LK BRETAGNE
80 mètres qui marque une extrémité de la baie de Sainl-Brieuc. Celle-ci, large échancrure de 50 kilomètres d'amplitude, offre de nombreuses saillies effilées, comme le cap iVErquy, et de nombreux havres, tels que le Légué, port de Saint-Brieuc, Portrieux, Vanse de Paimpol. Elle est fermée, vers l'ouest, par le Sillon de Talbert, chaussée naturelle de galets que flanquent l'île Bréhat et le banc rocheux des Iléaiix. Bientôt se dessine le massif promontoire du pays de Tréguier, enveloppé, lui aussi, d'une ceinture insulaire dSept-Ites, rochers de Triagoz) et qui se creuse de V estuaire du (hier où s'est formé le petit port de Lannion. Enfin, audelàde \?^baie de Morlaix qui s'enfoncede 10 à 12 kilomètres entre les pointes de Blascon et de Primel, se développe le pays de Léon, dont les falaises sont semées de récifs, hérissées de pointes {pointes de Pontresval et de Corsen), découpées de baies (baie de Bosco ff, anses de l'Aber Vrac h et de CAber Benoît) innombrables. A 1 200 mètres de la côte, Vîle de Batz (7 kil. carr.) abrite l'excellente rade de Boscoff, entourée de toute une poussière dîlols dont les rochers de Porsal el celui du Four jalonnent l'extrémité. C'est là que l'on fait traditionnellement finir la côte bretonne de la Manche.
Le Cotenlin el la Bretagne septentrionale surtout sont déjà beaucoup plus riches en abris que les côtes delà Flandre, de l'Artois, de la Picardie et de la Normandie orientale. Mais la mer ronge et détruit les roches de cette région avec une rapidité que conslatent les traditions historiques et les observations des géologues. Les Chausey et l'île de Jersey tenaient sans doute encore à la terre ferme, quand les Romains arrivèrent dans la Gaule septentrionale. Une sorte de digue sous-marine, au-dessus de laquelle on ne trouve nulle part 10 mètres deau, rattache Jersey au Cotenlin; il en va de même entre les Chausey et Granville. La baie du rnonl Saint-Michel a été remplie par une marée formidable, au début du vni'= siècle. Le souvenir de cette irruption survit chez le peuple de la côte qui raconte que des villes, jadis prospères, dorment sous les flots de la baie. Actuellement, d'ailleurs, la mer recule et Ton espère reconquérir à la culture une bonne partie des grèves. Quant à la baie de Saint-Brieuc, la Manche ne cesse d'en ronger les rebords schisteux et elle a gagné 30 kilomètres environ depuis le V* siècle. D'ailleurs, sur toute cette côte, les marées très
basses laissent apercevoir, enlisés dans le sable rie Teslran, des troncs d'arbres, témoins d'antiques forêts effondrées sous les eaux. Une autre forme de l'envahissement marin est l'accumulation des dunes. C'est ainsi que, sur les côtes du Léonais, surtout vers Saint-Pol et Roscofî, se sont formés des bourrelets d'un sable très fin que lèvent transportait au loin, avant qu'on ne les eût fixés par des plantations. Par endroits, soit naturellement par apports océaniques, soit arliliciellement par le travail humain, la terre prend sa revanche. Sur toute cette côte, au fond de chaque anse, la mer accumule des dépôts de tanf/ues, séiUment précieux dont les carbonates servent à améliorer les terres bretonnes. Dans le golfe de Saint-Malo, la région littorale, de Pontorson à Cancale, sur une surface de l.^OOO hectares, a été reconquise sur les eaux et protégée contre un retour offensif par 30 kilomètres de digues.