MagrJs de Sétif, 1722 mètres
2. Hodna, ou plutôt Ilodhna, pour Hidhna : la brassée, ce qui est embrassé, ce qui est contenu (entre monts).
3. Par son climat, ses plantes, le bassin du Hodna ressemble, dit-on, singulièrement au Sénég^al.
ment en hiver ordinaire. En été l'eau se réduit h de faibles marais, et le sel aveuglant y brille en immense tapis. Bien plus grand jadis, il a dans son voisinage, à son sud-est, au delà d'une étroite langue de terre, un chott de 8500 hectares isolé de lui par la dessiccation de l'Atlantide.
De tous les oueds qui s'avancent vers lui par flots inconstants, quelquefois en vastes rivières, le plus abondant c'est le Ksab ou Ksob, de son nom complet Oued-el-Ksab ou Rivière aux Roseaux, né d'une forte source, à Ras-el-Oued. Coulant au versant septentrional de la montagne hodnéenne, sur le plateau de la Medjana où ses fontaines et les fontaines de ses affluents vivifient des villages français, il semble d'abord promis au fleuve de Bougie; mais, laissant à 8 kilomètres au nord Bordj-bou-Arréridj sur une colline de 915 mètres d'altitude, il tourne au midi, et perce en défilés la montagne, entre des rocs noirs qui relèvent du calcaire. Au Roc-Bâton* une digue de 25 mètres de haut arrêtera quelque jour 20 millions de mètres cubes d'eau qu'aisément fournira le bassin d'amont, grand de 150000 hectares; mais, pour l'instant, ses cimes, laissées à leur fougue, ne font que nuire. Affranchi des prisons du djébel, le « Torrent des Roseaux » baigne de ses canaux les jardins de l'embrouillis de masures qui s'appelle Msila : masures terreuses, par la singulière paresse des Msiliens, car la pierre ne manque point, et ne peut manquer dans ce cercle de hautes montagnes ; il y en a de blanche, il y en a de noire, de rouge, de rose, de grise, mais il faudrait l'extraire, la tailler, la transporter ; les galets ne font pas défaut non plus, tel oued en roule assez pour bâtir des Ninives. Les Ilodnéens et les Sahariens préfèrent sécher de l'argile au cuisant soleil, et des « toub » ou briques ainsi obtenues ils se font des maisons, disons de nouveau des masures, des casbas, des mosquées, des minarets dont beaucoup défient audacieusement l'équilibre : à Msila dix ou douze de ces (( tours de la prière » y sont aussi penchées que la tour de Pise et la tour de Saragosse.
Des monts Batnéens arrive au chott du Hodna un oued aux noms changeants qui passe près de Ngaous ou Mgaous, dont les jardins murmurent, tant il gazouille d'eau dans leurs seguias, sous une forêt d'arbres fruitiers; cet oued reçoit une belle source, Aïn-SiûanS en amont du bourg de Barika.