Évaluation buuii doute exagérée
On vante infiniment nioin.s l'eucalyptus qu'autrefois; on le plante aussi beaucoup moins: la première ferveur est passée, mais tout le monde reconnaît qu'il combat par une exhalaison de vie les exhalaisons de mort des palus.
L'abondance d'Aïn-Fékan ne vient point de <|uelque grande montagne dont la fontaine recevrait invisiblement les eaux; la reine des sources de la province d'Oran doit son trésor de flots aux ruisseaux qui filtrent dans les terres poreuses de la plaine d'Kghris, laquelle, à 500mètres de moyenne altitude, a pour ville majeure Mascara la salubrc.
Mascara (588 mètres) n'est point bâtie sur les alluvions de la plaine d'Eghris, mais elle couvre, au-dessus d'elle, et tout près d'elle, deux coteaux séparés par l'Oued-Toudman, dans un vignoble dont les vins sont une liqueur de flamme, au revers méridional des montagnes terreuses des Béni-Chougran. Désormais ville agicole. Apre à remplir ses celliers. Mascara fut surtout ville militaire au siècle passé : Oran « la guerrière » obéissait alors à FKspagnol infidèle*, et de Mascara, qui venait de succéder à Mazouna connue capitale du beylik, partaient les tentatives de reconquête.
L'Oued-Fékan n*a guère que 10 à 12 kilomètres. A mi-course, il tombe de 12 à 15 mètres dans un effondrement rempli de végétations folles. Il ne draine pas, en une seule a sorgue » tout le plan d'Eghris, mais seulement l'occident de cette Métidja mascarienne; l'orient de la plaine ne se penche pas vers l'Habra, mais vers la Mina, le long de rOued-Medjaref.
5" L'Habra : barrage de Perrégaux. — La
l'ivière née de ce concours d'oueds s'appt»lle d'abord Ouèd-el-Hammam, parce qu'elle passe près du hammam ou font chaude de Bou-Hanéfia, sources à 58 degrés, qui, en fait d'eaux thermales françaises, ressemblent surtout à celles de Luxeuil et de Bourbonn(»-les-Bains. Rome usa de la bienfaisance de ce hammam, nommé de son temps Aqua^ Sirenses, d'après le fleuve, qui s'appelait Sira : radical exactement identique à Isser. Après Hamraara-bou- Hanéfia, l'oued baigne le hameau de la Gûethna, patrie de l'homme auquel nous, F'rançais, nous devons l'Afrique. C'est là que naquit Abd el-Kader vers 1807. Si ce marabout de la tribu des Hachem, si cet homme de fer, à la fois poète, prêtre, prophète, orateur, législateur et guerrier, n'avait pas remué ciel et terre, armé les Arabes, les Kabvies