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ÉTUDE SOMMAIRE DE LA COMPOSITION DU SOL FRANÇAIS

Sommaire.

Composition du sol français. — Terrains primitifs et primaires (granits, gneiss, schistes cristallins, etc.) : Corse, monts des Maures et Esterel, mont Blanc, Pelvoux, zone orientale et centrale des Pyrénées, Massif central. Massif armoricain. — Terrains secondaires (triasique, jurassique, crétacé). Ils représentent plus d'un quai't du territoire et sont groupés autour des massifs les plus anciens. — Terrains tertiaires. Trois zones principales : bassin de Paris, bassin d'Aquitaine, plaine du Rhône et de la Saône. Ils sont au nombre des plus fertiles. — Terrains quaternaires : très peu nombreux, deltas, dunes. — Roches volcaniques, basaltes et laves. On les rencontre surtout dans le Massif central.

Méthode géographique d'emploi des notions de composition du sol. — On groupe d'ordinaire, sous le nom de géologie de la France, l'ensemble des notions relatives à la composition du sol de notre pays. Cette appellation est inexacte, depuis que la science géologique, non contente d'appliquer ses méthodes de recherche à la composition chimique du sol ou minéralogie, s'applique également à faire connaître les conditions dans lesquelles s'est formé un relief. Le mot géologie ne signifie donc plus composition du sol, mais à la fois composition, disposition.

Rappelons brièvement que, même dans l'étude de la composition chimique des terroirs dont l'assemblage forme la France, le géographe est tenu de ne point procéder suivant le même dessein que le géologue. Rien de plus naturel, dans une étude de géologie, que d'étudier en soi-même, et sans souci des phénomènes de végétation, spontanée ou culturale, sans souci de la variété des climats, les diverses roches ou terres meubles d'un pays. Le géographe est obligé, au contraire, d'envisager les faits de composition du sol dans leur étroite connexion avec les phénomènes de climat et de végétation, puisqu'il veut aboutir en fin de compte à expliquer comment ces faits ont exercé quelque influence sur les destinées des peuples de la France.

Enfin, tandis que les géologues ont toutes raisons d'étudier les roches non seulement à la surface du globe, mais dans ses profondeurs accessibles, le géographe s'intéresse éminemment à deux ordres de faits, la valeur industrielle des métaux situés dans les couches superficielles ou profondes, la valeur agricole des couches de la surface du sol.

Nous commencerons donc par examiner la composition des roches du territoire français qui sont, soit pour notre agriculture,

soit pour notre industrie, du plus haut intérêt, ou qui contribuent à expliquer le mieux la nature de nos sources et de nos cours d'eau.

Terrains primitifs et primaires de France. — Les terrains primitifs el primaires, qui comprennent une extrême variété de roches, recouvrent une part notable du territoire français. On désigne sous ce nom des granits, des gneiss, des schistes cristallins, puis différents autres schistes carbonifères et houillers. Parmi les plus grandes masses de terrains primitifs et primaires de France, on peut citer, au sud-est, la Corse, les massifs des Maures et de VEsterel, les grandes montagnes du mont Blanc et d'une partie des Alpes du Dauphiné dans la région du Peluoux, les Pyrénées dans leurs zones orientale et centrale ; à l'est, la moitié méridionale des Vosges se compose essentiellement de granits ; le plateau ardennais est une masse rasée de schistes primaires. Beaucoup plus importantes sont les régions primaires el primitives du Massif central et de la péninsule armoricaine. iJansle Massif cenlral, ce sont les terrains primitifs qui dominent, souvent encadrés par des masses de terrains primaires. L'ensemble du Massif armoricain, c'est-à-dire la Bretagne, la Vendée et le Cotentin, comprend une zone centrale de terrains primaires, généralement des schistes, et deux bandes enveloppantes de terrains primitifs, parmi lesquels domine le granit.

Mais, en raison des différences de climat de toutes ces régions, les roches que marque la carte géologique sont ici vraiment superficielles et exposées à l'air libre, là recouvertes de couches plus ou moins épaisses de terre végétale. Il ne faudrait pas que la lecture d'une carte géologique fît croire à l'analogie des granits de Corse et de ceux de Bretagne. En Bretagne, nombre de distiicts granitiques sont recouverts d'une couche de terre végé4ale, dont l'épaisseur peut varier de quelques centimètres à quelques décimètres : ajoncs, herbages, forêts, dans un pays où les pluies sont abondantes mais réparties sur un grand nombre de jours et peu violentes en général, ont accumulé des détritus qui sont justement le sol agricole, donc celui qui intéresse la géographie, science des rapports entre la terre et l'homme. Une partie des plateaux du Limousin, où il y a de si belles forêts de châtaigniers et de si gras pâturages, rappelle la Bretagne par la richesse que procure aux hommes l'existence d'une enveloppe de terre meuble superposée au granit. Une partie des Vosges gra-

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