Débit, 110 Htres
chemins aériens de la mer, expliquent les excès, duretés, indigences du climat plus qu'incommode de Sidi-bel-Abbès.
25 000 Béni-Amer étant partis, peu étant revenus, la (campagne de Sidi-bel-Abbès put devenir une petite Europe où l'Indigène compte moins que l'Européen, et où l'Européen a singulièrement influé sur l'Indigène : nulle part en Algérie l'Arabe ne parle autant le français ; nulle part il n'a pris au même degré l'allure de nos campagnards, même jusqu'û se parer ou se déparer du pantalon et de la blouse bleue.
Pourquoi vingt autres grandes tribus n'ont-elles point désiré vivre dans le rayonnement du Chérif des Chérifs, en Outre-Malouïa ? Nous v aurions gagné vingt Sidi-bel-Abbès, et ces peuplades n'auraient point perdu leur patrie, nomades d'instinct comme elles le sont, et n'ayant au cœur, en racine vive, qu'un seul pays, l'Islam.
De Sidi-bel-Abbès à Saint-Denis, la Mékerra, qui devient en route la Rivière des Larges Campagnes (Oued-Mebtouh), continue à descendre en pente fort inclinée. Malgré son nouveau nom, elle est opprimée dans des couloii*s tortueux, parmi des monts continuant vers rO.-S.4). le djebel des Béni- Chougran, que fore l'Habra dans les gorges de son gi^and barrage ; de même que et» djebel continue l'Ouaransénis suivant la direction normale de l'Atlas.
Il s'y amortit deux fois, derrière deux digues récemment trouées, ainsi que la levée de Tllabra, par un effort soudain de la rivière emprisonnée : le barrage des Grands Cheurfa retient 17 à 18 millions de mètres cubés; celui de Saint-Denis du Sig, juste à l'issue des défilés dans la très large plaine, en arrête 3275000, sa muraille, longue de 102 mètres, ayant 25'",25 de haut sur 9 A 10 d'épaisseur à la base — c'est une réserve de trente-huit jours, à raison d'un mètre cube à la seconde; et pour U» 4ac des Grands Cheurfa, à supposer que l'hiver l'emplisse, ce qui n'arrivera certes pas en toute année, une réserve de deux cents jours.
Au barrage de Saint-Denis, l'Oued-Mebtouh devient le Sig, rivière honoraii\î, sans une seule goutte, hors l'accident des ciaies; toute l'onde courant dans les canaux dérivés du lac factice, ceuxci se dispersent, de branchement en branchement, dans la campagne; quant au Sig sec, il frôle Saint- Denis du Sig, ville pareille à Sidi-bel-Abbès en <e qu'elle est |>our l'instant bien plus espagnole que française, puis il se perd dans le même marais que l'Habra.
Ensomhip, la plaine du Sig ot celle de THabra ou de Siral font un plat pays de 50 kilomètres sur 2'i, soit de plus de 400000 hectares environnés de monlafçnes, de collines ou de dunes, la montagne au midi, la dune au septentrion.
La Macla, telle qu'elle s'êchai)pe de son palus, est une rivière intarissable dont les maigres sont de 2 c'i 5 mètres cubes par seconde, la moyenne de 40 à 42, tribut d'un bassin de 4 280 000 hectares (?), supérieur de plus de 200 kilomètres carrés à l'aiie de notre département majeur, qui est la Gironde. Klle n'a que 6 kilomètres de cours.
5« Arzeu, Oran, Mers-cl-Kébir. — A 45 ou 46 kilomètres au N.-O. de la fin de la Macta, le port que les anciens appelaient le Grand Port (Portus Magnus), Arzeu, compte parmi les quatre ou cinq ou six de l'Afrique française sortis sinon parfaits des mains de la nature, tout au moins lions; même Arzeu approche presque de l'excellence.
Du nord il ne craint rien, ni du nord-nordouesl, ni de l'ouest, vents dont il est garé par rOrous ou Orouze (608 mètres), massif de roches marmoréennes. .
Donc port sûr, assez vaste dès aujourd'hui sans prolongement de jetée pour plus de 200 vaisseaux en eau profonde, Arzeu serait devenue la ville prépondérante de ce lambeau du pays des Maugrabins si Teaune lui avait tellement fait défaut. Elle tente en ce moment de s'en pourvoir, maigrement peutêtre, au moyen d'un barrage sur l'Oued-el-Magoun, torrent qui rassemble en foule des ravins et ravinots du Djébel-Orous.
Le dieu de ses négociants, c'est surtout l'alfa, qui arrive eu nombreux ballots du seuil des hauts plateaux, des presses d'Aïn-el-Hadjar, par le chemin de fer dit de Saîda.
Un autre dieu moindre, c'est le sel, tiré d'une grande saline naturelle, du lac El-MelahS bas-fond sans émissaire, à 45 kilomètres au sud de la ville. Chaque année, en se rétrécissant de son ampleur d'hiver* à sa petitesse d'été', l'El-Helah découvre plus de 2 millions de tonnes de sel.
Les Rojnains entendaient par Portus Magnus non seulement l'enfoncement de côte où nous avons notre Arzeu, mais aussi tout le rivage plu^ ou