‹ La France et ses coloniesChapitre 119 sur 283 · Itui.ui. — Kus CoLUJiEs · texte numérisé non relu

Itui.ui. — Kus CoLUJiEs

ALGERIE

Et qu'à 7 ou 8 kilomètres au nord-ouest, le Portus Divinus, le Port Divin ou le Grand Port S Hers-el-Kébir ne s*épanouirait pas en ville; qu'il ne serait que casernes et forts sur un promontoire du Djébel-Santon (520 mètres) qui soustrait sa rade au vent du Nord, h Borée noir?

Tandis qu'Oran, plage ouverte, rive sauvagi», baie triturée, deviendrait une soKe de capitale envahissante, une rivale d'Alger, et que, croyant fermement qu'un jour elle concentrera sur ses quais les richesses de l'Afrique outre-saharienne, elle aurait pour devise, comme le surintendant Fouquct : Quo non atcendam!

C'est parce que, le Port Grand manquant d'onde à boire, le Port Divin en manque également, et que, par surcroit, celui-ci, roche ardue, n'a pas de place pour l'ampleur d'une ville, sauf à quelque distance, dans le ravin de Saint-André; tandis qu'Oran buvait la source de Ras-el-Aîn*, dont l'excellence est grande; et qu'elle s'abreuve depuis quelques années à une autre et plus puissante fontaine que la nature ne lui avait point destinée ; elle fait couler jusque chez elle i'aïn de Brédéa, distant de 24 kilomètres vers le S.-O., sur la route de Tlemcen, à 400 mètres de la rive septentrionale du Lac Salé d'Oran. Avant des travaux qui en ont élevé le plan, cette font versait 275 litres par seconde; depuis, elle en épanche beaucoup moins, cependant son étiage extrême est encore de i 1 7 à 127 litres.

Une seconde supériorité d'Oran, traduite par son nom même', c'est d'occuper une brèche de la côte de fer de la Berbérie. Dès qu'on a gravi les talus de son ravin, on a devant soi, suffisamment ouvert, le grand chemin du Sud :

Au sud-ouest, la dépression du Lac Salé mène aux collines d'Aïn-Temouchent, qui ne font que petit obstacle à la ix)ute de Tlemcen, du Plan des Angad, de la Malouîa, de Fès, du Maroc;

Au sud-est, on est de niveau avec les campagnes plates qui conduisent au Sig, à l'Habra, à Mascara; et de là à Saîda ^i Tiaret, qui sont deux a portes du Midi », comme Tlemcen est la <( porte de l'Ouest » ;

On va non moins aisément vers l'est, vers Arzeu et Moslaganem, vers le Dahra, le Chéliff, par ces mêmes campagnes commandées au nord par la montagne des Lions (564 mètres) ou Djébel-Kahar,

1 . Mcrs-€l-Kébir, mots arabes, signiûcnl le Grand-Port ; rigoiireiisemeiit, Port-le-Grand.

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