CÔTE DE I.A MANCHE
Malgré la médiocre prorondeiir de la Manche, il est rare que le fond se relève et dresse jiis(|irà la surface des eaux des bancs de sable ou des crêtes rocheuses. Le banc qui, sous le nom de Bassiirc de Baas, s'allonge d'AmblcIiuise à l'embouchure de l'Authie, y est à peu près seul de son espèce.
La côte. — Artois et Boulonnais, Picardie et pays de Caux. — Du cap Gris-Xez à l'estuaire de la Seine se développe, avec des aspects divers, une côte qui est le débouché des riches domaines de la Seine et de la Somme. Trois sections s'y distinguent: le Boulonnais, le Marqiienterre, le pays de Caux .
Les falaisesjurassiquesdu Boulonnais, assez rigides, mais fortement mordues par l'érosion, ont déjà une articulation bien supérieure aux rivages de la mer du Xord et du pas de Calais. Le port de Boulogne a profilé d'une forte indentation de la ligne littorale. Le cap dWlpreck '49 m.; y est saillant et se prolonge au loin vers le sud.
Entre l'Alpreck et l'embouchure de la Somme reparaissent les basses plages d'ail uvions. Là, les collines et les plateaux s'écartent de la mer. Aussi les progrès des dunes étaient-ils rapides, avant que l'homme eût réussi à les enrayer par des plantations de pins et d'oyats. Grâce à ces elTorts, le Marquenterre picard, comme les moëres de Flandre, est devenu un riche pays d'agriculture. Les seuls abris de ce littoral déprimé sont les embouchures des fleuves côtiers: Canche, Authie et Somme, dont les passes s'envasent et se comblent rapidement. Monlreuil, Elaples, Saint-Valery-sur-Somme sont des ports en décadence dont la mer se sépare de plus en plus par des apports.
Au sud de l'embouchure delà Somme jusqu'à l'estuaire de la Seine, ou, plus justement, jusqu'à la rive droite de la Touques, la Manche bat les escarpements des plateaux du pays de Caux, du Roumois et du Lieuvin. C'est une suite de falaises crayeuses dont quelques-unes dominent les Ilots de plus de 100 mètres. Les caps, comme la pointe (YAilly, le cap à'Antifer, le cap de la lièue, sont les murailles les plus avancées de la falaise rongée par les lames, mais ne dépassent point de beaucoup, en général, la ligne de la côte. Les golfes où se sont établis les ports de celte région maritime, encore assez mal articulée, ne pénètrent
pas profondément dans les terres, mais sont le plus souvent resserrés entre deux falaises, à l'issue d'une « valleuse ». La meilleure articulation est formée par l'estuaire de la Seine, encombré pourtant de bancs de sables, et d'accès encore difficile, malgré les merveilleux travaux accomplis en notre siècle pour régler le fleuve et la mer. Saint- Valery-en-Caiix, Fécamp, Dieppe, sur une route très directe de Paris à Londres, le Havre, au débouché du grand tleuve que la mer remonte jusqu'à Rouen, tels sont les principaux refuges de ces rives peu hospitalières.
La mer remanie incessamment cette côte cauchoise. Le travail de la mer consiste à battre les assises inférieures de la muraille, jusqu'à ce que les couches supérieures, minées par les infdtralions, après avoir surplombé quelque temps, s'écroulent par blocs énormes. Le tlot a vite fait de déblayer les décombres, de rouler les silex épars dans la craie, et d'en faire ces galets ronds qui saccumulent sur les plages normandes. La rapidité du recul de la falaise dépend de la direction de? courants et du degré de friabilité de la roche. Il est, par an, de 30 centimètres en moyenne, souvent de 80 centimètres, exceptionnellement de 2 mètres, comme au cap de la Hève. Les courants côtiers entraînent d'ouest en est une partie des galets.
Calvados et Cotentin oriental. — La côte normande du Calvados forme transition entre le littoral à falaises crayeuses du pays de Caux et les péninsules de roches anciennes du Cotentin et de la Bretagne. La moitié orientale du Cotentin appartient, du reste, à la même formation que le Calvados. Les collines de Normandie et du Merlerault n'aboutissant pas à la mer, même par leurs contreforts, cette côte calcaire est en général plate, tantôt développée en belles grèves de sables, tantôt bordée de petites dunes. Les falaises ne sont continues qu'entre Port-en-Bessin et la baie de ^'ire. Pas de golfes ramifiés, sauf au point où la péninsule du Cotentin se soude au Bessin, à l'embouchure de la Vire et de la Taute. Au large, un cordon de rochers, sur lesquels vint se briser le Salvador, navire de l'Invincible Armada qui donna son nom au Calvados, court en face des plages sablonneuses. Ces roches sont les ruines d'une ancienne côte, que la mer a détruite. Les principauy écueils sont, avec les