Zalirez Chergui
de sel estival, qu'on calcule à 330 millions de mètres cubes. En tout le reste ils sont pareils : monts de craie au nord comme au sud, ceux du sud étant plus hauts, plus épais, plus boisés que ceux du nord, avec plus de sources, avec plus de torrents.
Les Zahrez ne servent à rien, pas même à charger quelques chameaux, chevaux et mulets du sel dont ils sont prodigues. Mais la contrée d'alentour est Tell presque autant que Steppe, du moins dans les années dont les orages se résolvent en pluie sur le sol, et non [jas seulement en bouffées d'air énervant, en rafales chaudes, en sables et poudres volantes, en éclairs stériles entre des nues qui avortent. De ce demi-Tell on ferait presque un Tell entier si Ton réduisait par des levées la surface que l'un et l'autre Zahrez n'onl pas la force d'effacer dans foute son ampleur sous des ondes vivantes : on diminuerait ainsi l'aire d'évaporalion et l'on concentrerait l'eau pour les besoins de la saison sans averses. Il y aurait ensuite à boiser les 40 000 hectares de dunes qui rejoignent presque (avec quelques lacunes) la rive droite du Chéliff des Steppes au rivage du lac llodna par delà Bou-Sàda ; enfin il faudrait barrer les torrents de la montagne et forer des puits artésiens— toutes choses, les unes faciles, les autres possibles.
Les djebels du nord des Zahrez dont aucune caverne dans la craie ne suscite, au su^, une rivière pour l'avivemenl des lagunes, sont également des « pères de la sécheresse » à leur versant septentrional. Nul oued issu de leure flancs n'arrose autrement que par une trombe fortuite le triste plateau que traverse la grand'route, que traversera bientôt le chemin de fer d'Alger à Laghouat entre le caravansérail de Bou-Rezoul, voisin des monts de Boghar, et le caravansérail de Guelt-es-Stel, au pied des S(»pt Têtes*, chaîne en dent^ de scie qui prolonge exactement l'Oukaït vers l 'est-nord-est. A ce plateau de 700, de 800, de 900 mètres d'altitude, les Arabes donnent le nom de Désert de Monseigneur Jésus*.
m. Le Hodna, l'Oued-el-Esab; la Hétidjadu Sud. — Si du Chott Occidental au Chotl Oriental le plateau s'incline, il descend bien plus encore du Zahrez Oriental au Hodna, que seulement 60 kilomètre.s ou un peu plus séparent.