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RÉPARTITION DES PLUIES

que Ton se rapproche de nos provinces orientales, la quantité annuelle des pluies diminue. Ainsi le bassin de Paris, les moyennes vallées de la Seine et de la Loire, ne recueillent que 50 à 75 centimètres d'eau.

Mais toute recrudescence du relief détermine un accroissement de l'humidité. Ainsi, tandis que la Champagne n'est guère arrosée que de 35 centimètres de pluie, le Morvan, qui surgit en un si puissant massif à l'issue d'une bande de plaine, ne reçoit pas moins de 1^,10 à 1™,20 de pluie dans ses parties hautes. C'est le même chiffre que l'on observe dans le Limousin, dans la haute Auvergne, dans les monts de la Margeride et du Velay; la crête des Cévennes, entre le Pilât et l'Aigoual, prend aux nuées venues de l'Océan jusqu'à l",80 de pluie par an. En revanche, les plaines de la Limagne et du Forez sont beaucoup moins arrosées que les pays de montagne qui les environnent.

Les Pyrénées, et surtout les Pyrénées de l'Ouest et du Centre, qui sont exposées aux vents du golfe de Gascogne, subissent, dans les hautes régions, des averses qui, pluies et neiges comprises, représentent bien un total de 1™,80 à '2 mètres.

11 arrive que certaines parties de nos montagens sont, ou masquées des vents humides de l'Océan par la position d'un autre obstacle montagneux, ou situées dans une région où les vents humides sont beaucoup moins fréquents. Ainsi, nos Alpes françaises ne possèdent une aire vraiment pluvieuse que vers le nord, dans leur massif dauphinois ou savoisien (de 1",50 à 2 mètres). Cette partie de nos Alpes est à la fois très haute et très bien exposée en arrière de montagnes peu importantes qui ne peuvent les masquer complètement. Nos Alpes du Sud ont une destinée toute différente : d'une part, le Massif central leur fait écran et s'oppose à l'arrivée de nombre de nuées de l'ouest; mais surtout elles sont dans une zone climatérique qui dépend des pays méditerranéens, c'est-à-dire dans une zone climatérique sèche par elle-même. Aussi une grande partie des Alpes de Provence contraste-t-elle, par la pauvreté de ses eaux courantes et l'aspect chétif de ses prés et de ses bois, avec les Alpes du Dauphiné et de la Savoie.

Répartition des quantités et des saisons de pluies. —

•JB GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.

II est très important, pour comprendre le régime des fleuves et la condition des cultures de la France, de savoir comment sont réparties les pluies, si elles sont fréquentes et douces ou rares et violentes. Les zones des pluies rares, quelle que soit leur abondance, sont surtout nos pays du sud et du sud -est. Perpignan reçoit 50 centimètres d'eau de pluie en soixante-deux jours; et encore arrive-t-il souvent que les pluies de certains jours ne durent qu'un petit nombre d'heures et soient des orages. Cette a soixantequatre jours de pluie pour une quantité de 51 centimètres et Marseille cinquante-cinq jours pour 56 centimètres. Dans ces contrées, les pluiestombent généralement, courtes et violentes, pendant Ihiveret à la fin de l'automne.

Nos pays du Nord-Ouest ne sont pas seulement mieux arrosés que ceux du Sud et de l'intérieur; les pluies y sont réparties en un plus grand nombre de jours et d'heures. Saint-Malo compte 185 jours de pluies ; Saint- Brieuc lUO. Là les saisons caractéristiques de la pluie sont surtout l'automne et une partie de l'hiver. Dans le Sud- Ouest, à Bordeaux par exemple, où la pluie est répartie en 150 jours, les averses printanières sont plus fréquentes qu'en Bretagne et en Normandie.

Quant aux orages, qui semblent surtout fréquents dans les pays où la chaleur est violente en été, et plus particulièrement dans les pays de montagne, on les observe surtout en grand nombre dans la France orientale et dans la vallée du Rhône. Presque partout l'orage est un phénomène d'été; toutefois, en Provence et en Languedoc, il y a de nombreux orages de printemps et d'automne.

Classification générale des climats français. — Puisque les modifications climatériques ne se font sentir en France que par nuances délicates et par douces transitions, il est évident qu'on ne peut croire à l'efficacité complète d'une division de la France en régions climatériques. Personne ne peut dire où s'arrête rigoureusement, entre la Bretagne etles confins de l'Allemagne, le climat maritime, ni où commence le climat continental; on le peut d'autant moins dire que telles années sont plus maritimes, et telles autres plus continentales pour un même pays. Nos Alpes n'ont point un climat homogène, comme le prouve le contraste de la sèche Provence et de l'humide Dauphiné ; oq ne

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