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La « Nuit triste >, pendant le siège de Mexico

André Doria, contre le mistral africain, qui continue le nôtre, contre le «charpentier majorcain d, le vent des Baléares? Ainsi le désigne-t-on, de ce qu'il part du milieu de la mer où se lève la sierra de Majorque, de ce qu'il brise les navires et les chasse en membrures disloquées sur le chaos entrechoqué des vagues.

Au troisième tiers d'octobre, la flotte ayant débarqué sur le lido sa troupe, le «charpentier majorcain» souffla son typhon sur les vaisseaux de Doria, sa pluie, son brouillard, son froid pénétrant sur les régiments de Charles-Quint, déjà si près d'Alger que Pons de Balaguer, chevalier de Malte, piqua son poignard dans la porte Azzoun*. Sous le soleil on aurait été vainqueur, sous l'averse et la tempête il fallut fuir, la phalange étant débandée : heureux encore que l'amiral génois pût sauver assez de navires pour recueillir les hommes d'armes échappés à ce grand désastre, à ce « dia de perdida y sentimiento para Espaûa <».

Un autre « jour de perte et douleur pour l'Espagne», ce fut 234 ans plus tard, à l'expédition d'O'Reilly, dans ce môme golfe, sur ce même cordon de sable serré de près par la colline. Cet Irlandais au service de Castille fut aussi victime d'un cyclone enragé qui martela ses 500 bâtiments. Bien qu'à la tête de 22 000 soldats, à peine s'il put se sauver assez vite devant les Maugrabins lancés en hallali contre les bataillons catholiques.

A l'orient d'Alger et à son occident, mêmes revers, la tempête en moins.

A l'orient, perte de Bougie; perte de Tunis, qui commande les deux Méditerranées, celle du Levant comme celle du Couchant; perte des villes du Sahel des Tounsi'; tour bâtie de têtes d'Espagnols massacrés sur l'île berbère de Djerba, la reine des flots à la fois tunisiens et tripolitains de la Petite- Svrte.

A l'occident, dure défaite du comte d'Alcaudete à Mazagran : ce fut l'anéantissement de toute une armée, la ruine des entreprises de l'Espagne dans le Tell oranais, là où elle avait eu l'heur de s'emparer de Tlemcen, la ville jadis « impériale » d'où l'on pouvait tenter la conquête des sierras entre-croisées du Gharb'.

Enfin en 1792, abandon de la « Corte chica* »,

i. Bab-Azzouu, porte des anciens remparts, opposée à Babel-Oued : celle-ci s'ouvranl à l'ouest, vers Oran, celle-là vers l'est, côté de Gonstantine.

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