Sous-pfiéfectures : Bressuire, Me lie, Parthenay
taires, les unes de rOcéan, les autres de la Loire. Deux de ces coupées fluviales, celle du Clain et celle de la Vienne, prolongées en sens inverse, du nord au sud, par une partie de la vallée delà Charente, constituent proprement, sous le nom de passage du Poitou, la grande route entre le Bassin de Paris et le Bassin de Bordeaux.
Par son état piiysique comme par son histoire, le Poitou est une région de contrastes. Les aspects les plus divers s'y coudoient. Par exemple, la masse du Bocage vendéen est séparée de la mer par une « Plaine » d'alluvions que termine le « Marais », couvert d'un lacis de canaux. Ainsi, à côté des landes, des taillis, des chemins creux, des lignes interminables de haies vives qui rappellent, à la fois, la Bretagne et le Perche, s'étale, et sans ondulation, une petite Hollande. Un plat pays pacifique borde la zone guerrière où se fusillèrent les « Chouans » et les « Bleus ». Sa situation intermédiaire valut au pays d'innombrables vicissitudes, en fit le champ de bataille des influences les plus contradictoires. La Caule franque et l'Aquitaine, les rois de France et les rois d Angleterre, les catholiques et les protestants, les républicains et les royalistes se le disputèrent successivement (Vouillé, 507; Poitiers, 732 et 1350; Moncontour, 1559; insurrection vendéenne de 1793-95). Prise entre ces influences contraires, la population est à la fois nord et midi, dans son langage, ses mœurs, ses modes de travail ; bien française, au surplus, si l'on parcourt la liste de ses grands hommes; elle fut le berceau des familles de Richelieu et de Voltaire.
Médiocrement peuplé (63 habitants au kilomètre carré dans la Vendée; 57 dans les Deux-Sèvres et 48 seulement dans la Vienne), le Poitou n'a que de faibles aptitudes industrielles. Il est plutôt apte à l'élevage qu'à la culture, produit des bœufs et des moutons, mais plus encore des mulets et des ânes, appréciés, sous le nom de « bardots », dans tous les pays montagneux de la France et de l'Europe méridionales. Melle est le grand marché de cet élevage.
Dans un pareil pays, les villes sont relativement rares et en général peu considérables. Beaucoup, d'ailleurs, attirent l'attention par leurs souvenirs historiques et surtout leurs monuments religieux. Car le Poitou a été l'un des centres de floraison de l'architecture romane en France (Notre- Dame-la-Grande de Poitiers). Poitiers, la capitale, à
39000 habitants. Une école de droit renommée et une cour d'appel évoquent les grandes traditions juridiques de cette cité qui, pendant la guerre de Cent Ans, reçut le Parlement de Paris exilé. Tout à côté d'elle, Châtelleraiilt ('22 000 hab.) a d'activés fabrications de coutellerie et une manufacture d'armes. Niort (23000 hab.), au centre d'une plaine autrefois couverte par la mer, est un marché de produits horticoles (angélique) et de légumes. Loudiin (Vienne), Parthenay et la Mote-Sainte-IIéraye (Deux- Sèvres) conservent encore l'industrie traditionnelle des « pinchinats » et des « breluches », lainages communs du pays. Chantonnay et Voiwant (Vendée) extraient la houille. Dans le même département, les Sables-d'Olonne sont un actif port de pêche.