V COTÉ
97. lift e6ie de l'Atlantique. — Bayonne défend l'entrée de l'Adour, ainsi que le passage des Pyrénées. La côte des Landes est, par sa nature inhospitalière, à l'abri d'une attaque. Le fort Médo€,]e fort Pâté et Blaye défendent les approches de la Garonne et de la Dordogne. A 15 kilomètres de l'embouchure de la Charente est Rochetort, un de nos grands ports militaires, créé sous le régne de Louis XIV. Un peu plus au nord est la Rochelle, plusieurs fois assiégée et prise durant les guerres de religion. Le siège de la Rochelle (1627-1628), précédé de la délivrance de l'Ile de Ré, dont les Anglais s'étaient emparés, à l'exception des forts de Saint'Martin et de la Prée est l'événement le plus mémorable de l'époque dans cette région ; pour fermer l'avant-port aux Anglais, Richelieu fit construire une digue composée de deux môles ne laissant qu'une étroite ouverture à leur point de jonction, et garnie d'une forte artillerie, contre laquelle échoua l'attaque de deux flottes anglaises. Cette partie importante de nos côtes est gardée aujourd'hui par les forts et les batteries de l'Ile de Ré^ de l'Ile A'Oleron, de l'île d'i4t3r, de l'Ile Madame et du continent,
Les forts Mindin et de la Ville-Martin protègent l'entrée de la Loire et le port de Nantes. Noirmoutier et le Palais dans Belle-Isie sont fortifiés. Lorient, un de nos ports militaires de TAtlantique, est situé au sud de la Bretagne, au confluent du Scorff" et du Blavet; la ville doit son nom (1721) à. la Compagnie des Indes-Orientales qui s*y était établie ; elle est protégée par plusieurs forts et par la ville de Port-Louis^ qui doit son nom et ses remparts à Louis XIIL
Cette côte, habitée par les marins du Bordelais, de la SaintoDge et de la Bretagne, a été souvent le théâtre de luttes navales, depuis Tépoque où César battait les Venètes.
Durant la guerre de Cent ans, la flotte franco-castillane fit éprouver, en vue de la Rochelle, une grande défaite à la flotte anglaise (1372). En 1759, une flotte française, partie de Brest, fut battue par les Anglais devant Belle-lsle, et Tlle tomba au pouvoir des vainqueurs (1759). En 1795, après une victoire remportée près de la même lie, les Anglais débarquèrent dans la presqu'île de Quiberon un corps d'émigrés que Hoche détruisit en vue de Tescadre qui l'avait amené. En 1809, une escadre française fut vaincue par les Anglais dans la rade de Vile d'Aix.
A Textrémité de la Bretagne est Brest, qui fut longtemps au pouvoir des Anglais pendant la guerre de Cent ans, mais qui ne devint un de nos grands ports militaires qu'après avoir été fortifié par Vauban ; des forts et des batteries défendent la rade de Brest et la presqu'île du Conquei. A la hauteur de Tile d'Ouesson/, le 27 juillet 1778, la flotte française, commandée par le comte d'Orvilliers, eut avec la flotte anglaise un engagement qui n'aboutit pas à une bataille générale; en 1794, Villaret-Joyeuse, chargé de protéger l'entrée d'un convoi de blé, parvint h ouvrir aux bâtiments de transport un passage jusqu'à Brest, mais perdit la plus grande partie de son escadre dans une lutte inégale.