‹ La France et ses coloniesChapitre 26 sur 179 · CLIMATS ET TERROIRS · texte numérisé non relu

CLIMATS ET TERROIRS

C'est pour ces pays qu'est surtout bonne la définition des météorologistes : « pays de vents et de pluies variables ».

Climats et terroirs. — Il est presque impossible d'isoler l un de l'autre les deux phénomènes de composition de sol et de natuie du climat : car une composition de sol n'a d'influence que par l'intervention d'un fait climatérique d'insolation, de vent, d'humidité, de gel, etc. Ne sait-on pas que le renouvellement des provisions d'azote que la terre de nos grandes provinces riches en blé met à la disposition (!es racines des céréales est renouvelée, comme l'a prouvé M. Dehérain, par le mécanisme delà pénétration des pluies? Une composition de sol n'est donc rien en elle-même, et n'implique communication d'aucun avantage aux plantes et aux animaux, et par là aux hommes, que sous condition de certains faits climatériques. Une terre n'est ni fertile, ni infertile, ni perméable, ni imperméable, qu'en raison de la manifestation dun phénomène atmosphérique. Tout ce qu'on peut dire d'un sol considéré chimiquement dans son état moléculaire et dans sa composition chimique, c'est qu'il est ou impénétrable aux pluies, ou fissuré, ou poreux; mais on ne peut le dire ni fertile, ni infertile, avant qu'il n'ait été touché par le vent, la pluie, la neige, le soleil, etc. Un sol à l'état brut, sans contact de l'atmosphère, est une possibilité de nourriture ou de dépérissement pour la plante : il ne devient une force que par l'intervention de l'énergie solaire qui transporte sous forme de vapeur, de grêle, de neige, de pluie, l'élément liquide des océans et le jette sur l'élément solide. On ne doit donc pas comparer et opposer les phénomènes de composition du sol et les phénomènes de climat, ni apprécier isolément l'importance de chacun : ils ne valent qu'associés et sont solidaires. On peut aller jusqu'à dire que la composition chimique d'une certaine nature de sol se modifie dès le moment où ce sol est imprégné d'eau plus ou moins chaude, influencé par le soleil soit à l'état humide, soit à l'état sec. La pluie, la neige, la grêle, l'inso lation, tout cela détermine des réactions chimiques dontl'intensité est prouvée par le fait de la prospérité ou du dépérissement des plantes, prouvée encore parla nécessité de restituer des éléments sous foi^me d'engrais quand les plantes les ont pris. Une terre dans un champ n'est donc plus la même au moment des semailles et après la récolte : elle se modifie, se transforme et s'alimente comme les matériaux d'un corps vivant. D'ailleurs, ne contientelle pas les matériaux de beaucoup de corps vivants, quand, par exemple, on engraisse des prés et des champs de Normandie, de Bretagne et de Flandre avec le poisson qu'on ne peut vendre, etc., ele.

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