VI PRÉFACE
A la géographie économique, trois livres : L'agriculture et la péchcy L'industtie^ Les moyens de transport et le commerce. La populalion appartient à cette partie aussi bien qu'à la précédente.
Paris devait être, à cause de son importance, Tobjet d'une étude spéciale : un livre lui est consacré.
Quelque plan qu'adopte un auteur, il ne saurait décrire un grand pays, comme la France, sans fractionner son sujet dans une suite de chapitres ou de tableaux. La division par régions, provinces ou départements, qui relève de la méthode synthétique, est celle qui prêterait le mieux à une description pittoresque ; la division par matières, qui procède de la méthode d'analyse, est plus didactique. Nous avons choisi cette dernière, parce qu'elle a l'avantage de présenter sur chaque matière un ensemble clair et précis dont le lecteur aperçoit nettement toute l'étendue, en même temps qu'il saisit la relation des parties de cet ensemble entre elles. La méthode synthétique, malgré son nom, morcelé presque toujours les éléments des groupes qu'elle décrit : par exemple. Fauteur qui trsdte de la géographie physique du Massif central peut bien montrer uue certaine unité dans le relief du sol, mais il est réduit à ne prendre que des fragments de bassins en décrivant les eaux. Nous avons voulu corriger le défaut d'ensemble régional que l'on peut reprocher à notre mode de coionposition en terminant la description de la France par une partie intitulée : Résumé général des provinces et des miles. Nous y rappelons les principaux faits économiques et les localités importantes, en groupant par provinces et départements des notions éparses ou disposées suivant un autre plan dans les livres précédents.
Les livres onzième et douzième sont réservés à L'Algérie et la Tunisie, et aux Colonies et protectorats de la France.
Les développements donnés à certaines parties de La France et ueu colonies dépassent les limites de la géographie proprement dite, envisagée sous son triple aspect physique, politique et économique. Ils dépassent surtout la mesure d'un enseignement secondaire ; nous avons essayé de donner cette mesure dans nos Précis de géographie (1). Dans le présent ouvrage nous avons à dessein beaucoup emprunté à l'histoire, à la statistique et même
(1) Précis de la géographie physique^ politique et économique de la France {avec se$ colonies) 1 vol. in- 12. Ce précis, réuni an Précis de la géographie physique, politique et économique de la Terre (moins tEurope) et au Précis de la géographie physique, politique et économique de l'Europe {moins la France)^ forme notre Précis db oÉOQRAPniB oÉNftRALB, 1 gros vol, in- 12.
PRÉFACE. va
à la technologie. L'histoire, en reliant le présent au passé explique Tétat actuel des lieux habités, les changements survenus dans les circonscriptions administratives, comme dans les destinées des États. La technologie aide à comprendre les faits économiques et leur raison d*étre dans le lieu où ils se trouvent. La statistique donne la connaissance numérique d*un très grand nombre de faits sociaux ; elle seule fournit le moyen d'en mesurer importance quantitative et de la comparer dans des lieux et dans des temps divers : elle est ainsi Tauxiliaire indispensable de la géographie économique.
En' inscrivant comme sous-titre les mots Géographie et statistique, nous avons voulu indiquer les principaux caractères de l'ouvrage.
L'alliance de la géographie et de la statistique date de loin. Dès le seizième siècle, des écrivains avaient compris que seule elle pourrait procurer à la science les matériaux d'une description de i'état politique et des ressources des empires et ils avaient tenté, prématurément, de sceller cette alliance à une époque où la géographie physique était encore très peu avancée et où la statistique n'existait pour ainsi dire pas. Aussi Sansovino en Italie, I^ierre Davity en France, Conring en Allemagne n'ont-ils été que des précurseurs. Achenwall, au dix-huitième siècle, a été plus heureux ; ce n'est pas sans raison que les Allemands le considèrent comme le premier, en date, des statisticiens de l'École descriptive. De nos jours, les matériaux abondent, sans cependant être toujours suffisants pour achever toutes les parties de l'édifice, et les ouvrages composés avec ces matériaux sont nombreux.
Lorsqu'en 1867 nous avons publié notre volume intitulé : La France avec ses colonies, nous nous proposions de faire pénétrer une méthode et des notions nouvelles dans renseignement. Nous avions en vue surtout l'enseignement secondaire spécial que M. Duruy avait fondé et dont nous avions été invité, en 1863, à préparer le programme géographique, pour la seconde et la troisième année. Nous pensions que renseignement de la géographie pouvait, comme celui de l'histoire, servir au développement général de l'intelligence s'il était dirigé de manière à faire comprendre aux élèves la relation qui existe entre les phénomènes de la nature et de la civilisation et les aspects divers de la géographie.
« Il n'est pas bon, disions-nous dans la préface de cette édition, que la géographie soit réduite à une sèche nomenclature qui risque de fatiguer la mémoire sans profiter à l'esprit. La géographie doit être la connaissance exacte d'un pays, et, par conséquent.
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décrire non seulement les formes que la nature a données à ce pays, mais les richesses naturelles qu'elle y a placées, non seulement les divisions politiques que Thomme y a tracées, mais la raison d'être de ces divisions et Ténuméralion des richesses industrielles créées par le travail. La terre est le théâtre de Tactivité humaine : la conclusion d'une étude complète sur la géographie d'une contrée est donc dans les rapports de l'homme avec la terre ; et, dans le détail de cette étude, il importe que chaque nom se rattache à une idée ou soit, autant que possible, accompagné de quelque trait descriptif qui intéresse le jugement ou l'imagination.* Enseignée avec cette méthode, la géographie a le double avantage de n'être plus aride pour la mémoire et de contribuer, comme doivent le faire toutes les formes de l'enseignement, à développer le jugement des élèves. »
En 1871, M. J. Simon, ministre de l'instruction publique, voulant faire à la géographie une place plus large dans l'enseignement classique, chargea M. Himly et moi, à la suite d'une inspection générale, de préparer, avec le concours d'une commission spéciale, des programmes que le Conseil supérieur de l'instruction publique consacra en 1874. Ces programmes ont été remaniés en 1882; mais la distribution des matières et l'esprit de l'enseignement sont demeurés les mêmes.
La France avec ses colonies, rééditée et augmentée èi plusieurs reprises, dépassait déjà la limite de développement que comporte, en moyenne, l'enseignement secondaire, classique ou spécial. Car, en géographie, comme dans toutes les branches de cet enseignement, il importe beaucoup plus de bien faire comprendre à la jeunesse ce qu'on lui enseigne en lui montrant d'abord les formes du terrain et ensuite les traits caractéristiques de la géographie politique et économique que de charger sa mémoire d'une profusion de noms propres qu'un manuel ou un dictionnaire fournit au besoin. C'est pourquoi nous avons restreint ce développement en publiant le Précis de géographie physique, politique et économique de la France et de ses colonies qui est spécialement destiné aux élèves et d'où sont extraits nos manuels appropriés à l'enseignement secondaire, classique, spécial et à l'enseignement des jeunes filles.
N'étant plus astreint èi observer cette limite dans louvrage principal, nous l'avons entièrement refondu et nous le publions en deux volumes. Nous en avons développé toutes les parties; nous avons fait particulièrement une place plus large à la géographie» historique et administrative et à la gcogn'iphie économique.