‹ La France et ses coloniesChapitre 58 sur 179 · NOTIONS DE STATISTIQUE · texte numérisé non relu

NOTIONS DE STATISTIQUE

tlislancée par la Belgique (224), \es Pays-Bas {lb'2), les îles Brilanniqites (124), Vltalie (110), V Allemagne (98j. Ce chilïVe de 73 n'est, au surplus, qu'une moyenne. Il est des régions plus peuplées, spécialement celles d'industrie et de commerce actifs, comme la vallée moyenne et inférieure de la Seine, la Flandre et l'Artois, la contrée comprise entre Lyon etSaint-Étienne, ou certaines régions maritimes, telles que le littoral breton ou provençal. Les départements de la Seine, avec 6900 habitants, du Nord, avec 314 habitants, du Rhône, avec 293 habitants au kilomètre carré, du Pas-de-Calais, avec 134, de la Loire, avec 130, desBouches-du-Rhône, avec 128, de Seine-et-Oise, prolongement de celui de la Seine, avec 118, et du Finistère, avec 105, sont les plus peuplés. D'autres régions ont inversement une population plus ou moins inférieure à la moyenne et, parmi elles, certains pays montagneux et peu fertiles, comme les départements alpestres et du Massif central, ou la Sologne, la Brenne,les Landes, la Camargue, zones peu salubres. Les départements de la Haute-Marne, avec une densité kilométrique de 37 habitants, de la Corse, avec 33, des Landes, avec 31, de la Lozère, avec 25, des Hautes- Alpes, avec 20, des Basses-Alpes, avec 17, sont au nombre des moins peuplés. Ce sont, d'ailleurs, ces régions ou départements qui fournissent, par année, le plus d'éléments à l'expatriation ou à l'émigration vers les grandes villes. Ainsi, tout lieu où l'homme peut déployer son activité et s'acquérir le bien-être constitue une sorte de foyer d'appel, un « pôle d'attraction ». Au contraire, une terre ingrate, un climat malsain éloignent les hommes. Ce sont des « pôles de répulsion >>.

Les villes. — Los agglomérations urbaines sont déterminées par des causes diverses, tantôt militaires, tantôt économiques, quelquefoismilitairesetéconomiques àlafois, plus rarement politiques ou administratives. Ainsi, mainte vieille cité, gauloise ou romaine, a utilisé une position défensive remarquable, une île, comme Par/s, un promontoire saillant, baigné par un lleuve, comvae Besançon\ un mamelon dominant la plaine, comme Laon. Les influences commerciales, encore plus puissantes, ont localisé certaines villes, sur les rivières, à distance d'étapes ou à la croisée de routes importantes; tel est le cas, outre Paris, pour

Orléans, Tours, Poitiers, Bordeaux, Toulouse ; an débouché d'une vallée, comme à Grenoble; à un confluent, comme à Lyon; à la tôte d'un pont (les Ponts de Ce), etc. Mais les raisons industrielles, la présence de la houille ou autres richesses métallurgiques, provoquent ou activent singulièrement le groupement des hommes. Le Creusot, qui n'était qu'une bourgade en 1837, et tant d'autres agglomérations populeuses des régions les plus déshéritées du Massif central {Decazeville, Carmaux, etc.), en sont la preuve. Quelquefois enfin, la formation des villes s'explique par des raisons politiques, administratives et militaires. Les innombrables « Villefranche », « Villeneuve « et « Neuville » de notre territoire, qui, au moyen âge, attirèrent, par l'appât de privilèges importants, les roturiers de leur voisinage, appartiennent à cette catégorie. Dans un autre ordre d'idées, Nanc.i] et Épinal ont dû à Tiinmigration des Alsaciens-Lorrains en France un rapide afflux de population.

Causes d'accroissement de la population : naissances, immigration. — Tandis rpic le coeflicient de la nalalilé est très élevé en Russie, eu Hongrie, en Autriche, en Ilaho,cn Allemagne, en Hollande et en Angleterre, il est assez faible en France. Un seul pays en Europe compte moins de naissances, l'Irlande, bien qu'infiniment plus pauvre. Par contre, la population en France n'a pas cessé, depuis le début du siècle, de s'accroître par l'immigration étrangère. Près de 1200000 étrangers sont actuellement fixés chez nous, principalement des Belges (500 000 environ) dans les départements septentrionaux, des Italiens (260000) en Provence, des Espagnols (80 000) dans la vallée de la Garonne, des Suisses (75000), des Anglais (36 000) et des Allemands (110000), un peu partout disséminés, mais résidant surtout dans les grandes villes. Cet afflux, heureux en principe, a deux inconvénients. D'une part, en temps de guerre, de grandes agglomérations d'étrangers peuvent nuire à la défense nationale ; d'autre part, en temps de paix, ces immigrés sont autant de concurrents pour notre travail national. C'est à quoi ont prétendu remédier des lois récentes, obligeant tous les étrangers à la déclaration de domicile avec taxe de résidence, et conférant la nationalité obligatoire, avec ses bénéfices, mais aussi avec ses charges, notamment celle du service militaire, à tous les

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individus qui, nés en France de parents étrangers, y résident à leur majorité ' .

Causes de diminution de la population : mortalité ; émigration. — La mortalité en France est très faible (22 décès pour 1 000 habitants). Seuls, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas, l'Angleterre ont un nombre de décès inférieur à celui de la France. De même, la durée de la vie moyenne est chez nous assez élevée et l'on peut dire couramment qu'un Français de 50 ans a, en général, 5 ans de plus à vivre qu'un Prussien du même âge. Ainsi notre race semble favorisée au point de vue de la persistance de la vigueur chez l'individu.

Quant à l'émigration, elle enlève fort peu d'habitants à la France. Les Français, qui, sous Louis XIV, émigraient beaucoup, surtout de Normandie, de Saintonge, du Limousin, semblaient devenus moins aventureux, plus sédentaires qu'autrefois, lorsque, à partir de 1880, la renaissance de l'empire colonial français détermina un développement assez sensible d'émigration. Cependant, tandis que la Russie, l'Angleterre et l'Italie chiffrent annuellement les départs au moins par centaine de mille, la France ne fournit guère qu'un contingent de 20000 émigrés.

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