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LE5 VOSGES

moins extérieur à l'ensemble de la niasse. Pas plus que le ballon de Servance (1 190 mèlresi, il n'a celte l'orme ronde que l'on attribue d'ordinaire aux sommets qui portent le nom de ballons. Parmi les beaux sommets de cette région, il faut citer le pittoresque Ilohneck, auquel on accède par la belle route de la Schlucht et d'où l'on découvre un horizon admirable sur la vallée du Rhin et sur la forêt Noire. Parfois, quelque étendue de grand plateau arrive presqu'à l'altiUide des sommets, par exemple les Hautes-Chaumes, qui n'ont pas moins de 1 20() mètres.

Est-il besoin de dire que, dans daussi modestes montagnes, les passages d'un versant à l'autre sont faciles, si hautes que soient les crêtes par rapport à l'altitude moyenne de la masse? Les cols proprement dits sont nombreux et leur altitude varie entre 7U0 et 1 "200 mètres. Ainsi la route du Ballon, qui fait communiquer Remiremont et Belfort, fait l'ascension du ballon d'Alsace par une série de lacets, et'passe la montagne à côlémèmedu point culminant du ballon d'Alsace 1 "248 mètres); \ecol de la Schlucht, qui mène de Gérardmer à Colmar par la vallée de Munster, atteint 1 148 mètres. Les cols du Bonhomme, entre Saint- Dié et Colmar (950 mètres), et de Sainte-Marie-aux-Mincs (780 mètres), entre Saint-Dié et Schlestadt, sont d'accès beaucoup plus facile.

A partir du col de Sainte-Marie-aux-Mines, il y a décroissance beaucoup plus rapide de lallitude jusqu'à la dépression profonde du col de Saverne (380 mètres), que l'on aperçoit du plateau lorrain comme une brèche qui fait vraiment interruption dans l'ensemble de la montagne. Dès lors, il est rare que les lignes de crêtes ou de chaumes atteignent 800 mètres ; la forme de plaleau largement étalé et tombant sur la plaine en pente plus douce et par une série de petites collines devient plus fréquente. Le sommet le plus caractéristique de cette région est le Donon, qui se termine par un petit plateau de 400 mètres de long sur une centaine de mètres de large, dont les formes géométriques sont facilement reconnaissables au loin : il s'élève à 1013 mètres. Le Donon se dresse juste au point où la frontière française quitte les Vosges pour se replier à l'ouest sur le plateau lorrain. C'est encore un plateau et non un sommet caractéristique que le Champ de Feu, se dressant à 1 084 mètres au-dessus de la forêt de Barr.

C'est dans cette même région que se trouve l'admirable paysage du cloître de Sainte-Odile au nord-ouest de Barr: sur une avancée rocheuse de 700 mètres d'altitude qui surplombe de ces pentes abruptes la plaine d'Alsace, se dressent sur un bloc de rocher le monastère et l'église ; là aussi est le Mur Païen et toute une série de monuments druidiques.

Le passage d'un côté à l'autre de la chaîne, par le col de Saverne, n'est pas à proprement parler un col : c'est une brisure de tout le système montagneux. Là, à 380 mètres d'altitude, par des pentes progressives de part et d'autre, passent la grand'route, le canal de la Marne au Rhin et le chemin de fer de Paris à Strasbourg.

Au nord du col de Saverne, on donne parfois le nom de basses Vosges aux petits plateaux forestiers, médiocrement accidentés, d'une altitude moyenne d'à peu près 400 mètres, qui font jonction entre les Vosges proprement dites et les landes du Hardt : leur sommet principal est le Gross Winlersberg (527 mètres).

Résumé. — Les Vosges sont un système montagneux qui, arrosé par des pluies abondantes, que lui apportent les vents d'ouest, est l'un des plus riches en prairies et en bois qu'il y ait en France ou sur ses confins. Aussi, à côté de quelques roches dénudées et de quelques plateaux pierreux, compte-t-il de vastes étendues où, sur les granits, sur les gneiss, sur les schistes et sur les grès, s'étale une couche assez épaisse de terre meuble favorable à la végétation. Gazons et bois retiennent donc et conservent l'humidité qui suinte et ruisselle de toutes parts sur les flancs des Vosges et fait que c'est une des montagnes les plus douces et les plus plaisantes aux regards. Les Vosges donnent au versant français, le plus développé, le riche réseau de rivières qui se résument en la Moselle ; elles portent de beaux lacs, Pietournemer, Longemer, Gérardmer, qui ajoutent encore au charme de fraîcheur des belles eaux courantes de cette région montagneuse. Comme leurs beaux paysages si frais et si reposants, les eaux minérales des Vosges attirent nombre de visiteurs, et les souvenirs de la légende, comme ceux de l'histoire, font que les Vosges sont parmi les montagnes les plus aimées des Français.

La chaîne des Ballons. — Au sud se détache de la masse

des Vosges cristailines, à la hauteur du ballon d'Alsace, une chaîne à laquelle une coutume géographique invétérée applique le nom de monts Faucilles, mais que la nomenclature régionale désigne sous le nom de chaîne des Ballons. Comme les \'osges elles-mêmes, la chaîne des Ballons, orientée du sud-est au nord-ouest jusque vers Mirecourt, est plus élevée au sud qu'au nord : ses crêtes bordent à pic la rive gauche de la Moselle, tandis que la pente est douce au sud-ouest vers les plaines de la Saône. Elle mesure un millier de mètres au voisinage des Vosges, mais dépasse rarement 400 ou 500 mètres entre Saône et .Moselle. Son sommet le plus remarquable domine le val d'Ajol à 759 mètres. Le chemin de ter d'Épinal à Vesoul et le canal de l'Est profitent d'une dépression entre les vallées de la Moselle et du Coney, affluent de la Saône,

Le plateau des Ardennes. — A ne considérer que l'histoire géologique de la formation des reliefs de notre sol et la différence de composition des roches, le plateau des Ardennes formerait, sur notre frontière du Nord-Est, une masse originale. Mais, en réalité, on passe par des transitions assez douces des paysages forestiers de la Lorraine raeusienne aux paysages de plateaux marécageux de l'Ardenne proprement dite. Encoi'e ce caractère d'originalité est-il beaucoup moins marqué dans l'Ardenne française que dans l'Ardenne belge ou allemande.

Les géologues distinguent l'Ardenne des régions environnantes, parce qu'ils la considèrent comme une partie des ruines du grand plissement hercynien, jadis beaucoup plus élevée, si l'on en juge par l'indice des plissements de ce col aujourd'hui uni, mais dont les différentes couches attestent, par leur allure tourmentée, qu'il y eut des montagnes où règne aujourd'hui la monotonie des plateaux. Pour le géographe, qui n'a à considérer que les faits actuels et les montagnes existantes, l'Ardenne est simplement l'extrémité occidentale du grand plateau schisteux rhénan ; elle est approximativement limitée chez nous par la Sambre, l'Oise et la Serre ; la vallée de la Meuse la coupe et l'entaille profondément. Sur les étendues mornes du plateau, l'extrême indécision des pentes et l'existence d'un sous-sol peu perméable déterminent la formation de grandes étendues marécageuses que l'on appelle « fagnes » ;

il s'y forme aussi des tourbières. C'est qu'aussi le pays ardennais, comme le pays lorrain, est parfaitement arrosé par les pluies venues de l'ouest ; il y règne aussi des brouillards persistants qui contribuent à accroître et maintenir l'humidité. Les parties hautes sont g-énéralement formées par des grès, tandis que les schistes ont été plus facilement creusés en vallons et déblayés par des courants qui les ont emportés sous forme d'alluvions dans les étroites vallées qui interrompent ce plateau monotone.

Rares sont en effet les rides et les plis sur l'Ardenne. Son point culminant, à la Croix-Scaille, sur la frontière franco-belge, n'est qu'à 504 mètres. De même que l'Ardenne entre en contact, sans brusque rupture de niveau et sans autre contraste que celui de la nature des roches, avec la Lorraine meusienne, ainsi s'abaisse-t-elle progressivement par des collines vers la Thiérache picarde à l'ouest. C'est d'ailleurs un relief qui ne gêne point beaucoup les communications, en raison des coupures profondes qu'y forment les cours d'eau.

Plateau de Lorraine et côtes de Meuse. — Le plateau de Lorraine s'adosse aux ^'osges dont il reproduit les pentes dans leur allure générale du sud au nord. Ainsi au sud, vers la région des sources de la Moselle, il s'étage entre 400 et 500 mètres, tandis que dans sa partie septentrionale, par exemple dans la région de la Seille, il n'a guère que la moitié de cette altitude. Au reste, il suffit, pour constater cette pente, de considérer comment s'inclinent les vallées de la Moselle et de la Meurthe dans la première partie de leurs cours. Épinal et Saint-Dié sont à 326 et 335 mètres de hauteur, Toul à 204, >s'ancy à 197 mètres.

Le plateau lorrain est hérissé de quelques renflements de collines qui ont une grande importance pour la défense de notre frontière de l'Est. Ainsi que la rive droite de la Moselle se développent quelques rangées de collines qui marquent le relèvement de terrain et qui dominent d'assez haut le plateau. Les élévations que l'on appelle dans le pays « côtes de Meuse » ou « hauts de Meuse » et auxquelles on donne parfois à tort le nom pompeux de monts de la Meuse, ne sont aussi qu'une boursouflure de plateau. Mais cette recrudescence du relief lorrain à l'ouest fait en somme du plateau une sorte de dépression à l'intérieur de

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laquelle sont creusées des vallées dont les formes sont d'ailleurs très variées.

La composition du sol n'est d'ailleurs pas la même sur toute l'étendue du plateau ; et cette diversité de nature entraîne, dans ce pays de relief assez monotone, des diversités de paysage assez caractéristiques. Tout d'abord s'adosse aux Vosges une région de grès bigarrés, dans la contrée de collines où commence à s'amortir la pente des hautes vallées de la Moselle et de la Meurthe. Ce sont ensuite des étendues assez plates ou lentement mamelonnées de calcaire coquillier ; la partie la plus occidentale est celle des marnes irisées.

L'Argonne ou forêt d'Argonne. — On donne le nom d'Argonne ou de forêt d'Argonne, en raison de la richesse de ce pays en bois, richesse beaucoup plus grande autrefois qu'aujourd'hui, à un sillon montagneux compris entre l'Aisne et l'Aire. L'Argonne ou forêt d'Argonne, qui a joué un si grand rôle dans la défense nationale, avant et après la bataille de Valmy, se compose d'une suite de plateaux et de collines dont les parties les plus élevées sont formées d'un grès extrêmement résistant. L'altitude y est peu considérable : 332 mètres près de Mont faucon ; en revanche, les passages qui font entaille dans le massif sont rares et fort resserrés. C'est grâce à cette circonstance que les Français, maîtres des défilés des Jslettes, de la Chalade, de Grandpré, de la Croix aux Bois et du Chêne populeux, purent résister derrière l'Argonne, après la capitulation de Verdun. De même, c'est pour avoir laissé passer l'ennemi au défilé de la Croix aux Bois que nos troupes durent se retirer sur Sainte-Menehould et livrer bataille à Valmy. Aujourd'hui, c'est le défilé des Islettes qu'emprunte le chemin de fer de Paris à Verdun.

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