‹ La France et ses coloniesChapitre 130 sur 283 · Zahrez Gharbi · texte numérisé non relu

Zahrez Gharbi

3. L'épaisseur du sel, en été, au milieu du lac, est de 70 centimètres.

chêne à glands amers. L'autre, celle du sud, dite les Monts de Djelfa, et, autour de son culmen (i580 mètres), les Monts du Sénalba, porte de grandes forêts qui vont se ruinant, et des eaux vives y bruissent.

Une rivière en sort qui, en temps de crue, et alors seulement, réussit à pénétrer dans la cuvette du Zahrez à travers l'épais bourrelet de sables longeant en dunes mouvantes la rive méridionale de la lagune. C'est l'Oued-Mélah ou l'Eau Salée, nommée comme il convient puisque ses flots sont rayés d'amertume.

L'Eau Salée passe devant une bourgade sise à 4147 mètres d'altitude, devant Djelfa qui commande aux Ouled-Naïl, Djelfa la gélide et la torride*, k venteuse et la sèche*, bon pays cependant où le Français prospère dans le vallon qu'on a surnommé le Versailles de Laghouat — Laghouat, pauvre Paris ; Djelfa, petit Versailles. Peu après, l'Oued-Mélah boit des sources qui jettent 300 litres par seconde, puis il s'abat en cascade, du haut d'un travertin, et va lécher le fameux Rocher de Sel, qui quadruple sa salure. C'est par ses deux rives qu'il le suce, car cette roche n'est point un bloc isolé dont l'oued baigne la base, mais un banc de sel gemme que l'Eau Salée traverse en un défilé dont les talus fort escarpés, sel mêlé d'argile et de plâtre, se dressent à cent pieds et plus de hauteur.

La dune méridionale du Zahrez de l'Ouest se prolonge, vers l'est-nord-est, jusqu'à la rive occidentale du Zahrez d'Orient".

De Tun â l'autre Zahrez la distance dépasse très peu 40 kilomètres, à travers un pays déprimé. Il y a là une sorte de détroit, très aride aujourd'hui, mais où les vents fouettèrent autrefois des eaux, car il est visible qu'aux temps abolis les deux lagunes amères faisaient un seul et même léman d'eau douce. Si les Steppes redevenaient une région pluvieuse, le Zahrez Occidental, rempli par les torrents du Sénalba, se verserait aisément dans le Zahrez Oriental, plus bas de niveau — 840 mètres au lieu de 857.

De dissemblance entre les Zahrez, point : sauf que le Zahrez d'Orient, à peu près aussi long que l'autre, a plus de largeur, généralement .12 à i4 kilomètres, et qu'en conséquence il étend sur une cinquantaine de milliers d'hçctares sa couche

1. La moyenne de Vé\é, 27*^,6, y quadruple presque la moyenne de l'hiver, 7*',2 ; la neijfc y couvre souvent prolilDnclèment le sol, la bise y siffle impitoyablement, comme un njisti*al.

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