‹ La France et ses coloniesChapitre 129 sur 283 · El-Kliadra · texte numérisé non relu

El-Kliadra

Dire que ces montagnes s'en vont au sud-ouest, à quoi bon, puisque c'est la coutume de toutes les traînées de notre Atlas? et qu'elles s'en vont eu rangées en parallèles, à quoi bon encore?

Nommées Aurès dans H région numide, depuis Batna jusqu'après Tébessa, elles s'appellent, au bout de notre Haurétanie, Montagnes des Ksours, après avoir été, du nord-est au sud-ouest. Monts du Zab et Bou-Kahil, Monts des Ouled-Naïl, Djébel-Amour.

Les Monts des Ksours et l'Amour se lèvent au fond de la Lande oranaise; la Lande algérienne se butte à ce même Amour et aux djebels des Ouled- Naïl ; les Monts du Zab, séparés de l'Aurès par les défilés d'El-Kantara, sontnumides, constantinois ; ils ferment, au sud de la Hodna, lagune sans déversoir, les horizons formés au nord par les Monts Hodnéens.

Les Monts des Ksours, très hachés, ont peu de majesté pour qui les approche du septentrion, car c'est de iOOO, de 4200, de 1300 mètres d'aUilude qu'on les envisage, eux-mêmes s'élançant ràreûneiU à 2000.

Mais du méridion, qui est le Sahara, sur le^he* min des dunes très ardentes, leur surrection- atteint ou dépasse 1200 mètres, et leur déchirure, est superbe.

Tout au bout de notre territoire, en aiwint de Figuig, oasis célèbre par sa haine du Roumi, l** Djébel-Mzi hausse la tête à 2200 mètres : c*est donc jusqu'à ce jour la roche culminante de l'Oranie, le roc supérieur de l'Algérie d'Alger ayant 2312 mètres, celui de laNumidie 2328 — en cela les trois provinces diffèrent peu, mais la province de Tunis monte beaucoup moins haut, 'tandis que rOranie, s'étendant on ne sait jusqu'où vers le couchant, acquerra, l'on ne sait quand, des djebels (( sublimes ».

L'Amour, à peu près équidistant entre l'Aurès et Figuig, ne se dresse qu'à 1937 mètres, là où il se nomme le Ksel, non loin du froid bourg de Géryville*. Cette redoute grelotte en hiver tout le jour, et, jusqu'en été tous les matins, par 1232 mètres d'altitude, à côté d'un oued intarissant ; — ou du moins il ne sèche jamais dans la montagne géryvilloise, il ne disparait du sol qu'à la fin du couloir d'Azir, lorsque sa gorge s'ouvre sur la plaine du Chott Oriental.

Aux lieux où il a spécialement pour nom Djébel-

1. Moyenne de l'année, 14^,1; moyenne de l'hiver, 7^1; moyenne de l'été, 25*^,3. Pluies, 126 millimètres (?).

ALGÉRIE

Amour, dans le pays d'Allou, vers le nord-ouest de Laghouat, i7iO mètres au-dessus de la mer marquent la limite extrême de IVffort d'ascension, sur le plus haut de* ses treize lambeaux parallèles*. Entre les sources du Chéliff et celles de l'Oued- Djédi, très long torrent' saharien, le plateau de la Gada, qu'isolent des cagnons, est comme un Causse Méjan que de terribles ravins coupent en quatre sous-gadas ou sous-causses. Où qu'on l'aborde, à l'un quelconque des sous-causses, il y a cent mètres h gravir, escarpement, à pic ou surplomb, par des sentes qui font horreur aux atteints du vertige; en haut l'air est frais, la terre «st par endroits arable, avec d'admirables fontaines à l'origine des bouts du monde, et autour de ces fontaines fleurissent des vergers où le cristal ruisselle, pur comme l'eau même de la mer, à laquelle ces ruisseaux ne se mêleront point : qu'ils aillent vers le Désert par l'Oued-Djédi, ou vers le Tell par Je Chéliff, ils meurent en chemin, tout près de leur vallon natal.

A peine s'il y a cent kilomètres de la pointe orientale du Grand Chott de l'Est à la rive gauche ^du Chéliff des Steppes, l'oued plus qu'indigent donl l'altitude est par ici, vers Taguin, d'environ 850 mètres. De Taguin au Zahrez Occidental, le marcheur, même indolent, ne perd que sa matinée, car du* « fleuve » au « lac » on ne compte même pas 30 kilomètres.

I:e Zahrez Occidental* est lac autant que le Chéliff est fleuve: autant, c'est-à-dire aussi peu. • Ses 30 000 à 32 000 hectares, contenus dans une longueur de 58 kilomètres sur 8 de largeur, à 857 mètres au-dessus des océans, ses 500 à 320 kifomètres carrés embrassent, au temps serein, qui dure ici presque toute l'année, moins d'eau qu'un laquet des Alpes, un étang des Pyrénées, une mare des Landes,-jnais le sel y abonde : environ 200 miUons de tonnes'.

Des deux montagnes crayeuses qui l'emprisonnent de loin, l'une, celle du nord, le Djébel-Oukaït (1228 mètres), ne penche vers lui ni rivières, ni ruisseaux, ni sources; il a pourtant, à côté de ses alfas, des bois, tout au moins des demi-bois où des arbustes tels que lentisques, myrtes, genévriers, alternent avec le kerrouch, qui est un

i. Treize chaînons dans l'Amour proprement dit, sans ses annexes, du CliclifT au Sahai'a d'Aïn-Madhi.

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