LE COTENTIN
Calvados, les roches de Gramlcamp qui, comme les premiers, séparent du large une vasle rade. Quelquefois, les bancs de sable se prolongent très loin en mer, comme ceux qui, à 6 kilomètres du littoral, portent les îles de Sainl-Marcoiif ei de Tatihou. Les abris sont formés, pour la plupart, par les estuaires de fleuves côliers. Ils n'ont permis que l'ouverture de petits ports de pêche ou de cabotage, comme Conrseulles et Isignij. Mais déjà, au nord-est du Cotentin, la rade de la Hoiigiie, avec ses profondeurs de
F\^. 12. — Falaise et nez de Jobourg.
(Cliché L. Lenuiet, communiqué par In Société de géograp/iif.)
14 mètres à marée basse, annonce une côte plus articulée.
Co*entin septentrional et occidental. — A la pointe de Saire commence la région des côtes de roches anciennes, schisteuses et granitiques. Le lit même de la mer, entre le Cotentin et l'Angleterre, est formé en majeure partie de roches dures, schistes et granits. Le promontoire oriental de la péninsule, avec les pointes saillantes de Saire el de Barfleur, est cependant d'altitude médiocre. Sur les roches immergées qu'il prolonge en mer, tourbillonne en remous violents le raz de Barfleur. Au nord s'ouvre une large baie où Cherbourg est mal abrité des vents furieux de ces parages par Vîle Pelée et par sa digue. Le cap de
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la Bague termine au nord-ouest une autre péninsule rocheuse du Cotentin, allongée, creusée de baies, hérissée de pointes rocheuses, comme le nez de Jobourg (128 m.), le cap Carteret, Xa pointe du Roc, qui brisent la monotonie des grèves sablonneuses et des dunes jusqu'à la baie du mont Saint-Michel.
Au large, des îles qui, jadis, appartinrent au continent, parsèment un plateau sous-marin couvert d'une l'aible épaisseur d'eau. Ce sont des morceaux détachés de la terre ferme par les assauts séculaires des vagues. Aurignij, Guerneseg, Y îlot de Sercq et Jerseg sont élevés de 50 à 100 mètres au-dessus du niveau des basses mers et inclinés, les trois premiers vers le nord-ouest, le quatrième vers le sud. Au sud, à 30 kilomètres de la côte, sont semées les roches des Minquiers, que sépare de la pointe de Granville l'archipel granitique des Chauseg.
Entre ces archipels et la côte, des vents locaux et des courants marins rendent les passages redoutables. Les plus dangereux sont : entre le cap de la Hague, le nez de .Jobourg et Aurigny, le raz Blanchard, large de !(> kilomètres; entre Jersey et le Cotentin, le passage de la Déroute, au nom significatif.
Bretagne septentrionale. — Entre l'embouchure du Couesnon et l'estuaire de la Loire s'enracine à la France continentale une nouvelle péninsule, la Bretagne, encore mieux articulée que le Cotentin. Là, les monts de granit sont presque en contact direct avec l'Océan et, nulle part, il n'v a sur nos rivages mélange aussi intime de la terre et de l'eau, plus grande variété de contours et de formes. La JManche ne baigne, d'ailleurs, que la côte septentrionale armoricaine. Ce littoral est d'abord assez bas, dans la partie ouest du golfe de Saint-Malo, terme général qui désigne l'enfoncement de la mer entre Cotentin et Bretagne. C'est à Cancale que se montrent d'abord les rochers. Puis, les pointes du Grouin et de Meinga terminent une protubérance granitique, échancrée à l'ouest par l'estuaire de la Rance, véritable fiord qui abrite les ports historiques de Saint-Malo et Saint-Servan. L'articulation maritime devient encore plus délicate avec Yanse de VArguenon, la baie de Lancieux, la baie du Guildo, la baie de la Fresnaye. Le cap Fréliel domine les flots d'un éperon de