‹ La France et ses coloniesChapitre 113 sur 283 · décenibre · texte numérisé non relu

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2. Réellemont : Mostagliunem, avec la gutturale prassoyanle dite ghaïn ou rain, que les Français Iranstrlvcnl par ph ou par r".

ALGÉRIE

— comme le proclame à lui seul, dans la banlieue, le nom de Vallée des Jardins; — enlin les fontaines étaient belles : avant toutes, Aîn-Sefra ; puis la source de Mazagran, qui verse 44 litres à rétiage;'et la font de Mitocarba, qui en donne 55, tout à côté de la mer.

Les (( Andalous » arrivèrent en foule. En quelques lustres ils firent de Mostaganem une cité de 40000 âmes avec faubourgs. Le Turc vint et tout diminua, vergers, céréalières, prairies, moulins, ateliers, ville et villages. Mais les joyeux aïoun n*ayant pas cessé de jaillir, et le sol n'ayant rien perdu de son excellence, le Français a régénéré la contrée mostaganémoise, Tune de celles d'Algérie où nos colonies sont le plus nombreuses, en même temps que le plus vraiment rustiques : il y a là une petite France où le vigneron tend à dominer, France gaie, prospère, essaimante, absorbant peu à peu des Espagnols, point haïe des Musulmans ses voisins, et ne les haïssant pas.

Mostaganem contribue au nom complet du golfe qui commence à s*infléchir au sud-ouest et fort près de la ville, à la pointe de la Salamandre, et finit au cap Carbon. Ce golfe, on l'appelle, pour ne rien omettre, golfe de Mostaganem et d'Arzeu. Mais comme Mostaganem n'a qu'une rade sauvage et qu'Arzeu la sèche est un « port divin », on dit plus brièvement : golfe d'Arzeu; plus justement aussi, car il vaut mieux désigner un rentrant de la mer par l'abri qu'on désire que par la grève (fu'on redoute.

Le golfe d'Arzeu déferle, en sa moitié d'orient, sur une côte basse, l'oche ou dune ; en arrière se redresse en escarpement le rebord du plateau de Mostaganem; sur ce rebord pointe une a colonne héroïque », monument rare en Berbérie.

C'est la colonne de Mazagran, si belle colonne (|u'on l'a surnommée le a diamant de la province ». Elle consacre le souvenir d'un assaut de quatre joui*s contre un abri-bicoque; à bravoure égale, armes inégales, 125 Français, très bien tenus en main, y repoussèrent des milliers d'Arabes fort mal commandés (1840).

Au fond de courbure de la baie, à sa plage la plus méridionale, les collines de sable ne s'appuient plus aux talus de support d'un plateau ; il n'y a derrière elles qu'une plaine immense, très basse, très marécageuse. Dans celte plaine, et tout h son septentrion, au pied même du bourrelet aréneux, sort du palus une rivière que la dune, barrant l'accès de Ja mer, prolonge de 5 kilomètres vers loucst jusqu*à Port aux Poules.

On nomme Macta cette rivière, faite de la rencontre de l'Habra et du Sig.

S*» La Macta, les Quatre -Rivières, Aîn- Fékan, Mascara. — Oued-el-Makhta, nom complet avec la véritable orthographe arabe, signifie : Rivière de la Coupure — justement de ce qu'elle tranche brusquement la dune, maintenue dans sa cohérence par les touffes d'alfa, les racines et les radicelles des thuvas.

A moins de 50 kilomètres à vol d'oiseau au sudouest de Mascara, trois oueds se rencontrent dans le val des Trois-Rivières, et le plus grand de ces courants vient précisément d'en recevoir un quatrième; ce bassin devrait donc se nommer les Quatre-RivièrdS.

C'est une chose notablement rare qu'un confluent de quatre vallées; mais, l'Atlantide étant petite, ces vallées n'ont ni longueur, ni largeur.

Les quatre cours d'eau qui se sont donné ce rendez-vous, l'Ouizert, leFékan, THounet, le Seffroun, forment l'Oued-el-Hammam, qui prend plus bas le nom d'ilabra.

L'Ouizert ou Oued-Sidi-Brahim et le Fékan sont de vraies rivières en éternel renouvellement d'elles-mêmes; l'Hounet et le Seffroun, tous deux partis de la montagne de Daya (1400 mètres), arrivent à peine en ruisseaux au quadi*uple confluent : le Seffroun erre pourtant pendant 100 kilomètres, et l'Hounet pendant 150.

L'Ouizert naît du Tifrit (Taria)et de la Saîda. Le Tifrit s'épanche d'Aïn-Tifrit, source puissante* que brisent trois cascades de 20 mètres, en un site grandiose, au plus creux d'une gorge où les chênes sont de très vieux chênes et les rochers des rocs d'antiquité « cosmique », alors qu'il n'y avait pas encore d'hommes pour admirer les fontaines, les bois, les cataractes.

La Saïda coule d'une font qu'on n'a pas encore vu dégorger moins de 100 litres par seconde, tout contre la hauteur des terres entre Tell et Steppe, à la lisière des grandissimes champs d'alfa. Née à peine, elle coule devant la ville des trieurs et comprimeurs de la plante jadis dédaignée, Aîn-el- Hadjar, c'est-à-dire a la Font des Pierres »', à 1024 mètres au-dessus des mers : là on presse mécaniquement l'alfa en blocs durs comme du bois, et ces ballots sont emportés \ers le havre

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