Biskara ou Biskra, les Ziban, Zaatcha
— Quand l'air s'ébranle à Biskara, la vieille oasis, la jeune ville d'hiver, 150 000 palmiei^s frémissent, et 5000 oliviers, dont les plus antiques ont, diton, livré leur feuille au vent dès le temps des Domains.
C'est que l'eau ne manque pas, la terre non plus, et tel de ces dattiers, tel de ces oliviers a sous lui jusqu'à 78 mètres d'alluvions.
Si le torrent, qui est un fils de l'Aurès batnéen, si rOued-Biskara roulait tout l'an l'énorme flot que certains orages poussent dans son lit (et hors de son lit, lorsqu'il s'épanche à 1200 mètres de largeur au delà des tamarins de sa rive), il supprimerait au loin la solitude, et la svelte colonnade de la forêt des palmiers dresserait des millions de colonnes. Mais, en temps ordinaire, l'oued s'arrête en amont de l'oasis, et alors l'arbre à palmes qui doit plonger « son pied dans l'eau, sa tète dans la flamme », est arrosé par l'eau tiède (50®) d'un gouffre, onde bleue et profonde qui jaillit au milieu des roseaux, dans le lit même de l'oued : de cet abîme il sort 150 à 180 litres par seconde, fournis probablement par le djebel Bou-Ghezala, massif de craie des environs.
Par la voie de fer, du port de Philippeville à la ville française de Biskara qu'avoisinent les sept villages du Biskara berbéio-nègre, il y a près de 325 kilomètres; 200 seulement ou un tout petit peu plus jusqu'à la courbure de mer la plus proche, qui est la rive du golfe de Bougie. Si forte est la chute des terres au revers méridional de l'Aurès, que la ville de plateau, Batna, qui a son socle à