‹ La France et ses coloniesChapitre 135 sur 283 · à 150 litres, sortis de la craie blancbe · texte numérisé non relu

à 150 litres, sortis de la craie blancbe

Des monts d'Aumale et du Titéri vient TOued- Chellal, long de 150 kilomètres.

Des monts de Djelfa descend Toued de Bou- Sâada, « heureux * » comme son lac, et qui baigne, à 578 mètres au-dessus des mers, la ville « fortunée », Bou-Sâada, riche de 8000 palmiers.

Des monts des Ouled-Naïl et du Bou-Kahil descend rOued-Chaïr, dont le nom, répondant à Rivière de l'Orge, indique assez que ce pays saharien connaît les cultures telliennes ; Tune des expansions de vallée où serpentent ses eaux rares, qui toutefois ne manquent jamais entièrement, la plaine d'El-Mehaguen , est, spécialement, l'une de ces « Métidjas du Midi » que les Arabes aiment à comparer, non sans illusions, à la Métidja d'Alger la sultane.

Sur tous ces oueds hodnéens, des ruines, plus exactement des décombres, sont un faible souvenir de Home dominante ou colonisatrice : débris de postes, de fermes ou d'établissements quelconques au long de TOued-Chair, comme au long du Bou- Sâda et de l'Oued-Chellal.

1. Bou-Sâada veut dire l'Heureuse ; et Oued-Bou-Sâada, la Rivière du Bonheur, la Rivière Heureuse.

On peut nommer, parmi ces vestiges :

Les ruinesde Tatilti, à Bled-Tarmount, près des fontaines d'un tributaire de l'Oued-Chellal ;

Les restes qui sont peut-être ceux d'Arae ou Ad Aras ;

Les (( linéaments » de Zabi la Justinienne, laquelle de son site aujourd'hui nommé Bechilga, fut transportée presque entière, pierre par pierre, à une lieue de là, à Msila, qui en est constniite;

Macri*, riveraine d'un torrent constant qui fuit des ravins méridionaux du Bou-Thaleb, à travers une « Arcadie » charmante;

Ad Oculum Harini, qui pourrait bien être Ngaous ;

Tubuna ou Tubunensium, devenue Tobna ; etc., etc., etc.

Il n'est pas bien démontré que Rome ait eu jamais une très forte prise sur cet outre-mont de Sitifi (Sétif) et de Medianum (Bord-Medjana*), mais ces vestiges prouvent au moins qu'elle occupa le pays, qu'elle le trouva bon et beau, et qu'elle essaya de l'arroser, de le planter et cultiver.

i . Le lieu se nomme aujourd'hui Sidi-Abd-Aliah-bou-Daoua. 2. A 12 kilomètres nord-ouest de Bordj-bou-Arréridj.

Page 1