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Que Dieu le maudisse! ajoute sentencieusement TArabc

t't le Miiroe. nlluqué nos ciim|iï' |)endaiit quiiizo nnné(% i-l foret' nos gèiiérduv à le pourcliHssfr jus()u'iiu lioi'il du Grand Uésyrt. nous nous dî'bat- IrioRHKans doute encore contrôle néant de l'occujintion restreinte.

Au cunlluenl de llhied-Fergoug, descendu des BéiiMJiougi'ati, rttalira passe entii.' deiis collhief! ii>clieuses ((iion a réunies pai- une digue de 375 iiiè- Jres de long snr 34 mètres de haut et 55 d epaiss:<(ir' à la base.

Hevaiil un paivil obstacle, la lille des plus beaux aioun du Tell de Mascara recule au loin danit les

trois gorges (|ui se rencontieul en amonl du l)arlage, gorge de ruued-el-Hannnaiii. gorge de l'Oued- Tezou, gorge de l'Oued-Fergoug ; elle Tornie de la sorte un lac â trois pointes oti dorment, quand il est aux trois quarts plein, 50 millions de mètres cubes. Ce sont des torrents terreux qui s'airèteiit contre la digue cyclopéenne, c'est une rivière de cristal qui sort du lac, forte moyeni>ement de 500l> litres par seconde, pour aller arroser les cliani]>s de l'errégaux, ville nouvelle, puis la plaine de Siral' qui se confond avec celle du Sig, et s'achever dans les marais après un cours de 235 kilomètres. —

longueur exaclenieiil égale à celle dtrl'lsle, noli'c jolie rivière de Périgueux. — l'our la comparer encore à l'Isle. son bassin de K22 000 liectiires dont la moitié d'amont consisie en calcaires, dépasse de 8U00CI les 753 50U hectares du cours d'eau pèrigourdin. Malheureusement les volumes écoulés ne sont point égaux, le module de l'Ilabra esl cinq à six fois moindre que le module de l'Isle. cela i>ar le fait de l'èliage. car les crues extn'nies de l'ouei) africain ne le cèdent guère aux crues itu tributaire de la Dordngne.

Le» couftructeuis du barrage de Pen-ègaux' s'étaient dit : Il Nous tiendrons liant en l'air l'Ilabra

par un obstacle qu'elle ne forcera jamais, quand même elle le heurterait avec la colère d'une crue sans parville. » Us doniièivnt donc à leur nniraille plus de cent pieds d'épaisseur, avec à peu prés cent pieds d'élévation.

Us supposaient la rivière capable de ruub'C 800 mètres cubes par seconde, sans plus. Mais, en retle excessive Afrique, ti-aitivsse est la nue qui. rouge d'abord, puis noire, luème ténébreuse, sus- )K>nd la pluie sur les champs béants de st^hercsse; elle peut IouiIht en un déluge inconcevable, inouï, qui lève les oueds deux fois plus haut qu'ils n'ont coutume.

Ainsi aiTiva-t-il à l'Ilabra en 1881. Accrue, immensément l'on peut dire, elle s'élança. « niaga-

VJO

NOS COLO*>iIES

lv^4|uellIelIt • sauf riiiipuivlé des eaux du dévei-soir de la dig^ue.

Il y avait dans ré|>aiss»eur de l'œuvre une fente : très étroite, mais c'était une fente. Elle s'élargit. D'ailleurs, la pierre et son ciment eussent-ils été la cohésion même, la roche où s'enracine à ses deux bouts le barrage est une roche inconsistante, une montagne pourrie, de celles qui, de fendillement en fendillement, se cassent sur la pente et s'épari>îHent à la base.

La nuit venue, la digue craqua par sa fissure, et le lac, plus rempli (|ue jamais, dépassa les 50 millions de mètres cubes officiels, et les 40 millions qu'il peut parfois contenir. 11 s'écroula sur la campagne d'aval. De jour, la trombe eût emporté tous les travailleurs et passants de la plaine; et, le long de rOued-Habra, dans W, ravin de quehfue profondeur où il coule centre berges raides, elle eùl culbuté les voyageurs, les errants, les passiigei-s, dune vague plus subile encore cjue celle dont elle assaillit les diamps des deux rives. Xocturnement, elle ne rencontra personne au bord de la rivière; personne non plus dans. les vigner?, les pmiries, les terres — pourt«mt 100 hommes périrent dans les Hiaisons de Perrégaux c|ui s'effondrèrent, et dans les cabanes espagnoles ou les gourbis arabes des •Ml virons.

(icci montre que la sagesse de la science n'est rien sans les scrupules de l'honneur; que toute pierre non magnifique et toute chaux non parfaite doivent être rejelées, comme indignes, de la levée génératrice d'un lac qui porte à la fois la vie (*t la mort dans ses flancs; que la moindre goutte d'eau (|ui filtre au travers d'un barrage doit mordre au cœur les constructeurs de la digue, et que leur souci doit monhT jusqu'au tremblement.

Kt que dix, cent, mille petits et très petits barrages valent mieux qu'un grand bu très grand : ils ne s'elTondrent pas en désastre, ils dispersent la fraîcheur dans tous les vallons au lieu de la concentrer dans quelque plaine basse, ils imbibent le sol en dix, en cent, en mille endroits, au lieu d'un seiri, et ils deviennent ainsi des pourvoyeurs de fontaines.

La cité toute neuve de la plaine inférieure de rilabra, Débrousseville, qu'entourent les vignobles, doit sa naissance, sa croissance, sa force, au barrage de dérivation de Perrégaux, hui reconstruit, avec ou sans fente.

4'» Le Sig : Sidi-bel-Abbès; — A peine moins long que THabra, le Sig (^215 kilomètres) déverse

un bassin fort étriqué, fort resserré, réduit à de courtes vallées entre Tisser Occidental à l'ouest et l'Habra à l'est, tandis que le Taria, la Saîda, l'Hounet, le Seffroun, font une ample conque à la rivière du Grand-Barrage : aussi le bassin de THabra fait-il plus que doubler, et triple-t-il presque, celui du Sig, qui n'est que de «312500 hectares, quant aux volumes, l'Habra, bien pourvu de flots, l'emporte foil sur le Sig, qui est une onde essentiellement misérable commençant par un beau surgeon d'eau.

Le Sig a son origine à la fin du Tell, au bas du talus du Steppe, à quelques pas des gouttières anhydres du plateau moiré pafr l'alfa. Son ras-elma, sa tète de l'eau, le fait presque rivière, car c'est par 250 litres à la seconde qu'il débute, à 1161 mètres au-dessus des mers, les monts prochains s'éievant jusqu'à 1440.

(^e lieu s'appelait, comme la source, Kas-el-Ma. Ou le nomme aujourd'hui Bedeau, d'un général ferme, austère, assidu, vaillant, qui fut un des héros de la guerre d'Afrique.

Né dans un lambeau de craie inférieure, le Sig ne tarde pas à passer dans les calcaires et il y reste jus([u'à (]hanzy. Les 250 litres de sa natale fontainis il ne les augmente guère, en sa descente rapide.

Tout le long de son coui*s supérieur, dans un lit qu'on franchit aisément d'un siuit, sur terre filtrante, la cavernosité du .sous-sol est telle que la rivière disparait, puis reparait continuellement, chaque perte n'étant séparée (en moyenne) de la précédente et de la suivante que par un intenalle de 2500 mètres.

Et de même les résurrections, à 2500 mètres en moyeime l'une de l'autre. S'il arrive que mainte vas<jue de réapparition dégorge autant ou plus d'eau qu'il s'en est engouffré en amont, il arrive aussi qu'ellt'en dégorge moins, et, en somme, le flot diminue en s'éloignant de Bedeau.

Mais, par cela même, sous le « Sig du soleil » coule un « Sig de l'ombre » qui, suivant la pente du val, va s'épanouir en nappe souterraine sous le sol de (Ihanzv, de la Tabia, de Sidi-bel-Abbès; et celui-ci, le t Sig inconnu », fait beaucoup plus pour ia fécondité des terres que les canaux du « Sig visil)le ».

Quant aux affluents, dont nul ne vaut la peine d'être nommé, c'est eîi crue seulement qu'ils renforcent le courant de ia rivière centrale. Cinq petits barrages, disposant ensemble de 5 500 000 mètres cubes, pourront augmenter Tétiage, si faible, aux dépens des crues, qui n*ont rien de puissant, le sol

algërif:

perméable buvant presque toute la pluie à mesure qu'elle tombe.

Le dernier « enfouissement » du Sig est à quelques kilomètres en amont de Chauzy, bourg dans un riche et beau bassin où le Sig a déjà descendu bien près de la moitié de sa pente.

Chanzy s'appelait dernièrement (et s'appelle encore chez les Arabes) Sidi-Ali-ben-Youb. En un bien autre recul du temps, sogs les Romains, ce fut un village, une bourgade, une ville romaine, de nom encore inconnu, peut-être simplement un poste, car on n'ignore pas que là campait un escadron des Parthes ^ Deux grandes fonts de son voisinage doublent la force du Sig : Aïn-Skhouna ou Font-Chaude* et Aïn-Mekareg*; elles ont tout Ta ir d'être une t révélation » d'eaux cachées en amont sous le sol par la rivière, plutôt qu'une onde indépendante assemblée dans les entrailles des collines.

A Sidi-bel-Abbès, nul ne parle du Sig, qui est ici une sorte de fossé régulier de 5 à 6 mètres de large, enfoncé à 2 ou 5 mètres de profondeur entre rives droites; mais tout le monde y parie de la Mékerra.

Mékerra, c'est un des huit noms du Sig, le seul qu'on emploie dans cette jeune ville fondée en 1843 sur un marais, chez les Béni-Amer, chauds adhérents du batailleur issu des Haclie.m.

Ces Béni-Amer ayant fui de l'Algérie vers le plus éloigné des Maghrebs, le Maroc, il y eut place pour les colons, dans une campagne féconde ayant pouvoir d'arrosement, du fait des abondantes eaux souterraines qu'ouvre le puits évoqué par la noria, du fait aussi de la Mékerra, qui ne tarit point.

Français, Espagnols, cosmopolites sortis de la Légion étrangère, qui a .son siège à Bel-Abbès, transformèrent le palus en un jardin magnifique : les Espagnols surtout, mieux faits ù ce climat bi'usque, parfois même inclément, où il gèle, où il grille, et surtout où il ne pleut guère; climat tel qu'il y a des joui's, des semaines, où l'on ne *>ait si l'on vit en Tell ou en Sahara; maint Valencien, Murcien, Andalou des hauts « campos » a retrouvé sa patrit* au ciel d'airain dans cette plsiine aussi dédaignée des-nuages féconds que peuvent l'être l'Aragon des basses vallées, l'Estrémadure, la Manche, les can)pagnes de Murcie très sereine.

L'altitude du pays, qui est de 475 mètres, et le Tessala, qui monte à 10(m nièties au nord, sur les

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