L'AGRICULTURE
Gharentes où l'on fabrique le Cognac, le Saumur angevin, le Vouvray tourangeau. Dans l'est, la Champagne produit
des vins mousseux et sucrés qui attestent autant l'habileté de la vinification que celle du travail agricole des vignerons. On en exporte 25 à '-'A) millions de bouteilles par an. La Lorraine et le pays du Jura onl linéiques crus d'une bonne réputation locale.
La maladie du phylloxéra a ravagé les vignobles français à partir de 1875 : mais à force de sacrifices et de science, on est parvenu à enrayer le fléau ou à reconstituer graduellement les vignobles perdus. La France a 2 millions d'hectares de vignobles produisant 30 à 40 millions d'hectolitres en moyenne. Mais aucune production n'est peutêtre plus variable d'une année à l'autre que celle «lu vin. L'année 1903, marquée par un été pluvieux et froid, n'a guère donné que 25 à 30 millions d'hectolitres: en 1904, après un bel été ensoleillé, nos vignerons n'auront pas récolté moins de 50 millions d'hectolitres d'un vin d'une valeur rare.
Les arbres fruitiers donnent au peuple français un notable appoint d'alimentation. Dans nos Alpes, dans nos Pyrénées, dans le Massif central, on récolte des châtaignes pour une cinquantaine de millions par an : les récoltes de noix dan- le Périgord, la Saintonge, le Limousin et le Poitou, contribuent beaucoup à nourrir les populations agricoles. Les pommiers et les poiriers sont en grand nombre dans nos provinces de l'ouest, Normandie, Bretagne, Anjou, Poitou. Maine et Perche : chaque, année, avec les pomme- h les poires on fabrique 12 à 15 millions d'hectolitres. Nos provinces du sud-est ont pour elles les orangers et les citronnier*. Mais pour celte production, comme pour relie de Volivier, la France doit faire appel à l'Italie et à l'Espagne, et, fort heureusement, depuis quelques années à l'Algérie-Tunisie où l'on soigne de mieux en mieux les fruits.
Cultures industrielles. -- La France a de nombreuses cultures industrielles, dont quelques-unes d'ailleurs, comme la betterave et le houblon, sonî en même temps des cultures alimentaires. Notre principale richesse dans cette catégorie, est la culture de la betterave, plante qui se complaît dans les pays de chaleur moyenne, humides et dans
un sol riche et meuble : c'est donc le privilège il»' nos pays du nord, l'Aisne, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et l'Oise. Au cours des dernières années, la France a récolté jusqu'à 150 millions de quintaux métriques de betteraves. Par malheur une législation internationale faite à Bruxelles est intervenue pour restreindre notre liberté d'accorder îles primes d'exportation à nos nationaux.
Les plantes textiles, lin et chanvre, ne donnent plus que des récoltes valant une trentaine de millions; on reçoit les fibres textiles à trop bon marché de l'étranger, notamment de la Russie, pour continuer en grand sur notre sol cette culture qui n'est plus très avantageuse.
Le mûrie)- est l'arbre caractéristique de nos pays du sud-est; on sait que ses feuilles nourrissent les vers à soie.
Le houblon, qui sert à la fabrication île la bière, est cultivé en Flandre, en Lorraine et en Bourgogne. La culture du tabac ne se fait en France qu'avec la permission de l'État qui a le monopole de l'achat et de la vente des feuilles : les pays de Guyenne et de Gascogne, puis la vallée moyenne du Rhône ont les plus beaux champs de tabac.
L'élevage du bétail. — La France, qui a beaucoup de pâturages '2 millions et demi d'hectares . «le prairies naturelles (5 millions d'hectares), et de prairies artificielles (S millions), est un riche pays d'élevage du bétail. Elle possède des races remarquables de gros bétail d'espèce bovine, en Flandre, Normandie, Bretagne et Limousin. Ses chevaux normands ou anglo-normands, bretons sont laineux. Lu revanche, l'élevage du petit bétail, surtout îles moulons, est en décroissance depuis qu'un meilleur entretien des pâturages et des prairies permet d'y substituer le gros bétail qui rapporte beaucoup plus. La France a l 'i millions d'animaux d'espèce bovine. :! millions de chevaux, 20 millions de moutons.
La chasse et la pêche. — Il ne faut pas s'étonner que la chasse soit devenue une ressource assez précaire dans mitre pays où il y ;i tanl et de si belles cultures, puisque le gibier est l'ennemi du cultivateur. Toutefois le gibier
tué chaque année représente une valeur d'une quarantaine de millions.
La pêche maritime et fluviale csl une bien autre ressource, bien qu'elle donne lieu souvent à un gaspillage effréné et à une véritable destruction remplaçant l'emploi rationnel. La pêche côtière fait vivre sur notre littoral les familles de 70000 pêcheurs montant 23 000 bateaux. De plus en plus, grâce à la rapidité du transport de la marée, l'afflux des produits de la mer se fait aisément vers les grandes villes de l'intérieur, h' ostréiculture, si bien entendue à Gourseulles, à Cancale, à Marennes et à Arcachon, ajoute une quinzaine de millions au produit de la pèche côtière.
Enfin nos ports de Dunkerque, Fécamp, Dieppe, Paimpol, etc., armeril pour la pêche lointaine, notamment pour la pèche de la munie. On estime que le produit annuel de toutes les pèches marines de France est d'au moins 100 millions. La mise en valeur des parages maritimes de nés colonies pourrait ajouter beaucoup à ce chiffre : de la Tunisie pourraient nous venir d'excellentes conserves, et c'est pourquoi l'on a essayé d'y acclimater des familles de pécheurs bretons.