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LA FRONTIÈRE DU SUD

95. La frontière des Pyrénéei. — La frontière de Pyrénées a un développement d'environ 570 kilomètres. Les limites delà France de ce côté n'ont pas varié depuis le traité des Pyrénées (1659). La frontière commence sur la Méditerranée au cap Cerbère; elle suit la crête des monts Albères jusqu'au Perthus, puis la crête des Pyrénées orientales proprement dites jusqu'au delà du Puigmal; elle traverse la Sègre dont la vallée supérieure, dite Cerdagne française, nous appartient, mais sans que la route qui, en France, franchit le col de la Perche, continue à être carrossable en Espagne. Elle rejoint ensuite la crête des Pyrénées orientales au pic Nègre, sépare la France du val d'Andorre (vallée supérieure de la Valira) jusqu'au pic de Médecourbe, suit la même crête jusqu'au Pont-du- Roi où elle traverse la Garonne, h sa sortie du val d'Aran (qui de 1812 à 1814 avait été réuni à la France), atteint au pic de la Mine la crête des Pyrénées occidentales et la suit jusqu'à la forêt d'Iraty qui est française, quoique située dans le bassin de l'Èbre, tandis qu'un peu plus loin le val Carlos, situé dans la vallée de la Nive et conduisant au col de Ronce vaux, est à l'Espagne. Au pic de Lohiluz, avant le col de Vélate, elle abandonne complètement la crête des Pyrénées, court au nord, puis serpente vers Touest, à travers les montagnes du Pays basque, et atteint la Bidassoa qu'elle suit jusqu'à la mer.

Par le traité de Verdun (843) la frontière française s'étendait jusqu'aux Pyrénées et au delà (comté de Barcelone). Le Roussillon, qui resta longtemps une possession de la maison d'Aragon et dont

]es habitants ont des liens étroits de parenté avec les CSatalans, a été définitivement acquis à la France en 1659 par le traité des Pyrénées. Quelques rectifications de détail ont été faites à cette frontière par trois conventions signées avec TEspagne de 1860 à 1870.

La frontière des Pyrénées est mieux défendue encore par la nature que celle de Alpes. Dans toute la partie centrale de la chaîne, sur une longueur de près de 400 kilomètres, les passages sont inaccessibles h une armée, même à une voiture, surtout du côté de l'Espagne.

C'est toujours aux deux extrémités que, depuis les temps d'Annibal et de Charlemagne jusqu'aux guerres de l'Empire (voir § 39), ont eu lieu les invasions du nord au sud ou du sud au nord. C'est là que sont les forteresses. A l'est sont Pigueras et Gérone en Espagne ; en France, Belkgorde et la redoute du Perthus au Perthus, Prats-de-Mollo, le fort Lagarde et Fort-ks-Bains sur le Tech, Montlouis au col de la Perche avec Vilkfranche pour arrièregarde, et, derrière cette double ligne, Perpignan dans la plaine. Cette frontière fut envahie (1793) par les Espagnols, qui s'établirent au Boulou, mais qui furent chassés en 1794 par Dugommier.

A l'ouest sont le château de Lourdes y le Portalet ou fort dHJrdos qui garde la route inachevée du Somport, avec Navatreins au débouché des montagnes. Saint-Jean-Pied-de-Port garde le col de Ronce vaux et Bayonne, avec la citadelle de Saint-Esprit ^ surveille la seule route importante, celle qui côtoie la mer. Du 7 octobre 1813 au 10 avril 1814, Soult a défendu pied à pied cette frontière, de la Bidassoa k Toulouse, contre l'armée anglo-espagnole de Wellington.

IIP COTÉ.

96. I4« c6te de la lléditerraMée. — Les apports de la mer et les

atterrissements des fleuves ont modifié la cùte de la Méditerranée, et des poris autrefois florissants, Illiberis (Elne), Maguelone, Aiguës^ Mortes, sont actuellement des ruines ou des villes du moyen âge aujourd'hui déchues. Cependant Narbonne, quoique tombée, a encore une certaine importance. La côte de la Méditerranée fut longtemps exposée aux incursions des pirates barbaresques et des Sarrasins qui, pendant plus d'un siècle (890-993), occupèrent le Fraxinet, aujourd'hui la Garde-Freynet, et qui ont laissé leur nom aux monts des Maures, Aigues-Mortes communiquait au moyen âge avec la mer par le canal Viel qui n'était pas ensablé ; saint Louis l'acheta en 1248 et s'embarqua pour sa première croisade au grau Louis

l'histoire et la politique. 3f»3

ou grau du Roi^ à Textréinité méridionale de ce canal. Le duc de Bourbon et Charles-Quint prirent Toulon qui n*avait pas alors Timportance militaire que lui donna plus tard Louis XIV. En 1744, une double escadre espagnole et française eut à livrer combat à une escadre anglaise en sortant de Toulon, En 1707, les Anglais bombardèrent cette ville pendant que le prince de Savoie Tassiégeait par terre, mais sans pouvoir s'en emparer; en 1793, ils occu* pèrent la Corse et Toulon qui leur avaient été livrés; c'est en enlevant le fort La Malgue qui commandcdt la rade et en les obligeant par cette manœuvre à une retraite immédiate, que Bonaparte commença à se signaler. Toulon, situé au fond d une double rade, dominé en arrière par les forts et les batteries du Faron, est notre grand port militaire de la Méditerranée. Villefranchè, Antibes, Vile Sainie^â/arguerite et les iles d'Hyêres, à Test de Toulon, sont fortifiées, ainsi que Saint-Tropez; à l'ouest, quelques fortifications défendent les approches de Marseille et la rade de Cette, nos deux principaux ports de commerce sur la Méditerranée. CoUioure et Port-Vendres, au pied des Pyrénées, ont une enceinte fortifiée que soutiennent les forts Saint^Élme et Dugommier. Bastia, Corte, Bonifacio, sont les principales défenses de la Corse,

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