‹ La France et ses coloniesChapitre 80 sur 120 · S.JEM · texte numérisé non relu

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Fi(f. 04. — Instractioii des conscrits, des époux et des épouses.

Nota. — La courbe du nombre des élèves (de 2,000,000 à 5,517,000) est an bas de la figure; elle commence à Tannée 1837; celle des conscrits (de 42,1 à 89,7) commence en 1927; celles des époux (de 69,1 à 86,4) et des épouses (de 53,3 à 78,1) commencent en 1854 (Voir mwàtèr^ de rinttrvetionpubliquet ttatistiqw de renseignement primaire).

Jura, Doubs, Temtoire de Belfort (i illettré sur 100 conscrits), Hérault, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Haute-Marne, Meuse, Hautes- Pyrénées, Haute-Savoie, Rhône, Ain, Seine, Côte-d'Or, Ardennes, Isère, Seine-et-Marne, Aube, Hautes-Alpes, Yonne, Savoie, Eure-et-

Loir, Seine-et'Oisey Marne, Calvados, Manche, Haute-Saône, Orne, Basses-Alpes, Cantal, Saône-et- Loire, Oise^ Aveyron, Vaucluse, BoucheS'du' Rhône, Tam-et-Garonne, Lozère, Puy-de-Dôme, Deux- Sèvres, Creuse, Drôme, Aude, Loiret, Loire, Maine-et-Loire, Var. Tous les départements de la région du nord-est sont compris •dans cette catégorie.

Les 30 départements dans lesquels le nombre des conscrits illettrés varie entre 10 et 20 sur 100 : à savoir, presque toute la région 4u nord et du nord-ouest. Nord, Pas-de-Calais, Aisne, Somme, Eure, Seine-Inférieure, Mayenne, Loir-et-Cher, Sarthe, Indre-et-Loire, Ille-et-YUaine, Loire-Inférieure; une partie de la région du sud-ouest, Vendée, Charente, Charente-Inféneure, Gironde, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Gers, Basses-Pyrénées, Haute- Garonne, Pyrénées-Orientales, Ariège; et presque toute la région du sud-est et du centre, Haute-Loire, Vienne, Ardèche, Gard, Alpes- Maritimes, Cher.

Les 9 départements dans lesquels le nombre des conscrits illettrés dépasse 20 pour 100, et qui sont en général des pays pauvres ou montagneux : la Bretagne, avec trois de ses cinq départements, Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan; une portion du Massif central et de la plaine du centre, Nièvre, Allier, Indre, Haute- Vienne, Corrèze, la Dordogne et les Landes; enfin la Corse (i ).

3* Religion, Le sentiment des devoirs de Thomme envers Dieu, •envers lui-même et envers ses semblables est une cause puissante

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Population |)«9 Cultes (1872)

Fig. 95. ^ Population par cultes.

de moralité, quand l'homme porte ces sentiments profondément gravés dans son cœur. La religion fortifie ce sentiment dans les iîdées sensibles et enseigne, comme la philosophie, à aimer et à pratiquer ces devoirs.

En France, d'après le recensement de 1872, le dernier qui fasse

(1) Moyenne générale, 133 conscrits illettrés sur 1,000 pour la classe de 1885.

LA. POPULATION. 437

mention du culte, on ne comptait que 50,000 Israélites qui habitaient surtout la Lorraine^ le Doubs, Paris, Bordeaux, Marseille, Bayonner Lyon, Nice et Avignon, L'Alsace en comptait beaucoup. Ce nombre, qui était probablement alors inférieur à la réalité, a dû augmenter depuis cette époque.

Les protestants étaient au nombre de 580,000, dont la grande majorité appartenait au calvinisme (église réformée). Les régions où ils sont le plus nombreux sont la Franche-Comté, où domine rÉglise luthérienne (confession d'Augsbourg), le midi [Languedoc — 124,000 dans le département du Gard — et Guyenne) ; Vest [Dauphiné, Savoie), où domine la confession calviniste; Youest [Deux- Sèvres et Ckarenie-Inféneure), où Ton trouve les deux communions ainsi que dans la Seine.

Les catholiques étaient au nombre de 35,387,000.

En résumé, sur 10,000 Français, la statistique enregistrait em moyenne 9,800 catholiques, 160 protestants et 15 Israélites, plus 25 personnes sur lesquelles elle ne fournit pas de renseignements*.

112. Une coBcInslon snr la population. — La Gaule, pluSgrande que la France, n'avait peut-être pas, il y a vingt siècles, plusde 5 millions d'habitants qui vivaient pauvrement et, en grande partie, presque à Fétat sauvage. La difficulté qu'ils avaient de se nourrir les poussait à émigrer fréquemment, de même que l'impuissance où ils étaient de défendre leur sol les exposait eux-mêmes à de fréquentes invasions ; 80,000 hommes suffirent à César pour les conquérir, malgré leur bravoure. Aujourd'hui, sur un territoire moindre ayant les mêmes qualités naturelles et le même climat, 38 millions' d'habitants vivent dans une abondance relativement plus grande qu'autrefois, produisant, possédant, consommant plus de choses utiles ou agréables à la vie. La terre leur fournit une nourriture variée, et approvisionne en grande partie leurs industries de combustible et de matières premières; le commerce y ajoute les produits de toutes les parties du monde. Sous le rapport matériel et intellectuel, ils sont dans une condition bien supérieure à celle des anciens Gaulois et même à celle des Français du moyen âge, bien qu'au commencement du quatorzième siècle la population fût devenue nombreuse. Ils doivent ces avantages non pas à la nature, qui a très peu varié, mais à la civilisation, c'est-à-dire aux progrès que l'homme a accomplis sur lui-même en s'instruisant et en améliorant les conditions du gouvernement et de la vie sociale, à ceux qu'il a faits dans l'art de connaître et de tournera son profit les forces de la nature et à l'accumulation des capitaux qu'il a fixés sur le soL

Il reste cependant encore beaucoup à faire, non seulement parce que les générations successives ont en tout temps de grands et continuels efforts à accomplir pour conserver et pour améliorer Tétat présent, mais parce que la France a particulièrement besoin, depuis les revers de 1870, de réparer ses forces ; de les accroître par la pratique sincère de la liberté, par le sentiment du devoir, par le respect de l'autorité et de Tordre, par Famour de la patrie et de la famille et par Tapplication au travail.

Entre la nature et l'homme, il y a des rapports nombreux et étroits ; le climat^ la composition et retendue du sol, le régime des eaux, la configuration des côtes exercent, comme le montrera la suite de cet ouvrage , une influence considérable sur C agriculture , Vindustrie et le commerce. Mais Thomme fait plus encore que la nature. Sous un climat et sur un sol donnés, un pays vaut surtout par sa population; la population elle-même vaut par son intelligence et sa moralité, par sa force productive, c'est-à-dire par son travail et ses capitaux qui sont le fruit épargné du travail ; elle vaut aussi par le bon ordre social, qui contribue à la formation des forces productrices et qui en permet le libre développement.

Nous avons étudié dans les quatre premiers livres la nature (sol et climat) et l'homme (histoire et politique, population). Il nous reste, pour connaître la France, à étudier successivement la manière dont les Français administrent le territoire et la population les richesses qu'ils tirent du sol par la culture et l'élevage, celles qu'ils doivent à l'industrie extractive, celles qu'ils produisent par les industries manufacturières, les voies de communication qu'ils ont établies pour rendre le sol plus habitable et l'exploitation des richesses plus facile, le commerce par lequel ils échangent entre eux les produits de leur agriculture et de leur industrie, ou étendent leurs relations avec l'étranger jusque dans les contrées les plus lointaines de la Terre.

Nous terminerons cet ouvrage par l'élude des pays que la France possède hors d'Europe.

LIVJRE CINQUIÈME

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