CHAPITRE PREMIER
L'agriculture française.
Morcellement de la propriété franraise. — Institutions agricoles. — Travaux de desséclieiuenl. — Amélioration du sol cultivable. — La production agricole. — Les forêts. — Cultures alimentaires. — Cultures arborescentes. — Arbres fruitiers. — Cultures industrielles. — L"él2vage. — La chasse et la pèche.
L — Situation gknkiiale ue l'agriculture française.
La population et la propriété agricole. — La classe des Iravailleurs agricoles représente en France 48 p. 100 de la population tolale,exactenîent 18 raillions et demi d'individus; 8 millions environ de ces agriculteurs sont propriétaires des champs qu'ils exjdoilent. C'est dire que la propriété foncière est en France très morcelée. Aujourd'hui, on évalue à 6 ou 7 hectares l'étendue moyenne de chaque domaine rural, ce qui n'est rien auprès des grands domaines de l'Angleterre, de la Hongrie, de la Russie, de certaines régions allemandes et italiennes. Une telle division comporte à la fois des avantages et des inconvénients. Exploitée par le possesseur lui-même et sa famille, la terre est mieux cultivée, plus soignée que par des ouvriers mercenaires, travaillant sous la direction d'un intendant. Mais le petit propriélaire, peu fortuné par lui-même, n'a pu acquérir et pousser très loin l'éducation professionnelle.
Institutions agricoles. — Travaux de dessèchement, etc. — Le législateur s'est elïorcé, en ce siècle, d'atténuer cette double cause, si grave, d'infériorité. Un ministère spécial de Vapriciillure a été institué, en 1881, pour la défense des
inlérêls agricoles et rétude des questions qui s'y rapportent. La création de VInslitui national agronomique de Paris, des Écoles nationales d'agriculture (Grignon, Montpellier, Rennes), des professeurs départementaux et d'arrondissement a contribué à propager les méthodes ratiormelles parmi les propriétaires, chefs d'exploitation, contremaîtres, ouvriers. De grands travaux d'utilité publique ont accru la surface du territoire cultivable, portée, depuis 1840, de 50 à 54 millions d'hectares.
Amélioration du sol cultivable. — L'initiative particulière, encouragée par lElat, s'est etïorcée d'améliorer ce domaine cultivable agrandi par les amendements et les assolements. Aux terrains froids et maigres de la Bretagne, on ajoute ainsi des calcaires plus chauds; aux terrains secs du Causse ou de la Champagne, des phosphates et des marnes.
IL — La production agricole.
Les forêts. — Les forêts occupent actuellement à peu prés la sixième partie de notre territoire, soil environ 9 millions d'hectares. Les peuples qui ont le moins déboisé sont ceux à qui la médiocrité de leur sol ne permettait pas de remplacer leurs forêts par des exploitations plus rémunératrices. Au reste, le déboisement immodéré a aussi, on le sait, ses dangers. Il a surtout sévi dans les Alpes et les Pyrénées, moins bien pourvus à présent de forêts que le Jura, les Vosges, les Ardennes, le Morvan et le Massif central*. Encore aujourd'hui, en Corse, de