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CHAPITRE PREMIER

VICISSITUDES DES DIVISIONS NATURELLES, ADMINISTRATIVES OU MIXTES DE LA FRANCE. ■ — FORMATION TERRITORIALE. — VALEUR RELATIVE DE LA NOTION d'uNE « DIVISION EN RÉGIONS NATURELLES ».

Sommaire.

Les différentes étapes de la formation territoriale. Époque romaine, époque franque. Période féodale. Les Capétiens. Les Valois. Les Bourbons. Période contemporaine.

Divisions anciennes et divisions actuelles. Le département. La généralité, la province et le pays. Répartition des provinces. Cai'actèrc jiassager de la plupart des divisions régionales. Comment doit être comprise une division régionale de la France. Valeur des appellations régionales, pays, etc.

L — Formation territoriale.

La constitution du territoire français, tel qu'il se présente aujourd'hui, relève, avant tout, de l'histoire. Cependant, la structure du pays, comme elle favorisa la fusion des races, favorisa également le travail de formation politique.

Époque romaine. — Époque franque. — Les Césars, le pays une fois vaincu et pacifié, commencèrent par établir une ligne de frontières fortifiées, le long du Rhin, depuis son delta jusqu'à son cours helvétique, pour défendre la Gaule contre la barbarie germanique, et par percer des routes qui mirent tous les points de l'isthme français en rapports directs et rapides avec le centre. Ils constituèrent ensuite une administration intérieure très forte : 17 provinces, ayant chacune leur gouverneur et comprenant

chacune un nombre variable de cites (60 au lotal), se groupaient pour former le Diocèse de Gaule, administré par le Vicaire qui, de Lyon, sa résidence, correspondait directement avec le Préfet du Prétoire, chef suprême de l'administration provinciale, véritable ministre de l'Intérieur de l'époque. Les rois francs conservèrent cette organisation savante dans la mesure de leur force. En chassant les Wisigoths, en domptant les Burgondes, en repoussant les Alninans et les Arabes, ils contribuèrent à maintenir l'unité politique de la Gaule, que Cliarlemagne confondit dans l'unité de l'empire romain restauré.

Période féodale. — Lorsque l'empire carlovingien se démembra, alors se produisit, vers la fin du ix'' siècle, avec la féodalité, plus qu'un temps d'arrêt, un mouvement de recul dans la formation de la France. Chacune des régions naturelles disting^uées par le relief et le climat, Languedoc, Bretagne, .\orniandie, Champagne, s'isola, derrière les montagnes qui la bordent, avec des souverains particuliers. Les plateaux du Nord- Est (Lorraine, Bourgogne, Franche-Comté) se groupèrent, sous le nom de Lotharingie, comme un État de transition entre la Gaule et le nouveau royaume de Germanie. Toutes ces contrées se morcelèrent, d'ailleurs, à leur tour, sous des seigneurs, grands ou petits, qui, eux-mêmes, se comportaientenchefsautonomes. Mais, presque à la môme époque, commençait une évolution inverse qui eut pour but de ramener, de gré ou de force, tous ces fiefs sous l'attraction d'un centre nettement désigné par la géographie, et tous ces féodaux sous l'autorité d'un chef unique. Ce centre, c'était la plaine parisienne, l'Ile-de-France, dont, avec le temps, le nom devait s'étendre à toute notre patrie. Ce chef, c'était le roi capétien.

Les Capétiens. — Hugues Capet possédait déjà, outre son domaine parisien, l'Orléanais, porte d'entrée sur la vallée de la Loire moyenne. Ses successeurs immédiats arrachèrent à la féodalité le Vexin, pays de Mantes et de Pontoise et vestibule de la Normandie, et la vicomte de Bourges, qui rapprocha la royauté nationale du Massif central. Puis, à la fin du xn*" siècle, le domaine royal s'augmenta, principalement par les mains de Philippe-Auguste,

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de VArlois et du Boulonnais, première issue sur la mer, de la Normandie, qui mit au service du roi de Frauce le débouché de la vallée de la Seine, dont il possédait déjà la partie moyenne. L'Etat capétien cossa alors dêlre purement continental. L'annexion deVAnjou, de la Touraine, du Maine, marqua de nouvelles étapes vers la France centrale. Saint Louis poussa jusqu'à la Charente, mais laissa les rois d'Angleterre maîtres du Limousiri et de la plus grande partie des pays de la Garonne. C'était un danger quifutécarté par Philippe le Hardi, avec l'aciiuisition définitive du Poitou, du comté de Toulouse et de la plus grande partie du Languedoc. La France devenait riveraine de la Méditerranée.

Les Valois. — Vint alors la terrible guerre de Cent Ans, qui sembla devoir disjoindre, un moment, ces provinces si péniblement rassemblées, mais qui fit naître le patriotisme sous sa forme primitive de l'amour des sujets i)our le roi. Les règnes les plus néfastes furent, d'ailleurs, marqués par des annexions heureuses, celle du Dauphiné, par exemple, qui, sous Philippe VI, rendit décidément française la vallée du Rhône, déjà entamée par l'acquisition du Maçonnais sous saint Louis, et de Lyon sous Philippe le Bel. Enfin, l'expulsion des Anglais une fois achevée, l'unification recommença, pour marcher à pas de géant. Louis XI reprit à Charles le Téméraire son important duché de Bourgogne, voie d'accès vers les plateaux du Nord-Est et clef des communications entre la France du Nord et la France méditerranéenne. Il accrut aussi le littoral méditerranéen, par l'annexion de la Provence. Les guerres d'Italie, puis les guerres de religion n'empêchèrent pas Louis XII d'acquérir la 5re/«^/2e, si réfraclaire jusque-là à l'influence française ; François L"", de confisquer au connétable de Bourbon la partie septentrionale du Massif central [Auvergne, Marche, Bourbonnais, etc.); Henri II, d'entamer le plateau de Lorraine, par la conquête des Trois-Evêchés, Metz, Toul et Verdun. En même temps, les réformes administratives de la royauté resserraient le lien d'obéissance entre les divers membres du domaine augmenté.

Les Bourbons. — Les Bourbons achevèrent de constituer la France telle que nous la connaissons ou voudrions la

connaître. Henri W apporta la \avarre, le Béarn el le comte de Foix à la couronne. Par Tacqnisilion de la Bresse et du Bugey, il prépara la voie aux entreprises de ses successeurs dans la région du Jura. Richelieu, Mazarin, Louis XIV, malgré ses revers, nous donnèrent VAlsace, y Artois, que les princes bourguignons du xv'' siècle avaient légué aux Espagnols, le Boiissillon et la Cerdagne, complément de la frontière pyrénéenne, plus tard la Flandre française et la Franche-Comté. Le règne de Louis XV, si désastreux par la ruine des efforts coloniaux de Colbert, Dupleix et Montcalm, vit, du moins, l'arnexion de la Lorraine et de la Corse.

Période contemporaine. — Au cours des guerres de la Iiévolution et de l'Empire, la France prit une extension démesurée pour subir bientôt les humiliations de 1815. Du moins, les traités de Vienne nous laissèrent-ils Avignon, incorporé en 1791. Et si le second Empire a su acquérir la Saroie et le comté de \ice, il a perdu l'Alsace et une partie de la Lorraine, unies à la patrie française par une communauté séculaire d'intérêts et de sentiments.

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