LA FRONTIÈRE DE L*EST
91. li^éteadue. — La frontière orientale a une longueur de 1,160 kilomètres. Elle peut être partagée en trois sections correspondant aux chaînes de montagnes qui la couvrent, sur la plus grande partie de son étendue, les Vosges, le Jura et les Alpes.
92. lia frontière des Wohtm. — La frontière des Vosges a undéveloppement d'environ 150 kilomètres. Elle a eu des vicissitudes semblables à celles de la frontière lorraine (voir fig. 86 bis). Les traités de Westphalie (1648) nous avaient donné Y Alsace jusqu'à la Lauter et même, sur la rive droite du Rhin, Philipsbourg, que Louis XIV échangea, au traité de Nimègue, contre Pribourg en Brisgau (1679) ; par le traité de Ryswyck (1697), le grand roi abandonna toutes ses possessions de la rive droite, Fribourg, Brisach et le pont de Kebl. Le traité de Bade (1714) lui confirma la possession de la forte ville de Landauj sur la Queich, au nord de la Lauter, place occupée par nos troupes dès 1644, et plusieurs fois prise et reprise par les Allemands et les Français. La république de Mulhouse se donna à la France en 1798. Les traités de Bàle (1795) deCampo-Formio(i797) et de Lunéville (1801) avaient compris tout le Palatinat jusqu'au Rhin dans les limites de la France ; le traité de Paris de 1814 nous avait laissé Landau et tout le territoire au sud de cette ville ; celui de 1815 reporta notre frontière dans les Basses-Vosges, à peu près à égale distance entre le défilé de Pirmasens qui conduit à Landau et celui de Bitche qui débouche à Haguenau, et le long de la Lauter inférieure sur la rive septentrionale de laquelle nous conservâmes cependant Wissembourg ; Huningue^ fortifiée par Vauban, fut démantelée en 1815. La guerre de 1870-71 nous a privés entièrement de cette frontière en livrant YAhace à l'Empire allemand, qui a réuni Huningue au grand-duché de Bade par un pont et un chemin de fer et qui a enveloppé Strasbourg de douze forts.
Au nord du Domn^ les deux revers des Vosges appartiennent aujourd'hui à cet empire qui peut, pour l'attaque, non seulement concentrer rapidement des troupes par les chemins de Kaiserlautern et par la route de Pirmasens, mais qui est maître des routes et du chemin de fer de Bitche^ de toutes les routes secondaires de la montagne (la Petite-Pierre ^ etc.)f et du passage de Saverne, la grande voie de communication entre l'Alsace et la Lorraine, avec
la forteresse de Phahbourg. Mets et Strasbourg, avec leur puissante ceinture de forts, sont devenus deux camps retranchés qui menacent noire frontière nord-est et desquels deux armées peuvent s'abattre à la fois sur Nancy,
Tout le sommet du Donon et même la source de la Plaine^ affluent de la Meurthe, appartiennent h TEmpire allemand. La frontière française s'arrête k 2 kilomètres et demi à Touest de ce sommet et n'atteint qu^unpeu plus au sud la crête des Moyennes- Vosges qu'elle suit jusqu'à la hauteur de Saales. Elle traverse le col de Saafes sur la ligne de partage des eaux, rejoint Ja crête des Hautes-- Vosges au pied du Climont et, sur une longueur de 62 kilomètres en droite ligne, elle suit cette crête jusqu au Ballon d'Alsace. Elle descend de là par un contrefort des Vosges (Barennopfy etc.) et par la plaine onduleuse du Sundgau entre les eaux qui vont au Rhin par 1'/// et celles qui vont au Doubs depuis le ruisseau de Saint- Nicolas, L'Empire allemand s'est réservé les deux versants du seuil de Valdieu (trouée de Belfort) et le cours inférieur du petit ruisseau de la Louvre lui appartient, quoiqu*il soit affluent du ruisseau de Saint-Nicolas.
.\ucun chemin de fer jusqu'ici ne traverse cette partie des Vosges; mais plusieurs pénètrent de la vallée de l'Ill jusque vers l'Bxtrémité des profondes vallées alsaciennes, et faciliteraient les préparatifs d'une armée qui voudrait franchir la crête pour entrer en Lorraine. D'autres, en Lorraine, pénètrent dans les vallées occidentales et serviraient pour la défense de la France. Des routes carrossables rendent le passage praticable pour toutes les armes. Au nord, la route du Donon{de Raon-rÉlape à Schirmeck d'une part, et d'autre part à Sarrebourg, deux voies qui se réunissent sur le territoire allemand), celle du col de Frayez, la petite routé carrossable qui relie Senones à la route du Donon, la route de Senones à Saint- Biaise, celle du col de Saales qui conduit de Saint-Dié à Saales et de là dans la plaine d'Alsace ou à Schirmeck (à Saales convergent cinq chemins, celui de la ferme des Braques, les deux chemins de la Grande-Fosse à Saales, la route de Saint-Dié et le chemin de Cotrey-la-Grande), la route de Provenchhes à Velle par le Haut du Repos, la route de Saint-Dié à Sainte-Marie-aux-Mines, la route du col du Bonhomme, de Plainfaing à la Poutroye (Snierlach en allemand), débouchent sur Saint-Dié, dans le bassin de la Meurthe. Au centre sont la route de la Schlucht, qui conduit de Gérardmer à Munster, le chemin du col de Bramont, conduisant du village de la Bresse dans la vallée de la Thur, la roule de Ventron à Krttth
LA PRAKCB. 2.H
(vallée de la Thur) par le col de Froide-Fontaine, la route du col de Bussang qui, de Bemiremont et Saint-Maurice y conduit aussi dans la vallée. La route de Saint-Maurice à Giromagny et à Belfori longe la frontière, mais en restant sur le territoire français. i\u sud, depuis la route de Rougemont à Massevatix, jusqu'au canal du Rhône au Rhin, on compte huit chemins carrossables qui traversent la frontière et dont deux, ceux de Belfort à Cemay et de Bel fort à Alfkirck, sont de grandes routes. Le chemin de fer de Paris à Mulhouse traverse la frontière entre les deux Montreux^ Montreux-Château en France, et Montreux- Vieux (ait MUnsterol) en Alsace-Lorraine. Les chemins de la vallée méridionale convergent sur Belfort, place fortifiée par Vauban et le général Haxo et célèbre par son héroïque défense de 1871. Belfort protège seul le passage si souvent forcé que la nature a laissé entre les Vosges et le Jura,
C'est en manœuvrant autour des Vosges, de Saverne à Belfori, que Turenne (voir page 321) a fait pour la défense de T Alsace sa dernière et plus belle campagne ; mais il avait pour point de départ ses campements d'Alsace et il était maître de la seule route praticable qui traversât alors les Vosges, le passage de Saverne. Aujourd'hui, les routes qui traversent la chaîne auraient de Fimportance en cas de guerre ; mais il ne faut pas oublier qu'en outre la crête des Vosges est presque partout accessible à des fantassins et que les armées allemandes, maîtresses des deux versants des Vosges septentrionales, peuvent sans obstacle tourner la chaîne sans avoir besoin de forcer les passages.
Les défenses de cette frontière au pied des Vosges consistent dans les forts d'Ëpinal {Dogneville, Longchamps, Bazimont, la Mouche^ Giraucourtt etc.), qui gardent la Moselle et donnent la main aux défenses de Toul, dans les forts des monts Faucilles {Arches, Parmont, liupt, Château-Lambert, Ballon de Sei^ance) et dans Belfort, qui n'est plus aujourd'hui qu'à 11 kilomètres de la frontière et qui a dû être garni d'une imposante ceinture de forts voisins de la place [mont Salbert, mont Vaudois, Boppes, Hautes et Basses-Perches, Bosmont) ou avancés à Giromagny, à Mont-Bari, à Lachaux, au Lomont;\à passage est rendu par là difficile à une armée envahissante. Derrière cette première ligne se trouve la forte position de Langres enveloppée d'une ceinture de forts {Beauchemin, etc.) et destinée à arrêter sur son plateau l'ennemi à l'entrée du bassin de la Seine.
93. Ia froatière du «iara. — La frontière du Jura s'étend sur
une longueur de 290 kilomètres, depuis le seuil de Valdieu jusqu'au Rhône. Elle a moins varié que la frontière du nord. La Saône avait été de ce côté la limite assignée par le traité de Verdun au royaume de Charles le Chauve ; mais en réalité la limite n'atteignait la rivière que du confluent de Tiémanee jusqu'au-dessous de Mâcon. Le Lyonnais se trouvait dans la part de Lothaîre ; il resta avec le Forez (1) sous Tautorité souveraine des comtes-archevéques de Lyon jusqu'au jour où ceux-ci cédèrent leurs droits au roi de France Philippe le Bel (1307-1310). Le comté de Chalon devint, par échange en 1237, possession des ducs de Bourgogne, dont l'autorité s'étendit ainsi au delà de la Saône sur la Bresse ch&lonnaise. En 1601, au traité de Lyon, la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex^ jusque sur la rive du lac de Genève, furent cédés à Henri IV par le duc de Savoie en échange du marquisat de Saluées. En 1678, par le traité de Nimègue, Louis XIV acquit la Franche-Comté qu'il avait deux fois conquise et qu'il occupait depuis 1674. En 1793, le comté de Montbéliardy possession de la maison de Wurtemberg, qui avait déjà fait partie du royaume de France de 1676 à 1697, fut occupé par l'armée française, ainsi que la ville et le territoire de Porrentruy, qui dépendaient de l'évéché de Bàle. En 1814, la France perdit Porrentruy et, en 1815, la rive du lac de Genève.
Aujourd'hui la frontière du Jura qui, avant la perte de rAlsace, conunencait au nord de Bâle, commence h Montreux, à l'ouest de la petite rivière de la Largue^ l'affluent le plus occidental de l'Ill, contourne le territoire de Porrentruy, en suivant de l'ouest à l'est sur une longueur de 15 kilomètres la crête du Z^mon^, traverse le Doubs à une quinzaine de kilomètres au 8ud*ouest du mont Ter^ rible^ puis, à 3 kilomètres plus au sud, rejoint cette rivière et la remonte jusqu'au lac des Brenets. Depuis ce lac jusqu'à sa source, les deux rives du Doubs sont françaises et la frontière suit, à 4 ki« lomètres environ au sud de la rivière, une des crêtes du Jura, du col de Boches jusqu'au Gros-Taureau. Elle incline ensuite presque directement vers le sud, en traversant la vallée des Verrières ixxsqne dans le voisinage du mont Suchet, passe par le sommet du mont d*Or et la crête du Bisoux^ traverse la vallée de YOrbe, et suit le pied du Noirmont dont la France a cédé à la Suisse (1862) quelques pâturages en échange d'une partie de la vallée des Dappes (dont elle possédait une autre partie depuis 1811) située sur la route du col de la Faucille. Au delà de cette vallée, elle traverse la crête
(I) Le Forez ne fut réuni au domaine qu'en lô3T«
principale du Jura au sud de la Dôle, laissant ainsi sur le territoire français les plus hauts sommets de la chaîne. Elle court ensuite en serpentant entre le pied de la chaîne et le lac de Genèye et atteint le Rhône à 8 kilomètres en amont du fort de V Écluse. Le Tpayz de Gex, qui est sur le revers oriental du Jura, reste, par stipulation des traités de 1814 et de 1815, en dehors de la ligne des douanes françaises. La chaîne est entièrement traversée par le chemin de fer de Dijon h Neuchâtel par Pontarlier et les Verrières. Plusieurs autres chemins de fer la coupent en partie : ce sont ceux de Montbéliard à Porrentruy, de Neuchâtel au Locle, de Lausanne à Vallorbe ; au sud, le chemin de fer de Lyon à Genève remonte, à partir de Ctdoz (Ain), la vallée du Rhône. Plusieurs cols (voir § 19) ont des routes carrossables, presque toutes encaissées sur divers points dans des gorges profondes dites « cluses ».
Le Jura, avec sa pente rapide sur l'Aare, avec ses lignes de crêtes et de creuses vallées parallèles à la frontière, présente des facilités particulières pour la défense. On peut le tourner au nord par Bàle ou le franchir parla routeide Porrentruy que ne défend pas le château de Blamont, trop éloigné. Le fort deJoux et le fort du Larmontf placés des deux côtés du chemin de fer en avant de Pontarlier et à la jonction avec la route de Jougne, défendent incomplètement la principale porte de la France de ce côté ; derrière eux est Salins et, dans une boucle du Doubs, Besançon, dont les fortifications étaient devenues impuissantes contre Tartillerie moderne, mais que de nouveaux ouvrages, Montfaucon, Patente, Chailluz, Châtillon^ Planoise, etc., ont de nouveau rendu redoutable. Le petit fort de la Chaille et le fort des Housses^ devenu insuffisant depuis qu'il peut être dominé par Tartillerie à longue portée, défendent le col de Satnt'Cergues;lQ fort de V Écluse^ que Ton a comparé à un nid d'aigle construit sur un des contreforts inférieurs du Jura et qui était avant 1860 sur la frontière, commande la gorge du Rhône; sa reddition, en 1813, ouvrit la route de Lyon aux Autrichiens. Les ouvrages de Pierre-Châtel, situés à rextréinilé d'un long couloir qui laisse à peine assez de place pour le fleuve, la route et le chemin de fer, défendent imparfaitement ie passage du Rhône au pont de la Balme,
Derrière celte ligne que couvre sur toute son étendue la neutralité de la Suisse, au confluent de la Saône et du Rhône, se trouvent Dijon, avec sa ceinture de forts, et Lyon, avec ses nombreux forts détachés. Ces deux positions constituent en quelque sorte Tarrière-garde des défenses de Test, comme Paris forme Tarrière-
garde de celles du nord. La valiéc du Rhône et Genève, clef du Jura méridional, sont en quelque sorte les avant-postes de la position militaire de Lyon.
94. lia frontière des Alpes. — La frontière des Alpes a une longueur de 720 kilomètres. Elle commencé sur le Rhône au sud de Chancy, contourne le canton de Genève et touche, au confluent de YHermance, la rive méridionale du lac de Genève qu'elle longe jusqu'à Saint-Gingolph sur une longueur de 55 kilomètres ; depuis le déQlé de Saint-Gingolph, elle suit la crête orientale des Alpes du Chablais, sépare la Savoie du Valais et rejoint la crête du Mont-Blanc au mont Dolent en laissant la Vallomne ou haute vallée du Trient à la France et en passant par le col de Balme; de là, elle suit la grande ligne de faite des Alpes, Mont-Blanc, Alpes Graies, Alpes Co//iônnc*, jusqu'au point où elle rejoint le Var, à la cuna di Testa Rognosa. De là elle descend sur la Tinée, coupe les vallées et les montagnes en laissant les deux versants de la crête à ritalie. Elle passe par la Cime du Diable; elle traverse une première fois la Roya, dont le cours moyen est français sur les deux versants de son étroite vallée, et la traverse de nouveau, au-dessous de Breily en laissant à Tltalie les deux versants de son cours inférieur; suivant la crête d'un des contreforts de la chaîne, elle se termine sur la Méditerranée au ravin sur lequel est jeté le pont Saint-Louis.
La France du moyen âge a d'abord eu les Cévennes et le Rhône pour frontière de ce côté. La guerre des Albigeois donna à la royauté le Vivarais avec le Bas-Languedoc; des cessions et héri* tages lui valurent le Dauphiné (1343-1349), le Valentinois et le Diols (1419), la Provence (1481). La France a longtemps possédé, avec Pignerol (1535-1574, 1630-1697) et Saluées (1564-1588 et 1601, 1633-1713), une partie des vallées piémontaises. Elle a été maîtresse de la Savoie de 1534 à 1559, de 1628 à 1630, de 1704 à 1713, de 1792 à 1814 et 1815. Depuis 1860, il y a en Savoie deux zones dont Tune est complètement exempte des droits de douane et dont l'autre l'est en partie.
De 1713, époque où la vallée de Bmxelonnette fut cédée par le duc de Savoie à la France en échange des petites vallées piémontaises, jusqu'aux conquêtes de 1792, puis de 1815 à 1860, cette frontière quittait le Rhône au confluent du Guiers, coupait le massif de la Grande-Chartreuse et traversait la vallée de Y Isère entre Montmélian et ChapareUlan; après avoir suivi le cours inférieur du Bréda, le cours du Bens,. son affluent, et la crête des Grandes- Rousses, elle.
gagnait la ligne de faite des Alpes au mont Thabor et la suivait jusqu'au pic de YEnchastraye. Laissant alors en dehors la vallée supérieure du Var, elle traversait deux fois ce fleuve, au-dessuB el au-dessous d'Entrevaux^ et rejoignait sa rive droite au confluent de VEstéron pour lasuivre jusqu'à la mer. La cession de la Savoie et d'une partie du comté de Nice (circundario de Nice) par le traité de Turin (1860) nous a donné la frontière actuelle.
C'est une région puissamment défendue par la nature. Cependant, malgré les obstacles qu'opposent les torrents, les neiges et les montagnes, les armées y ont maintes fois passé, depuis l'époque gauloise jusqu'à Napoléon ; les cob du Petit Saint-Bemardy du mont Cenis, du mont Genèvre, de Tende, de Cadibone, et même des cols moins accessibles, comme celui de Larche, ont livré passage aux envahisseurs de l'Italie plus souvent qu'aux armées pénétrant d'Italie en France. C'est que la largeur du massif des Alpes à Touest de la ligne de faite, l'étroitesse et les sinuosités des vallées divergeantes rendent de ce c6té l'invasion pénible sur un territoire ingrat et la défense facile, tandis que les courts contre-forts des Alpes piémontaises conduisent promptement, conune des rayons convergents, dans une riche plaine traversée par la ligne du PA. Aussi l'invasion de la France par les Alpes, dans les temps modernes, n'a-t-elle réussi ni au connétable de Bourbon (1524), ni à Charles-Quint (1536), ni au prince Eugène et aux Austro-Sardes (1707-1711), ni h Mêlas (1799), ni aux Autrichiens (combat de Saint-Julien près du Salève en 1814). En 1815, deux divisions, sous les Ordres de Suchet, défendirent ces passages contre 150,000 ennemis. Aujourd'hui le chemin de fer, qui, par la vallée de l'Arc {Maurienne), le tunnel du Fréjus et la vallée de la Doire Ripaire, réunit la France à l'Italie, et la tactique ont modifié quelque peu les conditions de l'attaque comme celles de la défense. L'Italie, en cas de guerre (cas qui serait un malheur pour les deux peuples), aurait l'avantage de la position dans les Alpes Maritimes où elle s'est réservée les deux versants de la crête; elle aurait aussi l'avantage, pour la défensive, de pouvoir avec une seule armée surveiller les passages convergents dans la plaine du Piémont.
La partie septentrionale de cette frontière, couverte par la hauteur des montagnes, par la neutralité de la Suisse et par la ligne du Haut-Rhône et du Jura, n'a pas besoin de forteresses ; Albertville est au débouché de la route du Petit Saint-Bernard. Les forts d^Aussois (ancien fort de ïEsseillon^ etc.), près de Modane, et celui de Chamouiset au confluent de l'Arc et de l'Isère, veillent sur le
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débouché de la roule du mont Cenis et du tunnel du chemin de fer. Mais les forts italiens bâtis au col même dominent la route. Le fort Barraux et Grenoble^ dont on a fortifié les montagnes voisines, gardent la vallée du Graisivaudan, Sur la route du mont Gen^vre, le long de la Durance, sont échelonnés Briançon et ses forts {Mont-Dauphin aujourd'hui déclassé), Sisieron (Embrun est déclassé) ; un peu plus à Test, le fort de Toumoux^ la Seyne et surtout le fort Saint-Vincent gardent la route de Digne au col de Larche ; la ligne du Var et de la Roya est défendue par Entrevaux, Villefranche, Nice et ses forts détachés. A l'arrière-garde sont Toulon et Marseille.