LA DÉFENSE OU TERRITOIRE
Pans par la Marne, jusqu'à Verdun, dont les dix-neuf forls 1res puissants bari'ont le passage de la Meuse et les défilés de l'Arcfonne, en se reliant, du reste, à Toul par une série complète d'ouvrages. En avant de ce système, se dressent les citadelles détachées qui font la sécurité de Nancy (Boiirlémonf, Pagny, Manonvillicrs, Froiinrd,. Vers l'Ardenue, Monlinédij, Loiujwij, Mézières et son forldes Ayvelles, llocroy, Hirson, continuent cette «econde ligne et gardent soit la route du Chiers, soit les avancées de celles de la Meuse. En troisième ligne, Rciins, entre la Marne et l'Aisne^ écarte le danger d'une marclio rapide sur la capitale.
Frontière belge. — La Belgique, comme la Suisse, peut donner à l'ennemi la tentation de passer en territoire neutre pour nous mieux surprendre. Et, dans ces régions de plaines où aucun obstacle naturel n'arrête une armée, on a substitué les fortifications nouvelles aux vieux remparts, très décoratifs maisnullemenl adaptés aux nécessités de la guerre moderne, qu'avait élevés Vauban. La grande place de Mauheuye constitue, avec le Quesnoy, la partie essentielle de la défense du Nord. Elle est complétée par Coudé, avec les forts de la Scarpc, qui protègent le barrage de Mortagne, et le fort de Curgies, près de Valenciennes. En seconde ligne, on se heurterait à Lille, à Dunkerque et ses ouvrages de Gravelines et Bergues, à Calais. Laon, qui masque le passage de l'Aisne à l'Oise, la Fère, qui se dresse au-dessus du massif de Sainl-Gobain, ferment, de ce côté, l'accès de la région parisienne.
Défense de Paris. — Mais une triste expérience ayaot révélé que l'enceinte de Paris et ses forts approchés ne mettaient pas la grande ville à l'abri d'une attaque organisée avec les engins à longue portée, l'enceinte fortifiée est désormais condamnée à disparaître. Les forts approchés (Vincennes, Ivnj, Châtillon, Mont-Valérien, etc.) ne serviront plus que de casernements. Cette ligne insuffisante est remplacée par des forts détachés entourant Paris à distance assez grande et chargés d'empêcher l'établissement d'un blocus en règle. Ce sont, vers l'est, Champigny, Villiers, Chelles, Noisy ; vers le nord, Vaujours, Montmorency, Cormeilles ; vers l'ouest, Villeras, Saint-Cyr, Verrières, Palniseau, Villeneuve. Le chemin de fer de Grande-Ceinture relie entre eux ces ouvrages, hérissés d'artillerie.
Les défenses actuelles de la France ne sont pas seulement destinées à arrêter les premières tentatives de l'ennemi. Ce sont des camps retranchés où des armées entières peuvent se réfugier, se reformer en cas de défaite, pour reprendre l'offensive au moment choisi. Ce sont les éléments de manœuvres savantes et compliquées dont nos chefs militaires ont le seci*et, qu'ils
élaborent depuis de longues années avec une ardeur et une intelligence admirables, et en lesquelles nous devons avoir confiance. Mais aujourd'hui plus que jamais, à la suite des formidables progrès balistiques qui diminuent de beaucoup l'importance des ouvrages défensifs, la meilleure forteresse est une armée disciplinée et nombreuse, grâce à laquelle la France est en état de ne supporter ni outrage, ni diminution de force ou de prestige.