II. — Frontières maritimes
Vue d'ensemble. — La mer, favorable aux surprises et aux attaques les plus variées, puisque l'ennemi est plus libre que sur terre de choisir le point où il portera son effort, est d'abord surveillée, au large de nos côtes, par les bâtiments de haute mer, cuirassés d'escadre, croiseurs, avisos, canonnières. De véritables citadelles mobiles, les garde-côtes cuirassés, sont d'excellents instruments de défense. Fortement blindés, offrant peu de prises au tir de l'ennemi, puisqu'ils sont très ras sur l'eau, pouvant, grâce à un déplacement médiocre, serrer la côte de près, ils sont munis d'une artillerie formidable. Ils sont secondés par les torpilleurs de l.i défense mobile, petits navires très rapides que leur id.ble tonnage et leur construction spéciale l'cndent impropres aux longues navigations en pleine mer, mais capables d'éloigner les escadres qui tenteraient des coups de main et des surprises. Ce sont des armes d'embuscades, comme les brûlots d'autrefois *. Il faut, en outre, pour abriter nos ports de commerce et balayer les abords de nos arsenaux, des ouvrages, forteresses et batteries.
Sur le littoral de la Manche, Cherbourg, dont la rade est malheureusement encore peu sûre, est le centre de la défense. Des forts et des batteries protègent sa jetée. En outre, nos côtes sont garnies d'artillerie, surtout dans le voisinage des villes de commerce. Nous retrouvons là Dunkerque, qui, avecles batteriesde Gravelines et de Calais, commande le passage du pas de Calais en vue de la France. Boulogne et le Havre ont des ouvrages, d'ailleurs insuffisants. Granville, Saint-Malo avec son fort des Rimains, plusieurs îlots des Côtes-du-Nord pourraient écarter une attaque.
Sur l'Océan, Brest est entouré de travaux formidables. Les défenses de Lorient sont complétées, quoique faiblement, par les batteries des îles de Groix, Houat, Hœdic. Les ouvrages de Sai/i^- Nazaire et de Forl-Mindin garantissent l'estuaire de la Loire. Au large de la côte vendéenne, Yeu et Noirmoutier sont aussi munis de canons.