‹ La France et ses coloniesChapitre 133 sur 179 · OUO · texte numérisé non relu

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pondérante à l'exploitation de son empire du Soudan. Mais ce n'est et ce ne doit être qu'un début. Jusqu'ici, l'intervention de nos nationaux dans la vie économique de cette vaste colonie s'est bornée au troc pur et simple des produits de la métropole conii^e les produits locaux. Il y a mieux à faire, et, sans songer à l'immigration française que le climat ne comporte pas, on peut préconiser l'établissement de vastes plantations, qui emploieraient la main-dieuvre indigène sous la surveillance des Européens, et appliqueraient des méthodes rationnelles à l'exploitation agricole, trop souvent réduite par les naturels à la récolte, à la cueillette pure et simple des produits de la flore soudanaise. Le Fouta-Djalon, qu'on a souvent comparé au plateau éthiopien, avec ses étages de climat et de végétalion, est évidemment, entre autres contrées, prédestiné à ce genre de transformation. Plusieurs cultures précieuses, le coton, le café, Tindigo, voire le thé, pourraient y devenir d'abondantes sources de profits. L'élevage, que les populations du Soudan i)ratiquent, un peu comme celles du Maghreb, d'une manière tout empiriipie, aurait beaucouj» à gagner également à l'introduction des procédés français. Le sous-sol, d'aulre part, réserve sans doute des surprises à l'avenir.

Mais la condition première de cette mise en œuvre de l'Afrique occidentale française réside dans l'amélioration des routes naturelles et dans le développement des voies artificielles. Les routes fluviales, qui sont nombreuses, oflrent de graves défauts: rapides, chutes, bancs de sable, barres dangereuses. Pendant Ihivernage de 1902, la crue du Sénégal fut tellement insuffisante que le commerce fut supprimé, faute d'eau pour faire remonter le fleuve aux plus modestes chalands; aussi songe-t-on à joindre, par une voie Serrée qui longerait le Sénégal, le chemin de fer de Saint-Louis à Dakar à la voie ferrée, qui, partant de Kayes, a atteint Bamako sur le Niger en 1905. Dans la Guinée, le chemin de fer de Konakry au Fouta-Djalon et au Niger sera prochainement poussé jusqu'à 250 kilomètres, grâce à l'énergie de son ingénieur, le capitaine du génie Salesse. Dans la colonie de la côte d'Ivoire, une voie ferrée esi en construction entre le port de Bingerville, destiné à remplacer Grand-Bassam, et les régions de l'intérieur. Le chemin de fer de pénétration du Dahomey, entre Kolonou

et l'arrière-pays, est également en pleine construction , Seulement, tous ces etïbrls ne sauraient aboutir à un véritable enrichissement de la France, si nous ne procédons bientôt à une revision des traités de commerce et de navigation qui livrent trop aisément nos colonies aux entre-

Fig. 26. — Lo îs'iger à Tossayo.

(Communiqué par V Office roloninl.)

prises des commerçants étrangers. Sans doute on ne peut rêver de faire exclusivement entre Français le commerce de toutes nos colonies ; niais on est en droit d'espérer que notre diplomatie ne consentira plus d'avantages commerciaux dans les colonies françaises qu'aux peuples étrangers capables de nous en réserver d'égaux dans les leurs, c'està-dire surtout à la Grande-Bretagne. Sinon nous aurions sacrifié beaucoup dévies françaises et beaucoup de millions qui grèvent actuellement notre dette pour le bénéfice d'autres États qui n'ont fait ni les mêmes sacrifices d'hommes ni les mêmes dépenses, et qui gagneraient dans nos colonies un argent avec lequel ils armeraient un jour de puissantes marines contre nous. Les envahissements du commerce allemand dans nos colonies de l'Afrique occidentale française sont particulièrement significatifs à cet égard.

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