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Ouahran, < la brèche

qui est un djebel littoral; vue de la mer, elle se relève en un brusque talus terminé par une croupe ; vue d'Oran, c'est un cône ayant quelque ressemblance avec le Puy de Dôme, ou le Vésuve, ou toute autre butte volcanique ;

Au midi, le Tessala hautain parait fermer l'accès de l'au-delà, mais ce n'est qu'une apparence; on le franchit sans peine par la coupure de l'Oued-Tlélat, et, cette entaille dépassée, on est à Sidi-bel-Abbès, sur la Mekerra-Sig, qui est de tous les oueds du Tell français celui dont la source est le plus méridionale ^ Là est le vrai sentier de paix ou de guerre vers le Steppe des alfatiers, puis vers les passages de l'Atlas saharien, puis vers le Sahara lui-même et le Gourara et le Touat et le coude du Niger en uval de Tombouctou.

L'Oran de 1888 est presque sept fois supérieur à rOran que les Espagnols abandonnèrent au Turc et à l'Arabe en 1792, après 259 ans de maîtrise*, et vingt-trois fois au Ouahran que TArabe et le Turc perdirent contre le Français en 1851.

Avant le trembleterre de 1791, il y avait plus ou moins 8000 à 10 000 habitants, dont 2200 presidiarios ou galériens, dans la Corte Chica, la Petite Cour, la Petite Capitale, alors surnom d'Oran parce que, dit la chronique du temps, on se divertissait à merveille dans cette ville toujours bloquée par l'Infidèle et souvent attaquée, mais admirablement défendue par les boulets sortis en siftlant de ses hauts châteaux-forts.

Quinze cents hommes et, en temps de crise, six ou sept mille faisaient la garnison, bien trop petite armée pour dompter la nation frémissante des (( Moros de la Moreria » ; encore fallait-il en réparer incessamment les lacunes, car elle était féconde en déserteurs qui, disparaissant du soir au matin, allaient rendre au sang berbère-arabe ce que l'Andalou, le Valencien, le Catalan, le Castillan, l'Aragonais même ont d' a africain » dans les veines. C'est à milliers d'hommes, à dix milliers même, qu'en ces 259 années l'Espagne a contribué par ses renégats à Tefflorescence des Maugrabins.

Quant ài'Oran de 1831, à peine était-ce un gros village déhanché, nu, croulant, misérable, avec quelque trois mille Oranais, plus de neuf cents ans après la naissance de la ville, fondée en 902 par un Mahomet quelconque; sans doute, y aurait-il plus d'exactitude à dire : renouvelée. Il n'est pas pro-

1. Plus méridionale inCiiic que la saharienne Biskara des Constantinois.

2. 283 ans, de 1509 à 1792, avec un intervalle de 24 an- I iiéeM, de 1708 à 1732.

ton

Sns COLONIES

balilo qu'un vallon pourvu d'imp aboiidaii(t> enu vive capable de faire loiimer des moulin» soi! resièsans habitants soii«i !'« Autochtone », sous le Phénicien, le Carthaginois, les Romains. Ceux-ci, vraisemblablement, y ont demeuré; point de ruines pour en l(>moigiier, mais on sait qu'ils appelaient Portus Ilivini, les Ports Divins, un ensemble qui ne peut i*lre que Mers-el-Kébir et Oran, ie premier divin en elTet, et le second aussi peu que possible, au moins d:ms l'étal de nature.

6» D'Oran à RachgODD. — En quittant pour voffiier vers l'ouest le port tout artificiel d'Oran

(24 hectares garantis par une digue de 1000 mètres), on voit aussitôt la courbe de la baie de Mei-scl-Kébir, dominée au sud par les raideurs du schisteux Hourdjadjo (577 mètres), au noid-ouest parcelles du Djébel-Sanlon.

Puis, l'éperon mers-el-këbirien tourné, l'on s'en va doublant la péninsule trapue du cap Falcon, d'où luit un grand plinre qui, de loin en mer, indique h l'homme du gouvernail où tourner la proue vei-s la rive d'Oran.

Ladite presqu'île du cap Falcon serait plate sans les hautes dunes' de son rivage; elle a pour autre nom Plaine des Andalouses, plus exactement des

Von^ dp la Tafns. -

iliidetir Ploichcr.

Andalous, de ce qu'elle reçut beaucoup des Maures chassés d'Espagne, la dague aux reins, par les rois qui avaient réuni la Perle de l'Islam, (irenade, au très orthodoxe royaume de Castille et d'Aragon. Autant que jamais, cette campagne devenue vignoble est aujourd'hui chose andalouse, tant les Espagnols l'emportent ici présentement sur les autres Européens et sur les indigènes.

La plage sablonneuse des Andalouses est le Sidilerruch d'Oran. Ainsi que l'armée qui prit Alger débarqua sur la rive de Sidi-Ferruch et marcha sur la ville des pirates par les l'avins de la Douzaréa, de même un ennemi pourrait débarquer aux Andalouses et marcher de là sur Oran par les ravins du Mourdjadjo; mais de ce mont très dur à gravir on

peut faire une place d'armes inviolable; il est plus haut, plus droit, moins plissé que la montagne d'Alger.

Des caps du Djébel-Orous h Oran (comme du ChélilT k Port aux Poules) In ciMe incline fortement au sud-ouest; il en est de même du bout de la péninsule des Andalouses à l'embouchure de la Tafna. et l'on peut dire jusqu'au Maroc. Déserte estelte ou presque, cette rive élevée, accore, avec son cap Lindlés' qui fait face à l'ile Plane, roc hanté

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