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LA MOSELLE

une réiiion où le relief est assez nettement caractérisé, où riiuinidité est consitlérable et révaporation médiocre. La guerre de 1870-71 a rejeté la France des rives du Pdiin; avant cette date, nous possédions en outre le cours de riU, rivière de la plaine d'Alsace, et une grande partie du cours (le la Moselle avec un groupe important d'affluents. Aujourd'hui il ne nous reste plus que 120 kilomètres du cours même de la Moselle, sur ôiO, et un petit nombre d'affluents appartenant à la région supérieure.

La Moselle (petite Meuse) draîne, avec son cortège d'affluents français, le flanc occidental des Vosges, le plateau de Lorraine et le flanc septentrional des Faucilles, appelées la ^'osge par les gens du pays. Elle parcourt donc une région où les pluies sont abondantes, atteignant 0'",75 de moyenne annuelle à la surface du plateau, 1 mètre et plus sur les pentes vosgiennes. Les Vosges et les hautes parties de la Lorraine portent longtemps des neiges en hiver, ce qui détermine quelquefois, quand le printemps devient brusquement chaud, une montée assez considérable des rivières vosgiennes.

La Moselle naît au nord du ballon d'Alsace, par 730 mètres d'altitude environ, d'une jolie source que beaucoup d'autres presque égales viennent vite renforcer, dans ce pays où les bois et les herbages retiennent une couche assez épaisse de terre végétale dans laquelle ruissellent des milliers de filets d'eau. Vers Picmiiemont, à l'altitude de 380 mètres, elle sort de la région des contreforts vosgiens. En aval d'Épinal, ayant descendu 80 mètres encore, elle débouche sur le plateau lorrain, dont elle suit la pente du sud-est au nord-ouest jusqu'à la rencontre des côtes de Meuse. Elle est alors rejetée vers le nord-est, longe le plateau de la Woévre et, à Frouard, entre dans un sillon plus large où vient confluer la Meurthe. D'Épinal à Tout, elle a franchi une différence de niveau de plus de 120 mètres, glissant claire et pure sur les étages du plateau, par une série de rapides et de sinuosités ; rien de plus charmant que de voir les eaux de la Moselle sautiller sur un barrage de cailloux roulés. A Toul, les hauteurs qui la séparent de la Meuse n'ont guère qu'une largeur de 10 kilomètres, entamées en tunnel par le chemin de fer de Paris à Nancy et par le canal de la Marne au Rhin. Au confluent de la Meurthe, l'altitude n'est plus que de

190 mètres, et de 180 seulement à la frontière, près de Pagny-sur-Moselle.

Les Vosges donnent au cours supérieur de la Moselle les deux jolies rivières de la Moseloile et de la Vologne, qui sont les émissaires des lacs de Longemer et de Gérard mer : ce sont des affluents de droite. A gauche, par 2-20 mètres d'altitude, au pied de la haute butte qui porte le fort de Saint-Vincent, conflue dans la Moselle le Madon, lente rivière du plateau, aussi encombrée de roseaux que la Moselle est nette entre ses berges élevées, dans sa charmante succession de barrages de cailloux et de fosses profondes. La Meiirthe (ITOkil.), dernier affluent de droite, a, comme la Moselle, ses sources dans les hautes Vosges. Au confluent, elle roule à peu près autant d'eau que la Moselle. Réunies, elles débitent un volume de 25 mètres cubes aux basses eaux, de 50 en moyenne. Après sa sortie de France, la Moselle arrose Metz en Lorraine, puis Trêves dans la province Rhénane, et tombe dans le Rhin à Coblentz.

La Meuse. — De la Meuse, longue de 950 kilomètres, près de hi moitié (450 kil.) nous appartient. L'étroit sillon où elle coule ne représente qu'une surface de 7500 kilomètres carrés. La région meusienne, d'un relief moins élevé et plus monotone que celui de la Moselle, est déjà moins arrosée (0°,72 au lieu de 0°',75 et plus).

La Meuse prend sa source au nord-est de Langres, à 410 mètres d'altitude sur les confins de la Vosge et du plateau de Langres, dans des calcaires jurassiques. Vers Bazoilles, elle s'engouffre dans une fissure de l'oolithe que l'on appelle la perte de la Meuse, et elle ne reparaît que 3 kilomètres plus loin. Chacune des étapes de son cours marque un bassin séparé du précédent et du suivant par des défilés : ce sont les bassins de Neufchàteau, de Pagny, de Vaucouleurs, de Commercy, de Saint-Mihiel et de Verdun. En aval de Mézières, la Meuse s'engage tortueusement dans les schistes ardoisiers de Lorraine. Ses pentes sont rapides, ses vallées fort encaissées, si ce n'est au passage de chacun des bassins, d'ailleurs de largeur très différente. De Neufchàteau à Commercy, sur moins de 50 kilomètres, la pente s'abaisse de 40 mètres. Vers Montliermé, au delà de Charleville, les boucles de la

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