensité de ces causes, isolées ou réunies, on rencontre une très grande activité industrielle dans toute la région du nord et du nord-ouest, N^rd, Pas-de-Calais, Somme, Seine-Inférieure, Eure,Seine-et'0'se, Seine, Oise, Aisne, Ardennes, Mai*ne, où la plupart des industries, principalement les industries métallurgiques et textiles, sont exercées ; une grande activité dans le nordest, où sont principalement l'industrie du fer et Vindustrie cotonnière; une grande activité dans la région du Rhône, que bordent les houillèi^es du Creusot, de la Loire et d'Alais, où sont Lyon et Marseille, et qui comprend généralement les dép. de Saône-et- Loire ^ Rhône, Loire, Isère, Ardèche, Gard, Bouches-du-Rhône; une activité moins variée dans le B rri et le Mvernais, où l'on fait du fer et des poteries, et dans la région de la Basse-Loire; une industrie peu développée dans la région du sud-ouest, quoique Bordeaux soit un

centre important; une industrie presque nulle dans le Massif central, Limoges excepté, dans les Alpes et les Pyrénées^ dans la Corse et dans les plaines de la France centrale.

La contribution des patentes fournit le moyen de vériûer approximativement la répartition des forces productives de Tindustrie française. Les départements dans lesquels cette contribution dépassait 1 fr. 50 par tète d'habitant, en 1888, étaient :

En première ligne, la Seine (8 fr. 44);

En seconde ligne, les Bouches-du-IUiône (4 fr. 28), le Rhône (4 fr. 10), la Gironde (3 fr. 58), la Seine-Inférieure (3 fr. 21), les Alpes-Maritimes (3 fr. 09), le Nord (2 fr. 78), la Marne (2 fr. 54);

En troisième ligne (de 2 fr. 50 à 1 fr. 50), le Pas-de-Calais, la Somme, YOise,V Aisne, lesAi^dennes, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, le Calvados, le Loiret, ÏAube, qui complètent le groupe du nord; la Loire-Inférieure et Y Indre-et-Loire dans le bassin inférieur de la Loire; à Test, Meurthe-et-Moselle, le Tet^itoire de Bel fort, le Doubs, la Côte-d^Or; plus au sud, la Loire qui appartient au groupe lyonnais; le groupe méditerranéen qui, outre deux départements déjà cités, comprend le Var, Vaucluse, le Gard et YHérault, et dans le bassin de la Garonne, la Haute-Garonne. En 1880, avant la loi du 16 juillet 1880 qui a réduit le taux des patentes, YEure et Ylsh'e figuraient parmi les départements où la moyenne dépassait 1 fr. 50 (1).

(1) La moyenne par tèto s'élevait à 9 fr. 41 pour le départemcnl de la Seine.

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