‹ La France et ses coloniesChapitre 118 sur 283 · kilomètres de long sur 4500 à 3000 mètres de large · texte numérisé non relu

kilomètres de long sur 4500 à 3000 mètres de large

3. 5 kilomètres de longueur sur 1200 mètres de plus grande largeur.

moins abrité de l'occident par les montagnes; leur ville de Grand-Port n'occupait poini le site d' «Arzeu Neuf»; ils l'avaient bAtie au lieu dit maintenant Vieil-Arzeu, soit à deux petites lieues au sud-est; le village français de Saint-Leu enavoisine les ruines, et, en dépit du nom antique, la rive qu'il commande est un sable inhospitalier sans la moindre anse pour le plus petit navire.

Cap Carbon, cap Ferrai, cap d'AiguiJle, ainsi se nomment les maîtres promontoires lancés par l'Urousdans le bleu profond de la mer. En doublant ce dernier on passe du golfe d' Arzeu dans le golfe d'Oran ; ou golfe de Mers-el-Kébir, si, comme au golfe d'Arzeu, on lui donne le nom de son meilleur port plutôt que celui de sa principale ville.

Car Oran, plus espagnole aujouixi'hui que française, et en même temps arabe, juive et nègre, est un mauvais port que la nature combat, que l'art des ingénieurs défend. Place très commerçante «»t qui grandit à vue d'œil, elle est pressée dans des ravines, penchée sur des talus, assise sur des plateaux, juchée sur des escarpements dominés par les rochers nus et les pins d'Alep de la naissante forêt de Santa-Cruz.

Un tremblement de terre la culbuta vers la fin du siècle dernier. Commencé par des secousses terribles dans une nuit d'octobre 4790, il se continua par branlements, vibremenls, saccades, pendant plus de quarante jours, jusque vers la fin de novembre; de la ville il fit une ruine, çà et là presque une poussière, et ce fut la mort d'un grand millier d'hommes. Mais ses convulsions n'eurent pas la force de fendre les châteaux puissants bâtis sur les ressauts de la montagne par les Espagnols, alors ses maîtres, et ces beaux « castillos )> la surveillent encore.

Du bord de la Méditerranée, Oran monte en amiihithéâtre jusqu'au plateau que couvrent ses quartiers du sud : plateau prolongé par une plaine rougeâtre, nue, monotone, qui finit au bleu Tessala. Les eaux de cette plaine vont à la sebkha d'Oran, misérable lagune de 50 000 hectares, qu'on pourra vider entièrement par un canal allant en tranchée vers le Rio Salado; mais au moment pn'^ sent, c'est une cuve sans profondeur, presque toujours sans eaux, où l'on marche sur du sel qui craque, du sol qui cède.

Comment se fait-il que le sort ait décrété qu'à dix lieues au nord-est d'Oran, Arzeu, le « Portus Magnus », resterait petite ville?

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