IK
lousie, de siècle en siècle, les rivalités d'autrefois, non sans les augmenter d'année en année par les représailles de la vendella.
Le ruisseau de ses palmiers, l'Oued-Mzi, réunit maints filets d'eau du Djébel-Amour, là où ce massif est le plus haut. C'est lui qui reçoit les fontaines du plateau des Gadas. ou qui les recevrait si la sécheresse, si l'irrigation, la soif de l'homme et des bétes ne les arrêtaient presque aussitAt sui- la pente de leur coulière. L'un de ces oueds tord son lit en été et déroule en hiver son flot de crue devant
' Gravure de RurTr, d'après une photDgrapbie de H. F. Foureiu.
Aïn-Madhi, ville religieuse qu'Abd el-Kader détmisit, maisons, jardins et palmiers, parce que le chef de l'ordre des Tedjini, dont c'est la maison mère, refusait de reconnaître en lui l'élu de Dieu, le maître et pontife, sultan des Arabes.
En suivant ce ruisseau du Mzi, qu'un barrage gonfle et met en réserve pour l'usage de Laghouat, on descend une vallée qui ne mène que des torrents d'orage, car les sources du mont ne dépassent pas le vallon de leur naissance. Ce val est celui de rOued-lljédi, la rivière bien plus souvent morte que vive qui longe de loin le Bou-Kahil, fauve, chauve, droil et puissant relèvement de 1500 mè-
tres, puis le Djébel'Hamara et autres chaînons du Zab d'occident. Quand il coule, entre des monts aux couleurs jaunes ou sanglantes, qui sont le squelette de plateaux érodés, de sierras dévorées, cet oued très puissant en crue atteint le Melrir après avoir baigné le ksar des Ouled-Djellal, oasis de 1400 familles en 1400 jardinets dont les palmiers boivent à des puits, non à des aioun.
L'éternel amenuisement de la montagne a si prodigalement comblé d'atluvions le sillon de l'Oued- Djédi qu'en tel des bassins de ce h fleuve » de 430 kilomètres de long, un puits qui voudrait atteindre la roche aurait à descendre à travers
su
100, 200, 300 mètres de terre meuble. Que de moissons dorment ici qu'on np doit point renoncer à réveiller un jour! L'oued compense chaque année ses sahariennes sécheresses par des courants et torrents de déluge. II est des jours, presque des semaines où chaque brèche de la sierra lui vomit une vidourlade. On l'a vu couvrir en largeur 12 kilomètres de plaine aui approches du Chott Meirir — puissance farouche, mais passagère et vaine, que des barrages pourront muer en force bienveillante et durable.
De Laghouat, qui voit le Djébel-Amour monter à son horizon, jusqu'à Ain-Sllsifa, notre dernière oasis sur la route du Maroc, le Désert habitable a peu de largeur; il se compose de gorges ciissèes. au versant méridional de l'Amour, du Ksel et des autres djebels jaunes, ternes, éclatants ou rougt'S assis i la bordure du Steppe. Ces gorges très éti-oites, fort Tortueuses, parfois profondes, singulièrement pittoresques, sont animées par de petites rivières nées de fonts abondantes. Tel de leurs dèlilés rappelle, avec beaucoup moins d'eaux, avec encore
u kwr ie Br^iina. -' D»«iii âe Golorbr, d'après une photographie df H. Foureau,
plus de lumière, les cluses de la Provence ou celles des Cévennes.
Près de ces fontaines, et plus bas, au bord des oueds, fleurissent des jardins à palmiers. De miséi-ables villages, mal gardés par de branlantes murailles, langiiissent près de l'ain qui est toute la vie de ces anfractuosités brûlées par le soleil du Désert. On les appelle des ksour (au singulier, ksar'), c'est-à-dire des bourgs fortifiés.
Mais peu k peu l'eau des gorges supt'îrieures. is-