Revenu courant des forêts de l'État 27 millions
— — communales.... 60 —
— — particulières. .. . 160 —
2. Vers 1815, production moyenne de Vhectare ; 9 à 10 hectolitres. Production totale : 40 millions d'hectolitres en 1815; 75 en 1850; 120 en 1898.
3. En 1820, la consommation moyenne en blé était de 120 kilogrammes par personne; elle est actuellement de 200.
chevaux. Elle fournit à peu près, pour une superficie ensemencée de 3 millions el demi d'hectares, une moyenne de 80 millions d'hectolitres, à peu près en rapport avec la consommation. C'est la céréale des pays du Nord-Est (Lorraine, Ardennes).
Le seigle, au contraire, est de plus en plus remplacé par le blé sur notre territoire, sauf dans les sols maigres des pays montagneux, et résiste également aux froids tardifs du printemps en Franche-Comté et en Lorraine, à l'humidité surabondante des pentes bretonnes et limousines, à la sécheresse des crétacés champenois ou des plateaux schisteux situés à l'ouest des Cévennes, et que l'on désigne sous le nom caractéristique de ségalas. Le rendement total atteint à peine le cinquième de celui de l'avoine.
L'orge, cultivée pour la fabrication de la bière, donne 15 ou 20 millions d'hectolitres par an. Le sarrasin ou blé noir est encore la céréale la plus importante dans la Bretagne, la Marche, le Limousin et les Bombes. Le mais est la culture céréale du midi de la France. Il veut une terre assez riche, beaucoup de chaleur, point débrouillard, peu de pluie. Cependant, dans l'extrême sud de la Provence, le sol et le ciel sont trop secs pour lui.
Après les céréales, on doit surtout mentionner, parmi les cultures alimentaires, la pomme de lerre, culture vieille seulement d"un siècle, mais en pleine prospérité, qui, sous des climats assez froids et dans les terres des plateaux de l'Est, en Lorraine, dans les Ardennes, dans les plaines flamandes, en Bretagne et ailleurs, produit en moyenne 125 millions d'hectolitres. Seule, en Europe, l'Allemagne prime la France à ce point de vue. La truffe, autre tubercule, est un produit caractéristique et très rémunérateur du Périgord et des départements méditerranéens, tels que la Vaucluse et les Basses-Alpes qui ont remplacé par des chênaies leurs champs de garance inutiles. L'exportation donne lieu à un mouvement d'affaires de plusieurs millions.
Les légumes, frais ou secs, sont un dernier et important objet de culture alimentaire, principalement aux environs des grandes villes. De plus, les plaines de la Vilaine et de la Maine, une partie du littoral breton, la plaine de Niort, les vallées de la Durance et de l'Argens s'y adonnent tout spécialement. La récolte annuelle de légumes en France ne doit pas être évaluée à moins de 500 millions de francs.
Cultures arborescentes. — Parmi les cultures arborescentes, deux surtout fournissent d'importants produits alimentaires, celles de l'olivier et de la vigne.
L'olivier ne réussit bien que dans nos départements baignés par la Méditerranée, jusqu'à une médiocre altitude de 300 à 400 mètres. La production annuelle des olives représente une valeur de plus de 30 millions de francs. Il va sans dire que la France, ne pouvant suffire à sa consommation d'olives et d'huiles, demeure à ce point de vue tributaire de l'Espagne, de l'Italie, du Levant et de l'Algéric- Tunisie.
La vigne est une des grandes ressources de notre agriculture. Le sol et le climat de la France la prédisposaient à cette sorte de richesse. Un ensemble de circonstances heureuses lui permet de nourrir la vigne sous des latitudes que celle-ci atteint rarement ailleurs. On la trouve dans 59 départements. Mais les principales régions de viticulture sont au nombre de quatre :
\° Nos dépariemenls méditerranéens (Pyrénées-Orientales, Aude, Gard, Hérault, Var, etc.) cultivent les ceps sur de vastes étendues. La vigne est là dans son domaine originel. Doux hivers, fortes chaleurs, humidité médiocre, toutes les qualités requises y sont réunies, indépendamment de la composition des terroirs. Depuis les vins deXaj^ltonne, du Gard et de V Hérault, forts en couleur, jadis produits en quantité énorme |)Ourles coupages, jusqu'aux muscats et vins de liqueur de Collioure, liivesaltes, Banyuls, Lanel et Frontignan, toutes les récoltes de cette région payent avec usure et régulièrement les soins du vigneron. Les vins de Provence {Sorgues, Châteauneiif-des-Papes, VHermitage) sont d'excellents produits très liquoreux. Les vins du Rhône se rattachent encore à cette catégorie. La Côte-Rùlie (Rhône) et les collines qui donnent les vins mousseux justement appréciés de Saint-Pérag (Ardèche) reçoivent, en etïet, par le couloir qui s'ouvre entre les Alpes et les Cévennes, l'influence bienfaisante du climat méditerranéen.
2° La région du Sud-Ouest comprend des groupes très différents. Les vins du Toulousain, du Ouercg et de 1'^/"magnac sont surtout destinés à être transformés en eauxde-vie. Le Périgord récolte principalement des vins blancs assez réputés Mais les crus les plus célèbres de cette zone
sont ceux du Bordelais, produits par des terroirs très variés. Ici, ce sont les plantations basses de Palud et de V Entre-Deux-Mers, qui, sauf le Saint-Émilion, fournissent seulement des vins de consommation courante. Là, des collines et des coteaux portent des noms célèbres dans le commerce des vins fins [Châleaii-Margaux, Chûleau- Laffite, Saint-Esièphe, Saint-Julien dans le iNIédoc; Sauterne et Bursac dans la région des Graves).
3° Dans la région de V Ouest, les Charentes produisaient autrefois des vins de coupage et des vins de consommation courante, analogues à ceux du Languedoc, et aussi des crus destinés à la fabrication des eaux-de-vie. Les vins d'Anjou {Saumur) et de Touraine {Vouvray, Amboise) sont surtout propres à la charapanisation ; ceux de V Orléanais, à la transformation en vinaigre.
4° Le groupe de VEst comprend, d'une manière générale, les vignobles bourguignon, franc-comtois, lorrain et champenois. En Bourgogne, la palme de la qualité appartient aux pays compris sous la désignation médiocrement exacte de Haute-Bourgogne, c'est-à-dire aux départements de la Côte-d'Or et de Saône-et-Loire, avec les crus célèbres de Beaune, .\uits, Pomard, Chambertin, Clos-Vougeot, Moulins-à-Vent. Le Maçonnais donne des vins plus abondants, mais moins estimés. Le Chablis est le principal des crus de la Basse-Bourgogne (Yonne). La Bourgogne dispute au Bordelais la palme de la viticulture savante; mais déjà les récoltes y sont moins assurées que dans l'Ouest. Les rigueurs tardives de mars et d'avril y déciment quelquefois les jeunes pousses et, en dehors des maladies, du seul fait de la température, il arrive souvent au vigneron de ne point couvrir ses frais d'exploitation.
Sous le nom de vins du Jura sont compris les vignobles de la bordure occidentale du plateau comtois, tels que ceux tVArbois, assez estimés, mais exposés aussi aux anomalies thermométriques du printemps. En Lorraine, la viticulture est encore plus durement éprouvée par ces vicissitudes, jusquen avril et même en mai, sans compter des variations quotidiennes très brusques. La Champagne transforme par manipulation ses vins blancs aigrelets d'Epernay, Ag, Bouzg, Sillery, en vins mousseux et sucrés, exportés à l'étranger par 2^) et 30 millions de bouteilles; mais elle
demande aussi à l'Anjou et à la Franche-Comté les éléments de cette préparation*.
De 1830 à 1875, l'importance du vignoble français n'avait cessé de s'accroître et avait presque triplé soit par Fétendue cultivée, soit par la quantité produite. En 1875, les chiffres étaient de 2400 000 hectares pour l'étendue et de 83 millions d'hectolitres pour la quantité annuelle. La crise phylloxérique les fît graduellement tomber jusqu'en 1886. A celte date, la vigne n'occupait plus que 1 900000 hectares, produisant seulement de 20 à 25 millions d'hectolitres. Le fléau, après avoir dévasté la région du Rhône, le Gard et l'Hérault, s'était répandu dans le Languedoc, le Bordelais, les Charentes et la Bourgogne. Ultérieurement, il devait attaquer la Champagne, secondé par l'oïdium, le mildew et tant d'autres calamités. On appréciera le dommage infligé, de ce chef, à notre fortune agricole, en pensant que la valeur moyenne dun hectare de vignes atteignait 3 500 francs et que la même terre, après ruine des plants, descendit jusqu'à 1 000 et 800 francs.
Au surplus, grâce à des sacrifîces héroïques d'argent et de labeur, notre viticulture est aujourd'hui parvenue à circonscrire d'abord, puis à enrayer et, finalement, à réparer les ravages du redoutable insecte par la greffe, sur vigne française, de plants américains, rebelles aux atteintes du phylloxéra, par la submersion dans les plaines basses, enfin par la plantation dans des terrains jadis réputés stériles, tels les sables du delta du Rhône et des étangs du Languedoc. La France possède actuellement un vignoble de
1. Production moyenne des vins dans les principaux départeiuents viticulteurs :