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III. — La Guyane

Description et ressources naturelles. — La Guyane

1. 30 000 personnes à la Martinique sont occupées de cette culture, qui Couvre une superficie de 22000 hectares, contre 9600 plantés en cacaoyer et 250 en caféier. On estime que les cultures alimentaires ne représentent que 13 ou 18 000 hectares. A la Guadeloupe, on compte 23 400 hectares de champs de cannes, contre 3 .300 plantés en café.

2. De 90 à 100 millions annuels pour les deux îles, avec un léger avantage pour la Martinique.

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française' est siluée au nord-est de rAmérique du Sud, dans la région comprise entre l'Amazone et l'Orénoque. Elle est bornée, au nord-est par l'Atlantique, au nord-ouest et à Touest par la Guyane hollandaise, dont elle est séparée par le Maroni. Ses limites méridionales ont été longtemps indéterminées, le Brésil nous contestant de ce côlé un vaste territoire-. Dans ses limites certaines, la Guyane occupe environ 120 000 kilomètres carrés. Une zone littorale plate s'étend parallèlement au rivage. Certaines parties de cette plaine côtière sont déprimées et transformées en marais pendant la saison des pluies. Leurs fonds de vase molle, dissimulés sous une riche végétation, se nomment savanes tremblantes. Les savanes proprement dites sont d'immenses plaines herbeuses qui s'étendent au sud des premières. Au sud-ouest de cette seconde zone s'élagent les gradins d'un plateau forestier, adossé à des montagnes encore mal connues, les monts Tumuc-Hiiniac, qui ne semblent pas dépasser 2 500 mètres d'altitude.

Le climat chaud et humide de la Guyane ne mérite pas, si l'on en croit de récents rapports, le renom d'extrême insalubrité qui lui avait valu plusieurs épidémies. Cependant les blancs n'y peuvent séjourner sans prendre les plus sévères précautions hygiéniques. La température habituelle varie entre 25 et 27 degrés. Les pluies de l'hivernage, qui durent plus de 200 jours, de décembre à juin, sont évaluées en moyenne à 3 mètres sur la côte, à 4 sur le plateau. Ce pays abondamment arrosé est sillonné de nombreux cours d'eau. Mais tous sautent les degrés du plateau par des rapides. D'ouest en est, le Maroni (600 kil.), le Sinnamary, YOyapock (300 kil.) sont les principaux. En dépit de leurs défauts, ces cours d'eau pourront servir un jour à développer le commerce avec l'intérieur. Le D"" Crevaux pensait qu'il serait aisé de rejoindre le réseau des fleuves guyanais à l'Amazone par quelques travaux de canalisation. Ces fleuves aboutissent à un littoral bas, sa-

1. Découverte en 1498 par Colomb, explorée pour la première fois par Vincent Pinçon (loOO). Première tentative de colonisation française : 4604. Fondation de Cayenne : 1643.

2. Le territoire qui fut pendant longtemps contesté entre la France et le Bièsil s'étendait sur une superficie d'au moins 150 000 kilomètres carrés. Le différend a été réglé par un arbitrage qui nous a définitivement enlevé des terres plus ricties et plus salubres que celles de la Guvane.

blonneux, souvent vaseux. Quelques îlots précèdent la côte. Ceux du Snlut, à Test de Gayenne, sont les principaux.

La Guyane est riche en métaux, or, argent, cuivre, fer et houille. Ses productions vi'-gétales sont le palmier, le cocotier, les Ijois de fer et d'ebène, le quinquina., le bananier, bref la flore exubérante des régions tropicales.

Population; administration. — La population s'élève à 29 700 habitants, dont "20 700 sujets français et quelques Anglais ou Hollandais. Des tribus d'Indiens et de nègres Boni vivent dans les forêts de l'intérieur. On a introduit dans la colonie des ouvriers de couleur : Hindous, Africains, Ghinois. Cayenne, la capitale, compte 8 500 habitants, 12 000 si l'on y comprend les forçats en cours de peineetles libérés. Les relégués, c'est-à-dire les condamnés à plus de huit ans de travaux forcés, les récidivistes, les transportés arabes de l'Algérie, etc., sont au nombre de 3 500 environ. La colonie, administrée par un gouverneur, assisté d'un conseil élu de 16 membres, envoie un député au Parlement.

État actuel et avenir. — C'est surtout par l'agriculture que notre colonie de la Guyane pourra se développer. On commence à y cultiver avec un certain succès le caféier et la canne à sucre. La culture du cacaoyer et de la vanille, ainsi que celle du tabac, pourraient fournir d'utiles ressources. Enfin les merveilleuses forets de la colonie réservent une fortune aux pionniers de l'avenir. Mais deux conditions sont nécessaires au développement : la construction de routes, construction que l'on obtiendrait aisément en employant avec énergie la main-d'œuvre pénitentiaire, puis une plus sévère discipline à l'égard des déportés, dont le voisinage éloigne beaucoup de colons.

Actuellement, l'exploitation de l'or constitue le seul essai de mise en œuvre. La valeur déclarée du métal recueilli est de 6 à 7 millions chaque année. Mais le chitTre réel est certainement beaucoup plus considérable. L'or étant frappé d'une taxe de 8 p. 100, on en dissimule l'exportation. Les bois ne sont l'objet que de transactions d'infime valeur. Le commerce reste nécessairement assez faible, environ 25 millions de francs, dont plus de 10 millions d'affaires avec la France. L'expression de cette lan-

gueur économique est la rareté des rapports avec la métropole. Une fois par mois, un service de la Compagnie transatlantique unit Cayenne à Saint-Nazaire.

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