Oued-en-Nesi-a
Dt' ces citt's, la plus grande. Gliardt'ia, sise à S50 nièlres, peut bien avoir U 000 âmes, dans une sorte de ruche élevée, faite de 1500 maisons à arcades, à tei'i-asse, qui grimpent les unes sur les autres autour d'un cône tronqué d'où s'élance un haut uiinarel de mosquée. 65000 palmiers l'environnent.
Béni-lsguen vante la rigidité de sa morale (trafic i part sans doute), la sévérité de ses pratiques, la rectitude de ses mœurs. Ses 6000 <i Isguénois j. sont hostiles au reste des hommes ; même le Moza-
bitt>des autres ksour du Mzab n'a pas le droit d'y vivre, voire d'y séjourner l'espace d'une seule nuit ; encore moins le Musulman et le Roumi. également détestés, peuvent-ils élire domicile en cet amphithéâtre terminé comme celui de Ghardéia par une mosquée à minaret — sauf Mélika. sise i plat sur un roc, les villes des Béni-Mzab s'accrochent toutes à une pente de mont.
Béni-Isgucn dispose de 28000 dattiers: Guerrara (.5000 habitants) en i)Ossède 45 000 ; la noire
e pbatogri|ihie Je H. F. Four«au.
Ei-Ateuf (4000 habitants) en a planté 16000 ; Berrian (.wOO habitants) en arrose 55000; Melika, c'est-à-dire la Uoyale, n'en a que "2000 : c'est qu'elle n'est plus «reine », ni spécialement «sainte» comme antan ; très déchue est aussi Bou-Noura, la « lumineuse », qui malgré ce nom surabonde en aveugles et en borgnes; enfin, à 7 ou t* lieues au sud du Mzab, chez les Chaniba. Metlili voit T^iiOOO palmiers du baul de sa colline.
En tout. Metlili comprise, il y a plus de '2'iOOOO dattiers dans ces jardins magnifiques, spectacle inattendu quand on arrive à la corniche des roches llamboyantea qui citnteniplent le cirque des Béni-Mzab.
La force des Mozabites vient de leur obéissance à leurs dogmes, à leurs lois, de leur soumission â des prêtres hiérarchisés, de leur solidarité, qui n'est pas uniquement en parole, mais en action, la bourse â la main, non seulement dans le Mzab lui-même, mais partout oiidesIténi-Mzab respirent. Elle vient surtout de la pauvreté du pays.
t>8 craies ardentes sont comme la Savoie glacée, la volcanique Auvergne, l'humidi' Limousin. Les 51 000 Mozabites, qui ont chez eux trois cents familles de Juifs et deux milliei-s de Nègres, ne sauraient tous vivre dans la Chebka. Ils émigré nt donc, en tel nombre qu'un tiers de ta race, disons de ta
NOS COLUMES
secle, s'est épanché au dehore— tous des hommes, pas une seule femme — vers les villes de l'Algérie et de la Tunisie.
Bouchers, fruitiers, baigneurs et masseurs, courtiers, usuriers, « tripotiers u, ces lils du Déseri, qui parlent un dialecte berbère el qui savent tous l'arabe, apprennent aussi le français, el beaucoup même t'écrivent.
Étant stricts dans leur devoir, ardents dans leur poursuite, sobres, simples de vie, la plupart font fortune*
Peu à peu cette race travailleuse étend son usure, son argent, son influence au midi de sa blanche Heptapole', notamment sur Uuargla. Nul doute que les Hozabites, maîtres des trois langues de l'Afrique du Nord, ne soient- avant longtemps nos meilleurs pionniers dans le Désert et jusqu'au pays des Noirs.
XVI. De Laghooat an Maroc : le pays des ksonr oranais. — A près de 150 kilomètres au nord-ouest de Berrian, qui est la plus septen-
HeUlli : me gduérile (voy. p. ÏI5). — Gravure de Lueden, d'iprta une pliolognpbie de ■■ F. Foureau.
trionale des sept cités mozabiles, à presque 350 au sud d'Alger — distances droites, — Laghouat a son site à 741 mètrt;s, trop haut pour la parfaite maturité des dattes de ses 15000 palmiers. On y vient d'Alger par la plaine de Blida, la montée de Médéa, la brèche de Boghar-Boghari, la morne étendue de plateau (jue brise l'escarpement de rOukait et des Sepl-Têtes, puis par la vallée de Dji'lfay enfin par la traversée des cbaiiions des Ou- Icd-Naîl et la descente au Désert. De Berrian on y arrive par le plateau tourmenté des Daïas.
Les daias sont de petits fonds moins secs que leur entour, parce qu'il y vient quelque humidité.
le long des ravins inclinés vers elles. Le voyageur exténué do soleil s'y arrête avec délices, à l'ombre des vastes béloums ou pistachiers, des cédrats, des jujubiers sauvages, arbres qui pourraient être l'aurore de forêts futures, mais on en coupe au passage, pour le feu du soir, et l'on n'en plante point, l'on n'en sème pas. Trois cents pistachiers mêlés à des jujubiers sont le bosquet de la daia de Tilrenil, plus ample qu'aucune autre sur le chemin de Berrian à Laghouat ; mais la plupart de ces
t. Des sept villes du Siab, ciiiq. Chardeï», Béni-Is|tueu. Hélika. Bou-^ou^a. El-Ateuf. ionneiil une penUpole. Burriaii et CiieiTara, asseï loin de ce gi'oupe, corajilèUuit l'Iieptapolc.
dépressions n'en ont que 80, 50, 20, pI sniivent moins encore.
A la venue des Français, LRghounI, In capiUlc du Sahara de la province d'Alger, se composail de Irois villes : l'une maraboiiUque, celle des Fils d'Aissa, pèlerin de la Mekkej les deux autres « séculières i>el guerrières — villes qui commençaient en plaine et finissaient chacune sur un mamelon. Elles étaient ennemies, ainsi que dans nombre de cités sahariennes faites de quartiers dont les habitants, d'origine difrérenle. maintenaient avec ja-